L’amour à mort (1984) / Alain Resnais

Un homme (Pierre Arditi) meurt, puis ressucite sous les yeux de sa compagne (Sabine Azéma). Leur vie en est bouleversée …

Resnais signe une oeuvre à la forme quasi expérimentale (avec ses intermèdes musicaux sur fond de neige qui tombe la nuit) où il oppose deux visions du couple l’une mortifère (Azéma et Arditi) et l’autre lumineuse (Fanny Ardant et André Dussollier en pasteurs).

Parfois un peu trop théorique, voire théologique, « L’Amour à mort » n’en est pas moins très beau et envoûtant.

CAB

La prisonnière espagnole (1997) / David Mamet

Un ingénieur a inventé un procédé top secret qui assurera la fortune de la société pour laquelle il travaille. Nombreux sont ceux qui veulent s’en emparer…

Mamet pousse au bout son concept de film d’arnaque(s) avec un scénario bien alambiqué et de multiples rebondissements.

Le film est assez ludique (qui arnaque qui ?) et assez plaisant à voir malgré une conclusion un peu bâclée.

Sympathique.

CAB

Le mystère Von Bulow (1990) / Barbet Schroeder

Accusé de tentative d’homicide sur sa riche épouse (Glenn Close), Klaus Von Bulow (Jeremy Irons) engage l’avocat Alan Dershowitz (Ron Silver) pour renverser le jugement en appel.

Basé sur une histoire vraie, Schroeder et Nicholas Kazan (qui signe l’ingénieux script) ne font pas un classique film de procès mais racontent surtout la lente désagrégation d’un couple.

C’est diablement efficace et porté par trois acteurs en état de grâce.

Vraiment bien.

CAB

L’hôpital (1971) / Arthur Hiller

Un meurtrier sévit dans un hôpital sur fond de mouvement social et de crise d’identité de son directeur (George C. Scott).

Pour Paddy Chayefsky, auteur du script, producteur et même voix off, l’hôpital est une métaphore de la société américaine.

Alcoolique et en plein divorce au moment du tournage, George C. Scott se livre à une mise en abîme qui force l’admiration. Malheureusement son histoire d’amour avec Diana Rigg est beaucoup trop artificielle pour fonctionner.

Le film est surtout très abscons et peine à convaincre totalement.

CAB

Les noces rouges (1973) / Claude Chabrol

Dans une ville de province, l’épouse (Stéphane Audran, splendide) du député maire (Claude Piéplu, parfait) trompe son mari avec le premier adjoint (Michel Piccoli, excellent) dont la femme, dépressive, est constamment malade.

Au député de droite strict et obsédé par sa carrière, au point de délaisser son épouse, Chabrol oppose le jouisseur de gauche.

Mais au delà d’une critique de la bourgeoisie, Chabrol signe ici, et surtout, une très belle histoire d’amour placée sous le signe du tragique.

Top.

CAB

La servante écarlate (1990) / Volker Schlöndorff

Dans un futur proche, les Etats-Unis sont sous le joug d’une dictature religieuse où les femmes fertiles deviennent des servantes (esclaves), vêtues de rouge, en charge d’assurer la pérennité de la race humaine…

27 ans avant la série éponyme, le roman de Margaret Atwood était adapté par Harold Pinter et porté sur le grand écran par Volker Schlöndorff.

Avec, en outre, un casting XXL (Faye Dunaway, Robert Duvall, Elizabeth McGovern, Natasha Richardson) on pouvait s’attendre à un excellent brûlot politique, malheureusement ce n’est pas le cas.

Le film est terriblement bancal et navigue sans cesse entre la dénonciation et le thriller et, in fine, ne traite pas vraiment son passionnant postulat de départ.

Schlöndorff ne montre son talent qu’à de trop rares occasions (tout le début du film et la séquence d’exécution).

Dommage.

CAB

Casque d’or (1952) / Jacques Becker

Manda (Serge Reggiani), un ancien voyou, tombe fou amoureux de Marie (Simone Signoret) dans une guinguette. Mais son souteneur (Raymond Bussières) et un chef du gang (Claude Dauphin) ne l’entendent pas de cette oreille.

Véritable descente aux enfers d’un homme qui était sur la voie de la rédemption, « Casque d’or » est aussi, et surtout, une histoire d’amour tragique et bouleversante.

Becker y signe une valse de cinéma ensorcelante qui est une petit bijou de mise en scène, comme l’est aussi son terrible final.

Superbe.

CAB

La règle du jeu (1939) / Jean Renoir

A l’orée de la seconde guerre mondiale, un groupe d’aristocrate se rend en Sologne pour une partie de campagne entre chasse et marivaudages.

Renoir (qui se distribue d’ailleurs un rôle de deus ex machina) signe un film somme où les bourgeois sont aussi statiques que les automates du Marquis de la Chesnaye, où une simple partie de chasse se transforme en véritable massacre grâce au génie de la mise en scène, un film où la profondeur de champ est superbement utilisée.

Cette fausse comédie de mœurs est placée sous le signe des doubles et oppose, à l’immobilisme des aristocrates, la vitalité des domestiques.

Annonciateur de la disparition du vieux monde (le dernier plan où les bourgeois ne sont plus que des ombres) « La règle du jeu » est une pure merveille.

CAB

Le charme discret de la bourgeoisie (1972) / Luis Buñuel

Trois couples (Bulle Ogier, Fernando Rey, Delphine Seyrig, Paul Frankeur, Jean-Pierre Cassel et Stéphane Audran) tentent désespérément de dîner mais, à chaque fois, un événement les en empêche.

Buñuel nous livre une critique acerbe de la bourgeoisie à la forme très originale.

Frôlant le fantastique (en invoquant les fantômes du passé) tout en restant toujours loufoque, le film est aussi un manifeste surréaliste (mais pas trop quand même).

A noter l’extraordinaire travail sur le son et les six acteurs principaux tous excellents.

CAB

No Country for Old Men – Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme (2007) / Joel et Ethan Coen

Un chasseur (Josh Brolin) trouve deux millions de dollars abandonnés, dans le désert, par des trafiquants de drogue qui se sont entre-tués. Malheureusement, pour lui, un tueur à gages (Javier Bardem) doit les récupérer.

A sa sortie, le film m’avait passablement énervé. Cette seconde vision n’altère pas beaucoup cette impression.

« No country … » est beaucoup trop bavard et surtout les Coen veulent absolument faire Auteur à tout prix quitte à frustrer le spectateur avec une fin en eau de boudin.

Alors oui la mise en scène est très belle, oui le personnage de Bardem terrifiant (et vraiment too much), oui le casting est fabuleux mais il me reste toujours un fort goût d’inachevé pour ce film qui aurait pu être juste dément.

Dommage.

CAB

Que le meilleur l’emporte (1964) / Franklin J. Schaffner

Lors de la convention d’un parti politique, les deux favoris (Henry Fonda et Cliff Robertson) s’affrontent en coulisses.

Schaffner met en scène des coulisses, très métaphoriques (placards, toilettes ou encore salle de bains, où un candidat, nu devant un de ses concurrents, négocie des voix) de la politique où tout est finalement question de morale.

Malgré son aspect théâtral (c’est une adaptation d’une pièce de Gore Vidal qui d’ailleurs signe le scénario), le film se suit comme un thriller où tous les coups sont permis.

Vraiment bien.

CAB

Comancheria (2016) / David Mackenzie

Deux frères (Chris Pine et Ben Foster) cambriolent de petites banques texanes pour racheter le ranch familial. Un Texas ranger (Jeff Bridges) et son adjoint mènent l’enquête…

Une très bonne surprise, ancrée dans l’Amérique de la crise, et portée par une fantastique distribution.

MacKenzie confère à son film un ton original où la violence n’est jamais très loin.

Petit bémol pour l’envahissante musique de Nick Cave et Warren Ellis qui sonne toujours pareil.

Vraiment bien.

CAB

Traque à Boston (2016) / Peter Berg

Récit des attentats du marathon de Boston et de la chasse à l’homme qui s’ensuivit.

C’est carré et bien foutu (la séquence des caméras de surveillance est top) mais ça ressemble beaucoup plus à un documentaire qu’à un film de cinéma, comme le prouve l’irruption du réel à la fin.

Et les discours sur l’amour pour lutter contre les terroristes, je n’en peux plus …

Pas mal quand même.

CAB

Le convoyeur (2004) / Nicolas Boukhrief

Un homme (Albert Dupontel) intègre La Vigilante, une compagnie de transports de fonds qui a subi plusieurs braquages. Quelles sont ses véritables motivations ?

Boukhrief signe un très bon thriller à l’excellent casting de contre emplois (Beléand, Dujardin et surtout un monstrueux Dupontel).

C’est plutôt bien filmé malgré un final un peu bâclé et quelques passages un peu lourdingues.

Pas mal du tout.

CAB

N’oublie pas que tu vas mourir (1995) / Xavier Beauvois

Benoît (Xavier Beauvois himself), étudiant en histoire de l’art, apprend qu’il est séropositif lors de son incorporation pour le service militaire. Refusant la maladie, il plonge dans l’enfer de la drogue …

Métaphoriquement, Beauvois entraîne son petit bourgeois de héros à la découverte d’un monde qui’il ne voyait pas et qui débute par une très parlante scène de suicide raté dans des toilettes (tel un camé se shootant).

Divisé en trois parties, le film fait enchaîne à la descente aux enfers de son héros, sa rédemption par l’amour et l’art, dans une Italie lumineuse, où se situent les plus belles séquences avant une fin toute aussi déconcertante que son héros.

Beauvois soigne sa mise en scène et s’entoure d’excellents partenaires parmi lesquels Roschdy Zem, Chiara Mastroianni, Emmanuel Salinger, Bulle Ogier ou encore Cédric Kahn et Jean Douchet.

On citera aussi la superbe musique de John Cale qui reprend la construction de film (piano pour la première partie et quatuor à cordes pour l’Italie).

Toujours aussi atypique et singulier, 22 ans après sa première vision.

CAB

La dernière vague (1977) / Peter Weir

Un avocat (Richard Chamberlain) défend cinq aborigènes accusés d’avoir assassiné un des leurs selon un rituel ancestral.

Entre thriller et fantastique, Weir embrasse ses thématiques de prédilection : la relation de l’homme à la nature ici sous un aspect mystique et les croyances ancestrales contre la civilisation.

Dans une ambiance apocalyptique où l’eau est omniprésente, Chamberlain devra se découvrir pour résoudre son enquête.

Même si le film est imparfait, il possède de très beaux moments.

CAB

The Keeping Room (2014) / Daniel Barber

A la fin de la guerre de sécession, dans le Sud, deux sœurs et leur esclave, réfugiées dans leur maison, sont attaquées par deux déserteurs de l’armée du Nord.

« Home invasion » westernien, le film de Barber va au delà de son genre pour être aussi un grand film sur la guerre sans jamais la montrer.

Sam Worthington, en terrifiant bad guy, est excellent tout comme le trio d’actrices.

Barber confirme qu’après le génial « Harry Brown » , il est un réalisateur à suivre.

Excellent.

CAB

Premier contact (2016) / Denis Villeneuve

Des vaisseaux spatiaux apparaissent sur différents endroits du globe. Une linguiste (Amy Adams excellente) est chargée d’interpréter le langage de ces visiteurs …

Ultra attendu, le film de Villeneuve est un drôle d’objet qui ne tient pas toutes ses promesses.

Très (trop ?) ambitieux, « Premier Contact » mêle une grande histoire et l’intime dans un ensemble qui peut en décontenancer certains, mais dont la partie SF est très réussie et magnifiquement mise en image.

Le soucis du film se trouve, pour moi, dans l’absence totale d’émotion ressentie alors que certaines séquences devraient être bouleversantes.

Alors même si on peut gloser des heures sur la grosse ficelle scénaristique qui est le pivot du film, il n’en reste pas moins que l’oeuvre de Villeneuve est un objet filmique assez unique qui hante le spectateur longtemps après sa vision.

CAB

Un jour dans la vie de Billy Lynn (2016) / Ang Lee

Billy Lynn, héros de la guerre en Irak, est en tournée de promotion pour l’armée aux Etats-Unis avant de retourner au front.

Ang Lee s’attaque à la guerre d’Irak dans ce film qui fait furieusement penser à « Mémoires de nos pères » de Eastwood, en beaucoup moins bien.

Mis en scène de manière beaucoup trop ostentatoire, « Billy Lynn » avance avec ses très gros sabots (le personnage de Kristen Stewart aussi grotesque et inutile que le jeu de son actrice) et se moque de ses spectateurs avec ses flashbacks Irakiens (assez laids) qui ne sont, in fine, qu’une fausse promesse.

Lourdingue.

CAB

Les amours d’une blonde (1965) / Milos Forman

Le directeur d’une usine, où sont employées les jeunes filles de la région, demande à ce que l’armée envoie une garnison pour remonter le moral de ses ouvrières. Or ce sont des hommes mariés qui débarquent… alors que Andula, une jeune ouvrière, cherche le grand amour.

Forman poursuit son portrait, doux amer, de la jeunesse Tchèque avec ce roman d’apprentissage d’une jeune fille mélant avec un certain brio la comédie et le drame.

La longue séquence du bal illustre à merveille l’approche quasi documentaire du réalisateur entre scènes jouées et moments captés sur le vif. Bal durant lequel se trouve une séquence où un personnage essaye de rattraper son alliance entre les jambes des danseurs qui fait furieusement penser à l’ouverture de « Indiana Jones et le temple maudit » .

Une fois de plus, Forman conclue formidablement son film.

CAB

L’as de pique (1964) / Milos Forman

Petr, un adolescent tchèque, débute dans la vie professionnelle entre premiers amours et conflits avec ses parents.

Premier long métrage de Forman, « L’as de pique » est une comédie dramatique sous influence de la nouvelle vague. D’aspect quasi documentaire le film suit les pérégrinations de son héros qui marquent son entrée dans la vie adulte.

Forman fait déjà preuve d’une maîtrise formelle qui culmine dans la séquence finale absolument géniale.

Un joli film.

CAB

Les Gens de Dublin (1987) / John Huston

Deux sœurs reçoivent famille et amis le soir de l’épiphanie.

John Huston adapte James Joyce pour ce qui fut son dernier film, avec son fils Tony au scénario et sa fille Angelica dans le rôle principal.

Merveilleusement mis en scène, par un Huston très malade et en fauteuil roulant, « The dead » est un monument d’émotion et de subtilité, entre rires et larmes, qui atteint son acmé lors d’un monologue de fin qui touche au sublime.

Une pépite.

CAB

Le fils de Saul (2015) / László Nemes

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Saul (magnifique Géza Röhrig), Sonderkommando à Auschwitz, décide de donner une sépulture à un enfant mort dans les chambres à gaz…

Nemes, s’appuyant sur un incroyable travail de documentation, plonge son spectateur dans l’enfer des camps de concentration sans jamais céder au voyeurisme ou à la complaisance.

La prouesse du film réside dans son dispositif de mise en scène totalement justifié et maîtrisé (de longs plans séquences). Son cadre carré nous met à la place de ce que voit, ou plutôt refuse de voir, Saul qui pour survivre dans cet enfer doit faire abstraction de ce qui l’entoure et se donner un but à atteindre / une raison de (sur)vivre.

Saul est dépeint comme un ouvrier d’une machine de mort, immense usine de la destruction à la mécanique implacable, un être déshumanisé qui ne peut plus rien ressentir.

Le travail sur la bande son est stupéfiant.

On a rarement vu un premier film aussi impressionnant.

CAB

Poklosie (2012) / Wladyslaw Pasikowski

Émigré aux Etats-Unis, Franciszek revient en Pologne revoir son frère après le décès de leur père. Les habitants du village, où se trouve la demeure familiale, semblent tous s’être ligués contre son frère. Pourquoi ?

Tel le personnage principal, qui traverse une forêt sombre au début, le film plonge la Pologne contemporaine dans son passé le plus noir (ce qui a entraîné de grosses polémiques au moment de sa sortie).

« Poklosie » est un film sur la mémoire, sur la prise de conscience des drames du passé, et sur comment essayer de se faire pardonner.

Ici, celui par qui le drame arrive, n’est pas l’expatrié mais le paisible paysan Polonais qui fait une découverte qui changera sa vie à tout jamais.

Les deux comédiens principaux sont formidables et Pawel Edelman (chef op des derniers Polanski ou de « Katyn » ) signe une très belle photo, en scope, de la campagne polonaise et de ses champs cimetières …

Une très bonne surprise.

CAB

Z (1969) / Costa-Gavras

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Dans un pays fictif, dirigé par les militaires, un homme politique en exil (Yves Montand) revient pour participer à un rassemblement contre le nucléaire.

Première collaboration entre Costa Gavras et Jorge Semprun, « Z » est un coup de maître.

Sous couvert d’un thriller, les auteurs signent un grand film politique formellement très réussi (toute la chorégraphie lors du meeting, la gestion de l’espace et du temps, les flash-back…)

Excellent.

CAB

Le 4ème pouvoir (1985) / Serge Leroy

Un grand reporter (Philippe Noiret) et la présentatrice vedette du journal télévisé (Nicole Garcia), qui était son ex-amante, sont sur la piste d’une affaire impliquant le gouvernement.

Sur fond de conflit en Syrie (déjà en 1985 !), le film de Leroy est un honnête thriller journalistique (co-écrit par Françoise Giroud) où s’affrontent deux conceptions du journalisme; celle de la presse écrite et de l’éthique, et celle de la télévision, nouveau monstre médiatique.

Noiret et Garcia (en ersatz de Christine Ockrent) forment un joli couple.

Pas mal.

CAB

Flagrant désir (1986) / Claude Faraldo

Une femme meurt noyée. Est-ce un meurtre ou un suicide ? Un inspecteur américain (Sam Wasterston), en mission d’observation en France, est chargé de l’enquête et doit affronter une grande famille Bordelaise au secret bien caché…

Le premier tiers, et notamment le meurtre inaugural sur une très belle musique de Gabriel Yared, est une vraie réussite.

Ensuite, ça se gâte franchement, à cause d’un McGuffin crétin, et le film bascule définitivement dans le ridicule avec une séquence de balancelle totalement insupportable pour finir en apothéose sur une conclusion stupide.

Faraldo laisse son casting prestigieux en roue libre, Marisa Berenson est épouvantablement mauvaise tout comme la superbe Lauren Hutton et même Bernard-Pierre Donnadieu passe à côté de son personnage de patriarche.

Un flagrant nanar.

CAB

Taj Mahal (2015) / Nicolas Saada

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Novembre 2008 : une jeune fille (Stacy Martin) se retrouve coincée dans sa chambre de l’hôtel Taj Mahal à Bombay pendant une attaque terroriste.

A trop vouloir intellectualiser son sujet, Saada se perd en route et n’arrive pas à maintenir son parti pris de l’événement vu à travers les yeux de son héroïne (les péripéties des parents sont très ratées et Louis-Do de Lencquesaing un miscast absolu). En outre, pour aérer son film, Saada nous sert de manière répétitive des « beauty shots » d’indiens qui donnent vraiment l’impression d’être là pour faire du minutage.

En revanche tout ce qui concerne le hors champs est vraiment réussi et l’apparition finale des terroristes sur les écrans des caméras de surveillance est une excellente idée.

Dommage car il y avait matière pour faire bien mieux.

CAB

Désordre (1986) / Olivier Assayas

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Trois membres d’un groupe de rock tuent, accidentellement, un homme. Leur destin en sera à jamais bouleversé.

Pour son premier long métrage, Assayas réunit la fine fleur des jeunes acteur français des années 80 (Wadeck Stanczak (génialement habité par son rôle), Corinne Dacla, Ann-Gisel Glass, Simon de la Brosse, Lucas Belvaux ou encore Rémi Martin).

Faisant déjà preuve d’une belle maîtrise de la mise en scène (ses ellipses audacieuses), Assayas évoque la perte de l’insouciance et le passage à l’âge adulte et signe, in fine, un beau film d’amour.

A noter, la jolie partition de Gabriel Yared.

CAB

L’addition (1984) / Denis Amar

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Emprisonné pour un délit mineur, Richard Berry devient la victime du vilain maton interprété par Richard Bohringer.

Cette tentative française de film carcéral pâtit d’un scénario qui ne cesse d’accabler artificiellement le pauvre Berry (qui n’a décidément jamais de chance) et de séquences d’ouverture et de fin qui sonnent terriblement faux.

Amar, derrière la caméra, assure le strict minimum.

Sinon, Bohringer est parfait, dans un rôle à sa mesure, et Farid Chopel campe un terrifiant méchant au côté duquel, on trouve un tout jeune Vincent Lindon.

Mouais.

CAB

Représailles (1985) / Sean S. Cunningham

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A la suite du décès accidentel de leurs parents, un frère et sa sœur sont recueillis par un oncle. Ils deviennent vite la cible d’une bande de voyous.

Après le succès de « Vendredi 13 » , Cunningham réalisait ce drôle de film qui mélange allègrement le drame, le film d’horreur et le thriller.

Le film se suit sans déplaisir mais est globalement assez mal foutu et la promesse d’une sorte de revenge movie avec des adolescents n’est jamais vraiment tenue.

Sinon on y retrouve de jeunes débutants nommés Eric Stoltz et James Spader.

Une curiosité.

CAB

Summer of Sam (1999) / Spike Lee

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En 1977 à New-York, la vie d’un groupe d’italo-américains alors que le fameux tueur en série, le fils de Sam, sévit…

Film sur le soupçon et la paranoïa menant inexorablement au conflit et à l’intolérance, « Summer of Sam » est aussi le film le plus musical de Lee.

Où comment mêler la grande et la petite histoire et en faire un sujet personnel.

Vraiment bien.

CAB

La 25ème heure (2002) / Spike Lee

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Les 24 dernières heures d’un homme (Edward Norton) avant son incarcération pour une peine de 7 ans de prison.

Placé sous le signe, omniprésent, du 11 Septembre, le film de Lee brosse le portrait d’une Amérique malade et d’un New York d’une infinie tristesse.

Norton y campe un magnifique personnage poignant et Lee, inspiré comme rarement, signe son meilleur film et par la même occasion au moins deux séquences d’anthologie (la mythique scène du « fuck you » et les dernières minutes du film totalement bouleversantes).

Superbe.

CAB

Le syndicat du crime (1986) / John Woo

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Un ancien gangster tente de se réconcilier avec son policier de frère tandis qu’un nouveau caïd humilie un tueur à gages.

Avec le Syndicat du crime, Woo signait son premier polar sous le signe de Jean-Pierre Melville et mettait en place la matrice de ses films à venir.

En se donnant un rôle clé, il devenait lui-même le savoureux deus ex machina de son film.

Vraiment bien.

CAB

The Blade (1995) / Tsui Hark

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Amputé d’un bras, un forgeron cherche à se venger de l’assassin de son père.

Considéré comme la quintessence du cinéma de Tsui Hark et comme une relecture totale du wu xia pan (film de sabre chinois) « The Blade » est un émerveillement à chaque nouvelle vision.

Réinventant le genre, Hark entraîne sa caméra au cœur même de ses incroyables combats faisant fi des lois de la gravité.

Un film unique.

CAB

Clockers (1995) / Spike Lee

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Strike deale, a un ulcère et aime les trains. Un jour son mentor lui demande d’assassiner un autre dealer…

Spike Lee reprenait ce film qui devait être, à l’origine, réalisé par Martin Scorsese dont l’empreinte est assez présente.

Dès le très beau générique (des photos de victimes de meurtres sur la chanson « People in Search of a Life ») les intentions de Lee son claires.

Lyrique et optimiste, Lee signe un film rondement mené où ses tics de mise en scène sont un peu moins présents.

Cool.

CAB

Une étrangère parmi nous (1992) / Sidney Lumet

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Une policière (Mélanie Griffith) infiltre la communauté Hassidique de New York afin de démasquer l’assassin d’un diamantaire.

Considéré comme film très mineur de son auteur, « Une étrangère parmi nous » tient la route.

Lumet joue sur l’opposition de deux mondes dont les règles sont totalement différentes (cf la magnifique photographie sépia chez les hassidiques signée Andrzej Bartkowiak).

Mais ici ce n’est pas l’enquête policière qui l’intéresse. Elle ne sert que de prétexte pour brosser le portrait d’une communauté et de ses us et coutumes mais aussi pour raconter une histoire d’amour impossible.

A noter une des première apparition de James Gandolfini dans un rôle de mafieux.

Pas mal du tout même si ce film n’est pas au niveau des chefs d’œuvres de Lumet.

CAB

Instinct de survie – The Shallows (2016) / Jaume Collet-Serra

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Une surfeuse (Blake Lively) se fait attaquer par un requin très très méchant et se retrouve bloquée sur un récif…

Ce qui se voudrait être le « Jaws » des années 2000 n’est qu’un banal huis-clos marin qui se distingue par ses SFX bien ratés comme ses vagues en images de synthèse.

Après 20 bonne minutes de surf movie mollement filmé, à base de ralentis moisis, d’images de GoPro et de techno pourrie, qui nous font regretter « The Big Wednesday » , le grand blanc fait enfin son apparition et entraîne la pauvre Blake Lively dans des aventures totalement rocambolesques dont le clou sont des méduses fluos !!

Tout juste distrayant.

CAB

Le meilleur (1984) / Barry Levinson

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Un joueur de Baseball au talent incroyable (Robert Redford) tente un come-back après avoir interrompu une carrière qui s’annonçait exceptionnelle.

Levinson convoque les mythologies et réalise son meilleur film en adaptant le roman de Bernard Malamud, habile transposition de la légende de Perceval le Gallois et de l’Odyssée d’Homère dans le monde du Baseball et donc dans l’Americana (la batte de Baseball figurant Excalibur, l’équipe qui s’appelle Knights, Glenn Close en Pénélope etc …) .

Caleb Deschanel signe une photo de toute beauté et Randy Newman une de ses plus belle partition.

La distribution (Glenn Close, Robert Duvall, Kim Basinger, Barbara Hershey, Wilford Brimley …) est au diapason d’un Redford parfait (même s’il est beaucoup trop vieux pour les scènes de sa jeunesse).

Un très beau film.

CAB.

Génération sacrifiée (1995) / Albert Hughes & Allen Hughes

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Anthony (Larenz Tate, le génial O-Dog de « Menace II society » ) part faire la guerre au Vietnam contre l’avis de ses amis et de sa famille. De retour , il doit trouver un moyen de subvenir aux besoins de sa famille.

Après le succès de « Menace II society » les frères Hughes se lançaient dans une fresque épique et trop ambitieuse sur les noirs dans les années 70 tout en voulant faire leur « Voyage au bout de l’enfer » .

Brassant beaucoup trop de thématiques (le film de guerre, le film politique, le film de gangster et le film de casse), « Dead Presidents » s’éparpille dans tous les sens sans jamais vraiment traiter les sujets qu’il ambitionnait d’aborder.

Dommage.

CAB

187: code meurtre (1997) / Kevin Reynolds

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Après avoir été violemment agressé par un élève à New-York, un professeur (Samuel L. Jackson) reprend du service à Los Angeles dans un quartier difficile.

Deux ans après le naufrage de « Waterworld » Kevin Reynolds revenait aux affaires avec ce thriller porté par la performance très physique de Samuel L. Jackson.

En plongeant dans la paranoïa et la folie de son héros (les magnifiques séquences dans la classe avec les jeux d’ombres et de flou) Reynolds démontre qu’il est un très bon metteur en scène et mène habilement son récit jusqu’à son basculement.

Malheureusement le scénario (écrit par un professeur) devient franchement pas terrible dans son dernier tiers.

Pas mal.

CAB

Fresh (1994) / Boaz Yakin

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Fresh a 12 ans et est un petit dealer. Sa sœur est la maîtresse d’un important trafiquant. Fresh excelle aussi aux échecs, qu’il pratique avec son père, mais surtout Fresh veut sortir de ce monde pourri …

Yakin signe un magnifique premier film où le jeu d’échec devient une parabole de la vie.

Le scénario est un habile, et très original, mélange des genres aussi malin que son jeune héros que Yakin caractérise avec brio dès les premières séquences.

Sean Nelson dans le rôle titre est prodigieux (la superbe dernière séquence) et Samuel L. Jackson y incarne un émouvant père.

Brillant.

CAB

Le poids du déshonneur (1996) / Barbet Schroeder

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Une jeune fille est sauvagement assassinée dans une petite ville américaine. Tout porte croire que le fils de la famille Ryan (Liam Neeson et Meryl Streep) est le meurtrier…

Le postulat de départ du film est assez passionnant, que faire quand son enfant est un monstre (ou pas) ?, et Schroeder retranscrit bien les affres d’une famille face à un tel cas de conscience et surtout se qui se passe Après comme l’indique le titre original.

L’autre excellente idée est de confier le rôle du fils à Edward Furlong et de ne le faire apparaître qu’au bout de 40 minutes de film.

Malheureusement le film ne va jamais au bout de ses intentions et choisit une conclusion trop frileuse à mon goût.

Pas mal mais ça aurait pu être tellement mieux.

CAB

Boyz’n the Hood, la loi de la rue (1991) / John Singleton

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La vie de trois jeunes dans le quartier de Crenshaw dans le Los Angeles des années 80 et 90.

Singleton débutait sa carrière avec cette fresque lyrique pas toujours très fine.

Très (trop ?) didactique, le film accompagne ses personnages archétypaux (le bon élève, le sportif, le dealer) victimes de la spirale de violence générée par leur environnement.

Le casting est très réussi (Cuba Gooding Jr. et Ice Cube dont c’était le premier rôle) mais l’ensemble manque d’ampleur.

Pas mal quand même pour ce film précurseur d’un nouveau genre.

CAB

Menace to Society (1993) / Albert Hughes & Allen Hughes

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Caine essaie de sortir de la spirale de la violence du quartier de Watts à Los Angeles.

Les frères Hughes frappaient fort avec ce premier film décrivant de manière hyper réaliste la vie dans les ghettos (contrairement à « Boyz’n the Hood » ).

Dès la percutante séquence d’ouverture, les frères Hughes font preuve d’un indéniable talent de mise en scène malgré quelques petits tics en peu datés.

Les deux comédiens principaux sont excellents et Bill Duke, Charles S. Dutton et Samuel L. Jackson font des apparitions remarquées.

Une réussite.

CAB

Arlington Road (1999) / Mark Pellington

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Un homme (Jeff Bridges) suspecte son voisin (Tim Robbins) d’être un terroriste.

« Arlington road » déroule son script (pas très subtil) soutenu par une mise en scène clippesque de son clippeur (sic) de réalisateur et doit surtout sa réputation à son fameux final qui fit son petit effet au moment de sa sortie.

C’est aussi le second film qui met Jeff Bridges aux prise d’un poseur de bombes après « Blown Away » .

On citera Joan Cusack excellente en épouse de Tim Robbins.

Ça se laisse voir même si c’est globalement assez abracadabrantesque.

CAB

Judgment Night (1993) / Stephen Hopkins

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Quatre amis (Emilio Estevez, Cuba Gooding Jr., Stephen Dorff et Jeremy Piven) se rendent au volant d’un motorhome à un match de boxe. Il ne fallait pas sortir de l’autoroute …

Hopkins entraine ses quatre yuppies dans une excursion mortelle dans les banlieues américaines. L’ennemi n’est pas l’habitant mais un terrifiant quatuor de trafiquants à la tête duquel se trouve un terrifiant Denis Leary.

Cette chasse à l’homme urbaine est menée tambour battant par un Hopkins en grande forme.

Super efficace.

CAB

Green Room (2015) / Jeremy Saulnier

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Un groupe de rock se retrouve piégé dans un bar appartenant à un groupuscule néo-nazi.

A mi-chemin entre le survival et l’horreur, Saulnier signe un film haletant et éprouvant de bout en bout à la mise en scène ultra maitrisée.

Patrick Stewart y campe remarquablement un méchant d’anthologie.

Une excellente surprise.

CAB

Le septième sceau (1957) / Ingmar Bergman

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De retour des croisades, un chevalier rencontre la mort. Il lui propose une partie d’échecs afin de retarder l’échéance fatale …

Méditation sur le sens de la vie et la mort, le « Septième sceau » n’est pas forcément le film le plus accessible de Bergman.

Les pérégrinations d’un Max von Sydow en quête d’un sens à donner à son existence sont parfois un peu ardues mais aussi traversées de magnifiques moments comme les rencontres successives avec la sorcière et ses bourreaux ou encore la famille d’acteurs de théâtre chère à Bergman.

La danse macabre finale est un grand moment.

Un beau film exigeant.

CAB

Le grand chantage (1957) / Alexander Mackendrick

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Un éditorialiste sans scrupules demande à un publicitaire, en mal de reconnaissance pour ses clients, d’éloigner, par tous les moyens, sa sœur de son musicien d’amoureux.

Porté par le duo impérial Burt Lancaster (redoutable en frère incestueux) et Tony Curtis, le film de Mackendrick vaut beaucoup pour le cynisme qu’il déploie et ses personnages prêts à tout pour le doux parfum du triomphe comme l’indique son titre original.

Se déroulant uniquement durant la nuit, magnifiquement éclairée par le légendaire James Wong Howe, ce grand chantage est une réussite pas forcément à la hauteur de son excellente réputation un peu exagérée à mon goût.

Vraiment pas mal.

CAB

Fanny et Alexandre (1982) (version télévision) / Ingmar Bergman

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En 5h12, Bergman convoque les fantômes de son enfance dans ce film qui se voulait être son testament.

S’ouvrant sur un prologue ludique qui foisonne d’allusions à son oeuvre (notamment « Le Septième sceau » ou « Les Fraises sauvages » ), « Fanny et Alexandre » nous invite littéralement à partager la vie (et la table) de la famille Ekdhal.

Somptueux de bout en bout, le film enchaîne les séquences brillantes et défend le pouvoir de l’imaginaire face à la mort dans un vrai chant d’amour aux saltimbanques (ici les acteurs de théâtre).

Pour cette oeuvre somme, Bergman fait revenir ses acteurs fétiches (Erland Josephson, Gunnar Björnstrand, Harriet Andersson ou encore Jan Malmsjö, terrifiant dans le rôle de l’évêque).

Bergman signe une mise en scène discrète mais constamment inventive (les cris de la mère, l’absence de couleurs chez l’évêque, son personnel traité comme des morts vivants, la punition d’Alexandre ou encore le montage parallèle de la dernière partie conférant au film un rythme de quasi thriller …) et convoque avec brio le fantastique (la caverne d’Ali baba d’oncle Isak ou les bouleversantes apparitions du père).

Une merveille absolue et un film très cher à mon cœur que ma mère m’avait fait regarder quand il fut diffusé sur FR3 dans les années 80.

CAB

Cris et chuchotements (1972) / Ingmar Bergman

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Une femme se meurt d’un cancer. Ses deux sœurs et sa fidèle servante l’accompagnent dans son agonie.

Baignant dans un rouge profond (représentant l’âme pour Bergman) et hanté par la mort, « Cris et chuchotements » est une expérience formelle assez éblouissante.

D’une incroyable splendeur visuelle, le film plonge au plus profond de l’inconscient des ses quatre personnages en relatant, pour chacun d’entre eux, des fragments de leur passé.

Toutes ces pièces d’un puzzle mental et temporel forment, in fine, le portrait d’une famille où l’amour, sous toutes ses formes, est absent.

Pour parachever le tout il y a une des plus belle pietà du cinéma.

Exigeant, dense et magnifique.

CAB

Les fraises sauvages (1957) / Ingmar Bergman

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Un médecin au crépuscule de sa vie va recevoir une prestigieuse récompense; mais, après un rêve étrange, il se rend compte qu’il est peut être passé à côté de sa vie.

Par petites touches, Bergman nous entraîne dans le passé de son héros nous faisant comprendre subtilement son cheminement et les raisons qui l’ont mené à son isolement.

Loin d’être une figure antipathique, le personnage de docteur misanthrope, magnifiquement interprété par Victor Sjöström, devient au fur et à mesure de son périple un être d’abord touchant puis franchement bouleversant.

Au terme de son voyage, ayant fait la paix avec ses proches et lui même, le vieil homme pourra affronter la mort dans une dernière séquence déchirante.

Un très beau film.

CAB

Persona (1966) / Ingmar Bergman

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Une jeune infirmière (Bibi Andersson) a pour patiente un actrice (Liv Ullmann) qui refuse de parler. Elles partent s’isoler sur l’île de Fårö.

Film sur la folie, film expérimental, film sur le vampirisme, film d’amour aussi, « Persona » est une oeuvre somme à l’intrigante et passionnante complexité.

Bergman et son chef opérateur Sven Nykvist créent une somptueuse grammaire cinématographique grâce à des cadres et des éclairages plus beaux les uns que les autres.

Et que dire du superbe duo d’actrices qui irradie l’écran de leur présence et de leur beauté.

Une pure merveille.

CAB

Elephant (1989) / Alan Clarke

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Une succession de meurtres, en Irlande du nord, sans dialogues.

Ce film court, réalisé pour la BBC, se rapproche plus d’une performance artistique que d’une véritable œuvre de fiction.

En enchaînant ad nauseam les exécutions sans jamais rien expliquer, Clarke dénonce l’absurdité du conflit Nord Irlandais et renvoie dos à dos tous les protagonistes.

Le film est entièrement filmé à la steadycam, ce qui lui confère une touche « Kubrickienne ». C’est d’ailleurs ce dispositif qu’a repris Gus Van Sant dans son film éponyme.

Un OFNI*.

CAB

*OFNI : Objet Filmique Non Identifié

Elephant (2003) / Gus Van Sant

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Dans un lycée américain, les élèves vaquent à leurs occupations sans avoir conscience que quelque chose de terrible se prépare …

Van Sant se sert du massacre de Colombine et du dispositif du film éponyme de Alan Clarke pour dresser une typologie des élèves dans un lycée Américain à l’aune d’une catastrophe.

Pour le meilleur, le film se distingue par sa très belle mise en scène, la superbe photo de Savides, ses acteurs (amateurs) tous excellents et sa construction du récit faisant s’entrecroiser les personnages et les temporalités.

Pour le pire, Van Sant se regarde un peu filmer (les plans de ciel WTF), insiste lourdement sur les motivations de ses tueurs (les jeux vidéos, le documentaire sur Hitler) et ne peut s’empêcher (en coquin qu’il est) de faire s’embrasser ses garçons sous la douche (séquence totalement inutile). On peut aussi lui reprocher de ne pas savoir comment finir son film.

Malgré tout, « Elephant » est un film à la beauté hypnotique qui convainc malgré ses défauts.

CAB

La diagonale du fou (1984) / Richard Dembo

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Le titre de champion du monde d’échecs oppose un vieil apparatchik juif (Michel Piccoli, parfait) soutenu par Moscou à un jeune dissident (Alexandre Arbatt).

Couvert de récompenses (Oscar du film étranger, prix Louis Delluc et Golden Globe), ce premier film se suit comme un thriller dans lequel s’affronte deux mondes où le jeu est un acte politique et où il faut gagner quelqu’en soient le prix ou les moyens.

Pas mal du tout.

CAB

Garde à vue (1981) / Claude Miller

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Le soir du 31 Décembre, un inspecteur de police convoque un notaire soupçonné du meurtre de deux petites filles.

Claude Miller orchestre l’affrontement deux monstres sacrés du cinéma français dans ce huis-clos étouffant.

Lino Ventura campe un commissaire, sûr de son fait face à un Michel Serrault qui prouvait qu’il était aussi un prodigieux acteur dramatique. Au milieu de ce fantastique duo, Romy Schneider, toujours aussi lumineuse, interprète un personnage essentiel.

Michel Audiard signe des dialogues qui font mouche, et pour une fois pas trop sur-écrits, et Miller un très beau film magnifiquement éclairé par Bruno Nyutten dont les séquences hors du commissariat sont toujours pertinentes.

Top.

CAB

Le vieux fusil (1975) / Robert Enrico

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En 1944, alors que la guerre touche à sa fin, le docteur Dandieu (Philippe Noiret) envoie sa femme (Romy Schneider) et sa fille à la campagne pour fuir les bombardements. Ce n’était pas une bonne idée …

Pur film de genre (ici le « revenge movie »), « Le vieux fusil » est ultra violent et parfois limite gore. Son fameux lance flammes a traumatisé toute une génération.

Enrico manipule le spectateur par le biais de flashbacks relatant les temps heureux, venant s’intercaler entre les séquences d’action, rendant ainsi le massacre initial encore plus insupportable.

Parfois complaisant (les plans sur les cadavres d’enfants), le film n’en est pas moins efficace et vaut surtout pour son duo de stars et son fameux thème composé par François de Roubaix.

CAB

Mes meilleurs copains (1989) / Jean-Marie Poiré

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Cinq amis passent un weekend à la campagne à l’occasion de la venue en France de Bernadette l’amour de jeunesse de certains d’entre eux.

Autant le dire tout de suite c’est le meilleur film de Poiré.

Même s’il pompe éhontément le génial « Les copains d’abord » de Kasdan, le film ne se borne pas à n’être qu’une comédie de souvenirs de l’adolescence.

Derrière le rire pointe parfois le drame comme avec les deux personnages des Jean-Pierre, Darroussin (culte) et Bacri (génial en homo).

Très sympathique.

CAB

Eaux profondes (1981) / Michel Deville

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Mélanie (Isabelle Huppert) flirte ouvertement avec d’autres hommes devant son mari (Jean-Louis Trintignant) qui reste stoïque, jusqu’au jour où …

Deville orchestre un savant jeu de chat et de la souris entre un mari et son épouse dans cette adaptation d’un roman de Patricia Highsmith.

Huppert rayonne, souvent vêtue de rouge, face à un Trintignant fabuleux de sang froid, sans oublier leur petite fille finalement beaucoup plus mature que sa mère.

Les dialogues sont subtils et la mise en scène de Deville très belle, marquée une nouvelle fois par de superbes (et audacieux) raccords.

Bref c’est du tout bon.

CAB

Les cowboys (2015) / Thomas Bidegain

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1992 : un père part à la recherche de sa fille qui a mystérieusement disparue, entrainant dans sa quête son fils.

Bidegain (scénariste attitré de Jacques Audiard) passe derrière la caméra avec ce film extrèmement ambitieux.

Relecture contemporaine de « La prisonnière du désert » (ici les indiens sont les musulmans), « les Cowboys » possède d’indéniables qualités formelles.

Dans son récit, Bidegain ose d’audacieuses ellipses et de surprenantes ruptures (donnant lieu à une séquence mémorable) qui enracinent son film dans tout un pan de l’histoire contemporaine.

Parfois bouleversant, « Les cowboys » brasse malheureusement un peu trop de thèmes pour séduire totalement.

Finnegan Oldfield est une véritable révélation et François Damiens prouve qu’il peut aussi être un remarquable acteur dramatique.

Une bonne surprise.

CAB

Péril en la demeure (1985) / Michel Deville

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Le professeur de guitare (Christophe Malavoy) de la fille des Tombsthay (Nicole Garcia et Michel Piccoli) se retrouve au centre d’un jeu de manipulations…

Deville s’empare d’un genre (le thriller) et se l’approprie totalement pour en faire un film ludique et sensuel à la mise en scène inspirée.

Jouant avec les raccords, Deville installe brillamment un climat d’angoisse et de suspicion joliment accompagné par les œuvres de Schubert et Granados.

Aux acteurs déjà cités, et parfaits, on ajoutera Anémone et Richard Bohringer tous les deux excellents et Anaïs Jeanneret aka Madame Bolloré.

Un vrai bon film d’auteur (dans le bon sens du terme).

CAB

Conspiration (2001) / Frank Pierson

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Reconstitution de la conférence de Wannsee où fut décidée la solution finale.

Pierson, scénarise de « Cool hand Luke » , « Cat Ballou » ou encore d’ « Un après-midi de chien » passait aussi derrière la caméra.

Une des réussites de ce téléfilm pour HBO, est son casting impeccable : Kenneth Branagh génial en Heydrich, Stanley Tucci parfait en Eichmann et Colin Firth en tête.

Forcément théâtral, puisque cette conférence est recrée en temps réel, le film n’en reste pas moins passionnant de bout en bout et surtout montre comment les hauts dignitaires nazis décidèrent du crime le plus abominable du 20ème siècle entre rires et petits fours.

CAB

Les chevaux de Dieu (2012) / Nabil Ayouch

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Le parcours de quatre amis, issus du bidonville de Sidi Moumen, à Casablanca, qui, adolescents, basculèrent dans le radicalisme puis le terrorisme jusqu’aux attentats de Casablanca en 2003.

Trois ans avant « Much loved » , Nabil Ayouch retraçait, sur 20 ans et par petites touches subtiles (la séquence du mariage, l’apparition des burka en arrière plan etc.), la montée de l’intégrisme et raccrochait les époques de son film aux grands évènements historiques (le 11 septembre, la mort de Hassan II etc.).

Placé sous le signe de l’amitié et de la fraternité, le film nous décrit de manière glaçante, et avec un certain lyrisme, le processus d’embrigadement de jeunes désœuvrés victimes de leur condition sociale.

Les acteurs sont tous excellents et participent beaucoup à l’attachement que l’on éprouve pour les personnages.

Les séquences finales sont très réussies.

Une bonne surprise.

CAB

Steve Jobs (2015) / Danny Boyle

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Trois moments clés dans la vie de Steve Jobs.

Le principal problème du film réside dans son écriture ultra théâtrale en trois actes qui donne l’impression d’assister toujours à la même chose. Dispositif qui d’ailleurs a ses limites puisqu’il y a aussi des flash-back et une voix off explicative.

Ce n’est pas le Jobs businessman qui semble intéresser les auteurs mais plutôt sa relation avec sa fille qui, d’ailleurs, fait beaucoup penser à l’excellent « Stratège » .

Mais surtout on se demande pourquoi tout le monde vient emmerder Jobs pile poil dans les minutes précédant des présentation hyper importantes pour la survie de ses diverses entreprises.

Trop mécanique, le film donne à voir de très beaux numéros d’acteurs (même Winslet joue bien) devant la caméra enfin sobre d’un Danny Boyle qui essaye de se prendre pour Fincher.

Bref c’est vraiment pas top et surtout terriblement chiant.

CAB

Uranus (1990) / Claude Berri

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A la fin de la seconde guerre mondiale, dans un petit village, communistes, résistants et collabos règlent leurs comptes.

Berri convoque le ban et l’arrière ban des acteurs français, Depardieu (dans un grand numéro de cabotinage), Noiret, Marielle, Michel Blanc, Galabru (qui prouve qu’il pouvait être excellent dans le registre dramatique), Gérard Desarthe (génial en collabo), Danièle Lebrun et même Luchini et Daniel Prévost dans cette chronique, sans concession, de l’après-guerre.

Berri renvoie tout le monde dos à dos (les communistes en prennent pour leur grade et le collaborateur est presque le personnage le moins antipathique du film) et pointe la lâcheté et l’hypocrisie de ses personnages.

C’est du bel ouvrage mais Berri n’est pas très inspiré en terme de mise en scène.

Pas si mal.

CAB

Que les gros salaires lèvent le doigt! (1982) / Denys Granier-Deferre

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Andre Joeuf (Jean Poiret, merveilleux), chef d’entreprise, invite ses employés à un weekend à la campagne dans sa maison. Lum (Daniel Auteuil) découvre qu’à la fin du séjour Joeuf doit licencier plusieurs de ses salariés.

D’un point de départ plutôt intéressant, Granier-Defferre ne fait malheureusement pas grand chose et le film se caractérise surtout par son dilettantisme et son scénario ultra bancal alors qu’il aurait pu être un terrible jeu de massacre.

On se contente simplement d’une belle galerie d’acteurs dont un Piccoli qui nous sert un numéro de haut vol totalement en roue libre et d’une dernière séquence qui montre ce que le film aurait du être.

Il y a quand même une réplique totalement culte : « Les femmes c’est comme les timbres, il a les neufs et les oblitérés ».

Dommage.

CAB

If…. (1968) / Lindsay Anderson

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Un groupe d’élève, dans un collège britannique, s’élève contre l’ordre établi.

Anderson transpose les révolutions de 68 dans le cadre d’une institution anglaise codifiée dont il fait une métaphore de la société britannique.

Ponctué de cartons annonçant ses chapitres successifs, « If… » , alterne noir et blanc et couleur, séquences oniriques et réalistes sans jamais perdre le spectateur.

Malcolm McDowell, dans son premier rôle pour le grand écran (sa précédente apparition dans un film de Ken Loach ayant été coupée), illumine le film de sa présence.

On citera la géniale (et douloureuse) séquence de la punition, acmé du film avant son « explosion » finale qui fait basculer le récit (dans tous les sens du terme…).

Remarquable.

CAB

Regarde les hommes tomber (1994) / Jacques Audiard

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Un policier ami d’un VRP (Jean Yanne) tombe dans le coma après une fusillade. Deux ans plus tôt, un escroc (Jean-Louis Trintignant) rencontre un jeune homme (Matthieu Kassovitz) qu’il prend sous son aile. Le VRP quitte tout pour retrouver celui qui a blessé son ami.

Audiard mène son magistral trio d’acteurs dans une ronde funeste et pose toutes les bases de ses futurs films.

Avec sa construction très ambitieuse, « Regarde les hommes tomber » possède une certaine ampleur que peu de films français ont, et même s’il ne réussit pas à convaincre totalement, on ne peut que saluer l’entreprise.

CAB

Dead Zone (1983) / David Cronenberg

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Plongé dans le coma après un accident, Christopher Walken découvre à son réveil qu’il possède la capacité de revivre le passé mais aussi dans l’avenir des gens qu’il touche.

Avec cette adaptation de Stephen King, Cronenberg réalise son film le plus mainstream tout en traitant ses obsessions.

Walken (excellent) revenu d’entre les morts doit faire face à ce qui pourrait être perçu comme un don mais qui va se révéler être une malédiction. D’ailleurs Cronenberg intègre Walken physiquement dans les visions qu’il a ce qui en fait, pour le personnage, une expérience à chaque fois traumatisante.

Et comme dans « The fly », il s’agit aussi ici d’une histoire d’amour tragique.

On regrettera néanmoins que le personnage de Martin Sheen soit beaucoup trop caricatural.

Vraiment bien.

CAB

Orange mécanique (1971) / Stanley Kubrick

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Dans le futur en Angleterre, Alex, un délinquant ultra violent (Malcolm McDowell) intègre en prison un programme expérimental censé éradiquer sa violence.

Kubrick adapte le roman éponyme de Anthony Burgess et signe une réjouissante satire sociale et politique qui est aussi un film sur la nature humaine.

Dans un univers futuriste et cohérent, Kubrick dénonce un état policier qui prive certains de ses citoyens de leur libre arbitre puis les reconditionne au gré des avantages qu’il peut en tirer.

Artistiquement superbe, « Orange mécanique » est un film dense, bourré d’idées et superbement mise en scène.

CAB

Sur mes lèvres (2001) / Jacques Audiard

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Carla, quasi sourde et solitaire travaille dans une agence immobilière. Un jour elle embauche Paul, un petit voyou sortant de prison…

Audiard signe une histoire d’amour sous couvert de thriller social.

C’est joliment emballé (malgré quelques afféteries de mise en scène), la rupture de ton entre les genres est très bien amenée même si parfois cela manque de finesse.

Le film souffre (un peu) de son ambition initiale qui était de lier tous les personnages de l’histoire et qui après de sévères coupes fait que le personnage du contrôleur judiciaire ne sert plus à grand chose.

Devos et Cassel sont prodigieux.

Dommage que la fin soit assez bâclée.

Pas mal quand même.

CAB

Le mors aux dents (1979) / Laurent Heynemann

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Jeux de pouvoirs et chantages autour d’une arnaque aux courses de chevaux.

Heynemann réunit la fine fleur des acteurs français (Galabru, Dutronc, Piccoli, Garcia, Blanche, Bertin etc.) dans ce film assez efficace autour d’une machination et de ses multiples implications.

Le film renvoie aux nombreux scandales politiques qui ont émaillé les années 70 lorsque la classe politique était encore truffée d’ancien collabos.

Pas mal, même si la réalisation est assez neutre.

CAB

De battre mon coeur s’est arrêté (2004) / Jacques Audiard

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Un petit escroc (Romain Duris) balance entre sa vie actuelle (héritée de son père) ou une carrière de pianiste comme sa défunte mère.

Jouant sur les genres (drame et thriller), Audiard ne choisit pas vraiment et signe un film bancal assez peu passionnant dont le final frôle le grotesque.

Bof.

CAB

Music Box (1989) / Costa Gavras

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Le père d’une avocate (Jessica Lange remarquable) est accusé de crimes contre l’humanité. Sa fille décide de le défendre envers et contre tout.

Le tandem Eszterhas/ Costa Gavras avait tout de la mauvaise idée et pourtant c’est probablement le meilleur scénario de l’auteur de « Basic Instinct » .

S’inscrivant totalement dans la lignée des films politiques de Gavras, « Music Box » est un très bon cru à la mise en scène aussi épurée qu’efficace.

En bonus Philippe Sarde signe une très belle partition aux accents hongrois.

Excellent.

CAB

Missing – Porté disparu (1982) / Costa-Gavras

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Durant le coup d’état des militaires au Chili en 1973, un écrivain américain disparaît. Sa femme et son père partent à sa recherche.

Costa-Gavras entremêle la petite et la grande histoire dans ce film qui n’est pas que politique.

Tout en dénonçant le rôle des États-Unis dans le coup d’état Chilien, le réalisateur s’intéresse aussi, et surtout, à la relation naissante entre le père (magnifique Jack Lemmon) et la femme (Sissy Spacek) du disparu que tout oppose.

Superbe.

CAB

Incendies (2010) / Denis Villeneuve

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A la lecture du testament de leur mère, deux jumeaux se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à leur père qu’ils croyaient mort et l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence.

Villeneuve pour son premier gros film adapte la célèbre pièce de Mouawad. Il faut reconnaître que l’histoire est une métaphore, à la symbolique très lourde sur le conflit Libanais.

Pourtant, grâce à sa mise en scène, le réalisateur parvient à nous captiver tout au long de cette odyssée dans la mémoire d’un pays et d’une famille.

Les acteurs sont tous épatants.

Éprouvant et glaçant.

CAB

Le syndrome chinois (1979) / James Bridges

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Une reporter est le témoin de ce qui semble être un grave incident dans une centrale nucléaire.

Bridges s’inscrit dans la veine des films de complot des années 70 et y injecte une dose de film catastrophe.

Un superbe Jack Lemmon y donne la réplique à une Jane Fonda parfaite.

Un film engagé et maîtrisé de bout en bout.

CAB

Un Français (2015) / Diastème

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L’itinéraire d’un skinhead des années 80 à nos jours.

Ce qui frappe de prime abord c’est l’interprétation magistrale d’Alban Lenoir dans le rôle titre (le reste du casting oscille entre le correct et le très mauvais).

Pour son premier long métrage, Diastème se montre très (trop ?) ambitieux.

Beaucoup trop répétitif, son film se limite trop à une succession de plans séquences (plutôt bien foutus d’ailleurs) menant à la rédemption de son « héros ».

On peut néanmoins saluer son ambition formelle assez rare dans le cinéma français contemporain malgré un discours politique un peu simpliste.

Pas mal malgré tout.

CAB

Polytechnique (2009) / Denis Villeneuve

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Récit du massacre de l’école Polytechnique de Montréal en 1989.

Dans un magnifique scope en noir et blanc, Villeneuve déconstruit habilement son récit et nous entraine dans les pas de son tueur et de ses victimes en faisant, déjà, preuve d’une sacrée maîtrise.

Les trois acteurs principaux sont remarquables.

Glaçant.

CAB

Under Fire (1983) / Roger Spottiswoode

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Trois journalistes américains (Gene Hackman, Nick Nolte et Joanna Cassidy) couvrant la révolution au Nicaragua se retrouvent impliqués dans les évènements.

Dans les années 80, pris dans la tourmente d’un conflit qui n’est pas le sien, le journaliste idéaliste doit prendre position et franchir la ligne pour faire triompher la vérité; mais à quel prix ?

Spottiswoode filme brillamment le périple de ses personnages sans oublier de donner aussi chair à un touchant triangle amoureux.

Les trois interprètes principaux sont parfaits tout comme l’excellent Ed Harris dans un rôle de mercenaire cynique et Jean-Louis Trintignant en espion mondain.

Pour couronner le tout la musique de Jerry Goldsmith est un classique et John Alcott signe une très belle photographie.

Top.

CAB

Mr. Klein (1976) / Joseph Losey

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1942 en France, Robert Klein (Alain Delon) profite de l’occupation pour acheter des tableaux aux juifs voulant fuir la France. Un jour il se rend compte qu’on l’a abonné aux actualités juives et que quelqu’un se fait passer pour lui …

Pris dans une spirale sans fin, Monsieur Klein ira jusqu’au bout pour connaître la vérité.

Losey signe un remarquable film kafkaïen sur l’identité dont la grande idée de mise en scène est de montrer les préparatifs de la rafle du vel d’hiv en parallèle, raccrochant ainsi le parcours de son anti héros au destin collectif des juifs de France.

Gerry Fisher y signe une de ses plus belle photo.

Superbe.

CAB

Le dossier 51 (1978) / Michel Deville

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Des services secrets mettent sous surveillance un diplomate français afin de trouver une faille et de le faire chanter. C’est le dossier 51.

Deville utilise un dispositif original pour ce film uniquement composé d’images de surveillance (photos, vidéos, entretiens filmés ou caméra subjective).

Et si c’était un des premier « found footage » ?

Sans jamais être répétitif, le procédé est en totale adéquation avec son sujet et devient glaçant au fur et à mesure de l’avancée du récit.

Par ce biais, Deville nous fait pénétrer dans les recoins les plus intimes de la vie de son personnage et procède à une véritable mise à nu.

Le metteur en scène se permet même de jouer avec le spectateur (la séquence des X très drôle).

Une réussite

CAB

Rage (1972) / George C. Scott

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L’armée américaine répand accidentellement un gaz chimique sur un paisible fermier (George C. Scott) et son fils. Les autorités font tout pour étouffer le scandale.

L’inoubliable « Patton » passe derrière la caméra, pour la première fois, et s’entoure d’une équipe tip top : Koenekamp à l’image, Schifrin à la musique et Kahn au montage.

Débutant comme un pur drame, mâtiné de film de complot, « Rage » bascule ensuite brutalement dans le revenge movie.

Mis en scène de manière assez étrange : des raccords hyper audacieux, des ralentis arrivant sans que le spectateur s’y attende ou encore des zooms souvent malheureux, le film est un OVNI assez attachant et éprouvant.

Une curiosité, typique des 70’s dans sa forme et son fond.

CAB

Citizen Kane (1941) / Orson Welles

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A la mort du magnat de la presse Charles Foster Kane, un journaliste enquête sur sa vie et sur la signification de « rosebud » qui fut son dernier mot sur son lit de mort.

Sous la forme d’une enquête, Welles signe un vrai faux biopic mais surtout invente toute une nouvelle grammaire cinématographique.

Prodigieusement novateur, le film n’en est pas moins passionnant et même déchirant dans ses derniers instants.

Très, très grand.

CAB

Apocalypse Now (1979) / Francis Ford Coppola

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Pendant la guerre du Vietnam, le capitaine Willard (Martin Sheen, habité par son rôle), se voit confier la mission d’assassiner le Colonel Kurtz (Brando, prodigieux) militaire régnant sur une tribu de guerriers indigènes.

D’une inventivité visuelle folle, le film de Coppola est une plongée aux cœurs des ténèbres, une odyssée métaphorique au plus profond de l’âme humaine.

Coppola transcende ici le film de guerre et signe un pur chef d’œuvre.

Démentiel.

CAB

La guerre selon Charlie Wilson (2007) / Mike Nichols

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Charlie Wilson (Tom Hanks impeccable), membre du congrès américain, fait voter des fonds secrets pour aider les moudjahidines afghans contre les envahisseurs soviétiques.

Cette comédie dramatique, politique et réjouissante de l’excellent Nichols est portée par le script très malin de Sorkin.

Tom Hanks, Julia Roberts, Philip Seymour Hoffman, Ned Beatty et Amy Adams y sont excellents.

De la belle ouvrage qui nous éclaire sur le monde actuel.

Et ce carton de fin ….

Vraiment sympathique et drôle.

CAB

Macadam cowboy (1969) / John Schlesinger

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Persuadé de faire fortune à New York, en tant que prostitué pour de riches femmes, un texan (Jon Voight génial) va rapidement perdre ses illusions.

Dans les années 70, il n’y a plus de rêve américain et, même si en route on trouve un ami, les espoirs se fracassent sur le mur d’une nouvelle ère. C’est le constat que font les réalisateurs du Nouvel Hollywood auquel se joint le britannique Schlesinger.

Dustin Hoffman et Jon Voight forment un superbe duo, Schelsinger signe une très belle mise en scène et de magnifiques flashbacks et puis il y a aussi la géniale chanson de Harry Nilsson.

Un très grand film.

CAB

L’homme qui voulait savoir (1988) / George Sluizer

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Trois ans après la disparition de sa femme, sur une aire d’autoroute, une homme cherche à savoir ce qui s’est passé.

Jusqu’où un homme peut-il aller pour connaître la vérité ? Tel est le postulat du film de Sluizer.

Grâce à une déconstruction habile du récit mélangeant les temporalités, et sans jamais perde le spectateur, le réalisateur nous entraîne dans la quête éperdue de son héros.

Bernard-Pierre Donnadieu y est fabuleux dans un rôle glaçant.

Une très bonne surprise.

CAB

Dheepan (2015) / Jacques Audiard

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Dheepan, ancien combattant des tigres tamouls, accompagné d’une femme et d’une enfant qu’il fait passer pour sa famille, quitte le Sri Lanka pour la France après avoir tout perdu.

Après l’affreux « De rouille et d’os » Audiard revient avec ce film, palmé à Cannes, qui est un très bonne surprise.

Débarrassé de la plupart de ses oripeaux visuels, Audiard suit le parcours de ses personnages passant d’un enfer à l’autre tout en tentant de recréer une cellule familiale basée sur un mensonge.

La France terre d’asile et d’espoir n’est qu’une nouvelle zone de guerre avec ses cités désincarnées livrées aux mains des dealers et où tout le monde baisse les bras.

Ancrée dans une réalité que beaucoup ne veulent pas voir, Dheepan dépasse largement son statut de vigilante movie à la française pour devenir une œuvre singulière dans le paysage cinématographique français.

Les trois acteurs principaux sont formidables et font presque passer le reste du casting pour des amateurs.

On regrettera juste la sur-stylisation de la séquence d’action finale qui commençait pourtant de manière remarquable.

L’épilogue , rejetée par beaucoup, n’est que la suite logique du propos du film.

Une réussite.

CAB

Fame (1980) / Alan Parker

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La vie de plusieurs étudiants durant leur cursus à la High School of Performing Arts de New York.

En 2h10, Parker réussit la gageure de condenser quatre années de formation (et de vie) de ses personnages.

Mais contrairement à ce que son titre pourrait le laisser croire, la route vers la gloire de ces apprentis acteur / danseurs / musiciens est très loin d’être joyeuse.

Sous ses couverts de comédie musicale, Parker signe un film dramatique qui n’épargne aucun de ses personnages et révèle leurs failles les plus intimes.

Remarquable.

CAB

La vie de David Gale (2003) / Alan Parker

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David Gale (Kevin Spacey) fervent opposant à la peine de mort se retrouve dans le couloir de la mort accusé du meurtre et du viol de sa meilleure amie elle aussi activiste.

Dernier film de Parker, ce thriller à twists, (un peu) engagé est totalement abracadabrantesque.

On ne retrouve pas la patte du réalisateur dans cette improbable histoire chaussant d’énormes sabots. Le gros problème étant que la révélation finale est totalement artificielle voire grotesque et ne colle jamais avec le personnage principal.

Sinon c’est bien foutu et Kate Winslet est pour une fois supportable.

CAB

Les Commitments (1991) / Alan Parker

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Ou comment monter un groupe de soul music à Dublin.

Après un passage réussi à Hollywood, Parker revenait en Europe (en Irlande ici) avec ce « petit » film interprété par des acteurs non-professionnels tous bluffants.

Sans jamais oublier son contexte social, Parker signe une comédie douce amère dont les séquences musicales sont réjouissantes (« destination anywhere » donne toujours des frissons).

Parker s’amuse beaucoup à se citer ( « Fame » et « Mississipi burning » ) et s’offre même un petit cameo.

La conclusion du film est un très joli moment.

CAB

Birdy (1984) / Alan Parker

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Deux amis (Matthew Modine et Nicolas Cage) reviennent du Vietnam traumatisés, l’un physiquement, l’autre psychologiquement.

Ce très beau film, du trop sous estimé Parker, est une superbe ode à l’amitié et au merveilleux.

On retiendra, entre autre, les séquences filmés à la skycam (du point de vue d’un oiseau) qui sont de purs moments de poésie visuelle, l’alchimie entre les deux principaux interprètes et cette dernière réplique d’anthologie.

Très beau.

CAB

Requiem pour un massacre (1985) / Elem Klimov

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1943 en Biélorussie, un adolescent rejoint la résistance soviétique découvre les horreurs de la guerre et devient un homme.

Ce dernier film de Klimov est un choc. A coup de longs plans séquences à la steadycam, le réalisateur nous invite à suivre le parcours initiatique de son jeune héros.

A mi-chemin entre Malick (on a rarement vu un aussi beau arc en ciel au cinéma) et le Tarkovski de « L’enfance d’Ivan » , le réalisateur navigue entre onirisme et réalisme avec maestria et oppose ses biélorusses vivant en osmose avec la nature aux nazis « machines ».

Le célèbre dernier tiers du film est un immense moment de cinéma tout comme l’interminable traversée des marais, la découverte du charnier ou encore la géniale séquence finale.

Un film grandiose et essentiel découvert grâce à Starfix.

CAB

L’ordre et la morale (2011) / Mathieu Kassovitz

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La prise d’otages d’Ouvéa du point de vu du commandant du GIGN Philippe Legorjus (interprété par Kassovitz himself).

Au delà du personnage qu’est devenu Kassovitz, il faut reconnaître, qu’outre être un excellent acteur, il peut être un sacré metteur en scène.

Malgré une bonne grosse dose de manichéisme, une certaine lourdeur et des moyens financiers limités, Kassovitz arrive à donner une certaine ampleur à son film et signe quelques séquences impressionnantes (l’attaque de la gendarmerie, l’assaut final …).

Historiquement contestable (Legorjus ayant changé plusieurs fois de versions) « l’Ordre et la Morale » n’en reste pas moins un bon film (français).

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Les fantômes du chapelier (1982) / Claude Chabrol

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Le tailleur (Charles Aznavour), soupçonne le chapelier (Michel Serrault) d’être l’étrangleur qui sévit dans sa ville.

Hitchockien en diable ce film de Chabrol vaut beaucoup pour la performance de haut vol de Michel Serrault qui, parfois, tutoie le cabotinage..

Grâce à son élégante mise en scène le réalisateur oppose, dans un jeu du chat et de la souris, les univers de ses deux principaux protagonistes .

Une réussite.

CAB

Jamie Marks Is Dead (2014) / Carter Smith

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Jamie Marks est retrouvé mort près d’une rivière. Adam et Gracie, deux élèves de son école, obsédés par cet évènement, voient apparaître son fantôme …

Après l’excellent « The Ruins » , le prometteur Carter Smith signe cet étrange film sur l’adolescence et l’éveil à l’âge adulte.

Malheureusement, malgré de vraies qualités de mise en scène, le film devient totalement abscons faute d’un scénario qui tienne la route et finit par ressembler à du Lynch (ceci n’est pas un compliment).

Raté.

CAB