Hôtel Terminus: Klaus Barbie, sa vie et son temps (1988) / Marcel Ophüls

Ophüls retrace, dans son style inimitable, et sur 4h27, la vie de Klaus Barbie jusqu’à son procès en 1987.

Avec sa mine facétieuse et ses questions toujours pertinentes, le réalisateur se promène dans son film, et aux quatre coins du monde, et livre une oeuvre somme sur la résistance, la collaboration, les pays d’Amérique Latine où se sont réfugiés les bourreaux avec le concours des services secrets américains.

Non dénué d’humour, « Hôtel Terminus » est aussi un film touchant où l’on croise Bertrand Tavernier et son résistant de père et où a lieu la rencontre au sommet entre Lanzmann et Ophüls.

Comme toujours avec Ophüls, le choix de la musique (ici une comptine allemande qui ponctue le film) est remarquable.

Génial.

CAB

Voyage à travers le cinéma français (2016) / Bertrand Tavernier

Tavernier se raconte et nous raconte un pan du cinéma Français.

Pendant français du génial « Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain », le film de Tavernier, tout en étant passionnant et informatif, n’atteint jamais le niveau de son illustre prédécesseur en terme d’analyse et pèche par une forme assez bancale (l’irruption inutile de Frémaux à la fin).

Le film aurait dû s’appeler « Voyage à travers MON cinéma français ».

CAB

The Act of Killing (2012) / Joshua Oppenheimer, Anonymous & Christine Cynn

En 1965, les militaires Indonésiens ont utilisé de petits voyous comme escadrons de la mort pour éliminer les communistes. Quarante ans plus tard, le réalisateur fait rejouer ces scènes de massacres par les bourreaux dans le genre cinématographique de leur choix.

Qui pourrait croire que le sympathique papy du film ait été un meurtrier sanguinaire, imaginant des techniques de mise à mort plus efficaces que tirer une balle dans la tête. C’est ce « bourreau ordinaire », et ses acolytes, que nous font rencontrer les réalisateurs de ce documentaire hors norme.

Mais ce film dresse aussi le portrait d’un pays où un groupe paramilitaire compte trois millions de membres, où le rédacteur en chef d’un journal collecte des informations pour les militaires et les escadrons de la mort et le raconte sans ciller… , un pays où la plupart des techniciens indonésiens du film ne veulent pas que leur nom apparaisse au générique et surtout un pays où la corruption est partout.

Dommage que toute la partie reconstitution soit assez artificielle et relève beaucoup plus du gimmick pour film qui n’en avait pas besoin.

La dernière séquence où le papy/bourreau tente d’expier physiquement ses péchés est un moment de cinéma totalement hallucinant.

Un film complètement dingue.

CAB

De Palma (2015) / Noah Baumbach & Jake Paltrow

de-palma-title-card

Brian de Palma se raconte dans ce documentaire qui n’est pas avare en extraits de films.

C’est toujours intéressant, voire passionnant, d’entendre un réalisateur se confier sur son travail et de Palma est un excellent client.

Dommage que ce documentaire ne soit que ça et que ses auteurs n’apportent rien de plus.

CAB

Electric Boogaloo (2014) / Mark Hartley

electric-boogaloo-the-wild-untold-story-of-cannon-films-title-card

Documentaire sur la saga de la CANNON sans Menahem Golan et Yoram Globus

Antithèse de « The Go-Go Boys » , « Electric Boogaloo » donne la parole à ceux qui ont fait la Cannon, ses réalisateurs, acteurs, techniciens … dans un impressionnant défilé de personnalités.

Illustré par de très nombreux extraits de films, ce documentaire est un voyage réjouissant et passionnant dans une époque révolue où Zefirelli pouvait dire que sa collaboration avec la Cannon était le zénith de sa carrière et où Godard était produit par ceux qui ont fait la carrière de Chuck Norris.

Ultra sympathique.

CAB

The Flat (2011) / Arnon Goldfinger

the-flat-title-card

Au décès de sa grand mère, le réalisateur découvre, dans l’appartement de la défunte, toute une correspondance avec un officier SS avant et après la seconde guerre mondiale. Il décide d’enquêter pour comprendre.

Goldfinger signe un remarquable documentaire sur la mémoire et sa transmission (ou non) à travers les générations.

Un documentaire passionnant comme une enquête policière dont les dernières séquences mettent implacablement en images toute la problématique de la mémoire.

CAB

Cartel Land (2015) / Matthew Heineman

cartel-land-title-card

Un médecin dans la province du Michoacán au Mexique organise des groupes d’auto-défense pour lutter contre les trafiquants de drogue. En parallèle, aux États-Unis, des groupes armés surveillent la frontière avec le Mexique pour empêcher le passage de la drogue.

Ce documentaire, en scope et aux images splendides, se suit tel un thriller avec ses rebondissements et ses scènes d’action incroyables (mais vraies)..

Kathryn Bigelow en est une des productrices et on ne peut s’empêcher de penser à « Zero Dark Thirty » lors de certaines séquences.

Loin de glorifier l’auto-défense, Heineman filme un pays dans une situation inextricable où la corruption règne en maître et dont le gouvernement est totalement impuissant.

Assez bluffant.

CAB

Milius (2013) / Joey Figueroa & Zak Knutson

milius-title-card

Documentaire sur la vie et l’œuvre de John Milius raconté par le gratin d’Hollywood (Spielberg, Scorsese, Eastwood, Stone, Mann, Lucas, Coppola, Singer, Murch etc…) et par ses enfants.

Balayant toute la carrière du Milius scénariste et réalisateur, ce documentaire dresse le portrait d’un électron libre à Hollywood et devient franchement émouvant dans son dernier tiers consacré à sa nouvelle vie après son AVC.

Aussi passionnant que cette figure atypique.

CAB

Relève (2015) / Thierry Demaizière & Alban Teurlai

releve-title-card

La création du ballet « Clear, Loud, Bright, Forward » par Benjamin Millepieds, éphémère directeur du ballet de l’Opéra de Paris.

Ce documentaire est une belle plongée dans le processus de création et se distingue surtout pas sa magnifique image.

La meilleure partie montre un Millepieds confronté à la grosse machine administrative qu’est l’Opéra de Paris avec toutes les contraintes qui vont avec.

Dommage que certaines séquences soient beaucoup trop artificiellement mises en scène et cassent la fluidité du récit.

Passionnant néanmoins.

CAB

The Go-Go Boys (2014) / Hilla Medalia

THE_GO_GO_BOYS_TITLE_CARD

Le récit de l’ascension et de la chute de Menahem Golan et Yoram Globus créateurs de la mythique société de production Cannon.

De facture ultra classique, ce documentaire s’attache plus à l’aventure humaine que fut la Cannon qu’aux films produits par la compagnie.

C’est plutôt intéressant mais un peu trop hagiographique à mon goût contrairement au très bon « Electric Boogaloo » .

Les dernières séquences, empruntes d’une certaine mélancolie, sont les meilleures.

CAB

Aux cœurs des ténèbres – l’apocalypse d’un metteur en scène (1991) / Fax Bahr & George Hickenlooper

Un documentaire génial sur le tournage d’ « Apocalypse Now » grâce aux images tournées par Eleanor Coppola elle-même.

Comme le résume Francis Ford Coppola lui-même : «Nous étions trop nombreux, nous avions trop d’argent, trop de matériel et petit à petit, nous sommes devenus fous ».

Bahr et Hickenlooper nous plonge dans la folie de ce tournage monumental entre un Dennis Hopper complètement stone, un typhon qui détruit les décors, un Brando passant une semaine à se faire expliquer son personnage par Coppola avant de tourner la moindre scène ou encore Martin Sheen ayant une crise cardiaque sur le plateau …

En filigrane, les réalisateurs montrent qu’au milieu de cet immense bordel, Eleanor Coppola reste stoïque et en ressort comme étant le personnage le plus fort.

Remarquable.

CAB

C’est dur d’être aimé par des cons (2008) / Daniel Leconte

c-est-dur-d-etre-aime-par-des-cons-title-card

En 2007 se tient le procès de Charlie Hebdo pour avoir publié des caricatures de Mahomet. Daniel Leconte suit la préparation du procès et son déroulement.

Aussi passionnant qu’un thriller, rebondissements inclus, cet excellent documentaire nous plonge dans les coulisses du monde judiciaire et donne la parole aux deux parties. Les interventions de Francis Szpiner sont exemplaires du travail d’acrobate (et de mauvaise foi) qu’il a effectué dans cette affaire. A contrario Malka et Kiejman, avocats de la défense, font preuve de malice et expliquent les réels enjeux de ce procès.

Essentiel pour comprendre les évènements récents et ses racines.

CAB

Le dernier des injustes (2013) / Claude Lanzmann

le-dernier-des-injustes-title-card

L’incroyable témoignage de Benjamin Murmelstein seul survivant parmi les nombreux présidents des conseils juifs durant la seconde guerre mondiale et à travers lui l’histoire du fameux ghetto « modèle » de Theresienstadt.

Lanzmann poursuit son travail de mémoire avec ce nouveau film composé en partie d’images tournées en 1975 pour  » Shoah  » mais jamais utilisées.

Contrairement à ses précédents documentaires, Lanzmann est ici un personnage de son récit et il se met en scène, lui et sa vieillesse, à la manière d’un Marcel Ophüls. Figure imposante et solennelle de son propre film, il dévore l’écran à chacune de ses apparitions.

Le cœur du film se trouve dans le long et passionnant entretien avec Murmelstein. Sans langue de bois, il livre un témoignage essentiel sur un pan méconnu de l’histoire de la Shoah (notamment toute la partie sur Nisko et Madagascar) et jette une pierre dans la mare de Hannah Arendt et de sa fameuse théorie de la banalité du mal.

Remarquable.

CAB

L’image manquante (2013) / Rithy Panh

l-image-manquante-title-card

Rithy Panh retrace à partir des rares images d’archives existantes et de figurines la prise du pouvoir par les Khmers rouges et le destin tragique de sa famille dans les camps de rééducation.

Ce documentaire très personnel est une très belle réussite tant par le fond que la forme. L’utilisation de figurines pour recréer ces fameuses images manquantes est une très belle idée d’une poésie infinie.

Le texte co-écrit avec Christophe Bataille est très beau et accompagne parfaitement les images de Panh.

Un très beau film.

CAB

November Days (1991) / Marcel Ophüls

november-days-title-card

En partant d’un reportage de la BBC, dont il retrouve tous les protagonistes, Ophüls dresse un portrait de l’Allemagne juste après la chute du mur de Berlin.

Avec beaucoup d’humour et d’ironie le réalisateur brosse en filigrane un état de l’Allemagne du début des années 90.

Les interviews d’anciens dirigeants communistes, de citoyens lambda, d’un général de la Stasi, de la fille de Brecht et même d’un néonazi sont toujours brillamment menées et les inserts d’extraits de films ou d’archives ainsi que l’utilisation de chansons sont formidables, souvent drôles et viennent souvent contrarier les propos des intervenants. A cet égard l’utilisation du « Jules Cesar » de Mankiewicz est un petit bijou.

Et bien entendu Marcel fait encore et toujours référence à Max cette figure paternelle écrasante.

Remarquable.

CAB

Veillées d’armes : Histoire du journalisme en temps de guerre (1994) / Marcel Ophüls

veillees-d-armes-title-card

Produit par Bertrand Tavernier, ce documentaire fleuve de 3h44 propose un état des lieux du journalisme de guerre à l’époque du siège de Sarajevo.

Ophüls utilise avec brio et humour les extraits de films qui viennent ponctuer les propos des nombreux intervenants (Milosevic, Ppda, Anne Sainclair, Martine Laroche-Joubert (oui, oui la mère de l’autre), Philippe Noiret ou encore Romain Goupil parmi tant d’autres).

Avec une certaine facétie, il met en perspective son film avec ceux de son père et nous livre une brillante analyse critique du métier de journaliste non dénuée humour.

Tout petit bémol dans les deux séquences où il se met véritablement en scène qui sont aussi datées que ratées.

A noter les présences de Laurent Cantet et de Dominik Moll aux postes d’assistants réalisateurs.

CAB

Le chagrin et la pitié – Chronique d’une ville française sous l’occupation (1969) / Marcel Ophüls

le-chagrin-et-la-pitie-title-card

Ophüls invente une nouvelle forme de documentaire et retrace, pendant 4h10 passionnantes, le destin de Français sous l’occupation.

Ou comment la grande et la petite histoire se rencontrent.

Un film qui fit scandale en son temps et auquel Claude Lanzmann doit beaucoup.

Formidable.

CAB

Punishment Park (1971) / Peter Watkins

punishment-park-title-screen

Faux documentaire sur une Amérique privée de toutes ses libertés dans laquelle les condamnés ont le choix entre purger leur peine ou passer trois jours dans le fameux et terrible « Punishment Park ».

Très 70’s donc assez daté, le film n’en reste pas moins intéressant même si la succession de séquences dans le tribunal d’exception est un peu chiante.

CAB

The memories of justice (1976) / Marcel Ophüls

memories-of-justice-title-screen

Ophüls dans ce documentaire fleuve de 4h38 s’attaque au procès de Nuremberg et à la notion de crimes de guerre en ancrant son propos dans les conflits contemporains (guerre du Vietnam ou d’Algérie).

Comme toujours il rattache son histoire personnelle à la grande Histoire avec une certaine facétie.

Le défilé de témoins est impressionnant (Karl Dönitz, Edgar Faure, Henri Alleg, Serge Klarsfeld, Beate Klarsfeld, Yehudi Menuhin, Albert Speer etc.).

Un excellent documentaire.

CAB

Dear America: Letters Home from Vietnam (1987) / Bill Couturié

Excellent documentaire (produit par HBO) sur la guerre du Vietnam.

Uniquement composé d’images d’archives et d’extraits de lettres de jeunes soldats (lus par la fine fleur des acteurs américains) envoyés au front.

CAB

L’enfer d’Henri-Georges Clouzot (2009) / Serge Bromberg & Ruxandra Medrea

 

Documentaire sur le film maudit de Clouzot.

Le matériel restant de cette œuvre mythique éclipse totalement les quelques velléités de mise en forme des réalisateurs sans parler des séquences jouées par Bérénice Béjo et Jacques Gamblin qui tombent totalement à plat.

Les recherches plastiques et visuelles de Clouzot sont impressionnantes.

On aurait tellement voulu voir ce flm illuminé par l’incroyable beauté de Romy Schneider.

CAB

Gimme Shelter (1970) / Albert Maysles, David Maysles et Charlotte Zwerin

A l’origine un film sur les Rolling Stones en tournée aux États Unis en 1969,  au final un formidable documentaire qui ne cesse de voir les années 70 mourir sous l’objectif de ses caméras.


Des plans saisissants d’une foule sous LSD, une cohue incroyable, les Stones défoncés … et pour l’anecdote George Lucas en opérateur.

CAB