Hôtel Terminus: Klaus Barbie, sa vie et son temps (1988) / Marcel Ophüls

Ophüls retrace, dans son style inimitable, et sur 4h27, la vie de Klaus Barbie jusqu’à son procès en 1987.

Avec sa mine facétieuse et ses questions toujours pertinentes, le réalisateur se promène dans son film, et aux quatre coins du monde, et livre une oeuvre somme sur la résistance, la collaboration, les pays d’Amérique Latine où se sont réfugiés les bourreaux avec le concours des services secrets américains.

Non dénué d’humour, « Hôtel Terminus » est aussi un film touchant où l’on croise Bertrand Tavernier et son résistant de père et où a lieu la rencontre au sommet entre Lanzmann et Ophüls.

Comme toujours avec Ophüls, le choix de la musique (ici une comptine allemande qui ponctue le film) est remarquable.

Génial.

CAB

Casque d’or (1952) / Jacques Becker

Manda (Serge Reggiani), un ancien voyou, tombe fou amoureux de Marie (Simone Signoret) dans une guinguette. Mais son souteneur (Raymond Bussières) et un chef du gang (Claude Dauphin) ne l’entendent pas de cette oreille.

Véritable descente aux enfers d’un homme qui était sur la voie de la rédemption, « Casque d’or » est aussi, et surtout, une histoire d’amour tragique et bouleversante.

Becker y signe une valse de cinéma ensorcelante qui est une petit bijou de mise en scène, comme l’est aussi son terrible final.

Superbe.

CAB

La règle du jeu (1939) / Jean Renoir

A l’orée de la seconde guerre mondiale, un groupe d’aristocrate se rend en Sologne pour une partie de campagne entre chasse et marivaudages.

Renoir (qui se distribue d’ailleurs un rôle de deus ex machina) signe un film somme où les bourgeois sont aussi statiques que les automates du Marquis de la Chesnaye, où une simple partie de chasse se transforme en véritable massacre grâce au génie de la mise en scène, un film où la profondeur de champ est superbement utilisée.

Cette fausse comédie de mœurs est placée sous le signe des doubles et oppose, à l’immobilisme des aristocrates, la vitalité des domestiques.

Annonciateur de la disparition du vieux monde (le dernier plan où les bourgeois ne sont plus que des ombres) « La règle du jeu » est une pure merveille.

CAB

Les Gens de Dublin (1987) / John Huston

Deux sœurs reçoivent famille et amis le soir de l’épiphanie.

John Huston adapte James Joyce pour ce qui fut son dernier film, avec son fils Tony au scénario et sa fille Angelica dans le rôle principal.

Merveilleusement mis en scène, par un Huston très malade et en fauteuil roulant, « The dead » est un monument d’émotion et de subtilité, entre rires et larmes, qui atteint son acmé lors d’un monologue de fin qui touche au sublime.

Une pépite.

CAB

Le fils de Saul (2015) / László Nemes

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Saul (magnifique Géza Röhrig), Sonderkommando à Auschwitz, décide de donner une sépulture à un enfant mort dans les chambres à gaz…

Nemes, s’appuyant sur un incroyable travail de documentation, plonge son spectateur dans l’enfer des camps de concentration sans jamais céder au voyeurisme ou à la complaisance.

La prouesse du film réside dans son dispositif de mise en scène totalement justifié et maîtrisé (de longs plans séquences). Son cadre carré nous met à la place de ce que voit, ou plutôt refuse de voir, Saul qui pour survivre dans cet enfer doit faire abstraction de ce qui l’entoure et se donner un but à atteindre / une raison de (sur)vivre.

Saul est dépeint comme un ouvrier d’une machine de mort, immense usine de la destruction à la mécanique implacable, un être déshumanisé qui ne peut plus rien ressentir.

Le travail sur la bande son est stupéfiant.

On a rarement vu un premier film aussi impressionnant.

CAB

Z (1969) / Costa-Gavras

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Dans un pays fictif, dirigé par les militaires, un homme politique en exil (Yves Montand) revient pour participer à un rassemblement contre le nucléaire.

Première collaboration entre Costa Gavras et Jorge Semprun, « Z » est un coup de maître.

Sous couvert d’un thriller, les auteurs signent un grand film politique formellement très réussi (toute la chorégraphie lors du meeting, la gestion de l’espace et du temps, les flash-back…)

Excellent.

CAB

Terreur aveugle (1971) / Richard Fleischer

Une jeune femme, devenue aveugle après un accident de cheval, est traquée par un tueur.

Avec un sens incroyable des détails, Fleischer signe un petit bijou de tension et de mise en scène et prouve encore une fois qu’il est un véritable auteur.

Génial.

CAB

Alien – Le 8ème passager (1979) (theatrical cut) / Ridley Scott

L’équipage d’un vaisseau cargo, transportant du minerai, doit affronter une créature redoutable.

Quand j’étais (très) jeune, Ridley Scott savait faire de sacré putain de bons films comme « Blade Runner » et cette petite merveille qu’est « Alien ».

Avec ses élégants travellings dans ses couloirs déserts, sa créature que l’on devine bien plus qu’on ne la voit, son casting impeccable, sa musique de maestro Jerry Goldsmith, sa maman … « Alien » transcende son genre et devient un classique instantané.

Génial.

CAB

La 25ème heure (2002) / Spike Lee

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Les 24 dernières heures d’un homme (Edward Norton) avant son incarcération pour une peine de 7 ans de prison.

Placé sous le signe, omniprésent, du 11 Septembre, le film de Lee brosse le portrait d’une Amérique malade et d’un New York d’une infinie tristesse.

Norton y campe un magnifique personnage poignant et Lee, inspiré comme rarement, signe son meilleur film et par la même occasion au moins deux séquences d’anthologie (la mythique scène du « fuck you » et les dernières minutes du film totalement bouleversantes).

Superbe.

CAB

The Blade (1995) / Tsui Hark

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Amputé d’un bras, un forgeron cherche à se venger de l’assassin de son père.

Considéré comme la quintessence du cinéma de Tsui Hark et comme une relecture totale du wu xia pan (film de sabre chinois) « The Blade » est un émerveillement à chaque nouvelle vision.

Réinventant le genre, Hark entraîne sa caméra au cœur même de ses incroyables combats faisant fi des lois de la gravité.

Un film unique.

CAB

Le meilleur (1984) / Barry Levinson

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Un joueur de Baseball au talent incroyable (Robert Redford) tente un come-back après avoir interrompu une carrière qui s’annonçait exceptionnelle.

Levinson convoque les mythologies et réalise son meilleur film en adaptant le roman de Bernard Malamud, habile transposition de la légende de Perceval le Gallois et de l’Odyssée d’Homère dans le monde du Baseball et donc dans l’Americana (la batte de Baseball figurant Excalibur, l’équipe qui s’appelle Knights, Glenn Close en Pénélope etc …) .

Caleb Deschanel signe une photo de toute beauté et Randy Newman une de ses plus belle partition.

La distribution (Glenn Close, Robert Duvall, Kim Basinger, Barbara Hershey, Wilford Brimley …) est au diapason d’un Redford parfait (même s’il est beaucoup trop vieux pour les scènes de sa jeunesse).

Un très beau film.

CAB.

Fanny et Alexandre (1982) (version télévision) / Ingmar Bergman

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En 5h12, Bergman convoque les fantômes de son enfance dans ce film qui se voulait être son testament.

S’ouvrant sur un prologue ludique qui foisonne d’allusions à son oeuvre (notamment « Le Septième sceau » ou « Les Fraises sauvages » ), « Fanny et Alexandre » nous invite littéralement à partager la vie (et la table) de la famille Ekdhal.

Somptueux de bout en bout, le film enchaîne les séquences brillantes et défend le pouvoir de l’imaginaire face à la mort dans un vrai chant d’amour aux saltimbanques (ici les acteurs de théâtre).

Pour cette oeuvre somme, Bergman fait revenir ses acteurs fétiches (Erland Josephson, Gunnar Björnstrand, Harriet Andersson ou encore Jan Malmsjö, terrifiant dans le rôle de l’évêque).

Bergman signe une mise en scène discrète mais constamment inventive (les cris de la mère, l’absence de couleurs chez l’évêque, son personnel traité comme des morts vivants, la punition d’Alexandre ou encore le montage parallèle de la dernière partie conférant au film un rythme de quasi thriller …) et convoque avec brio le fantastique (la caverne d’Ali baba d’oncle Isak ou les bouleversantes apparitions du père).

Une merveille absolue et un film très cher à mon cœur que ma mère m’avait fait regarder quand il fut diffusé sur FR3 dans les années 80.

CAB

Cris et chuchotements (1972) / Ingmar Bergman

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Une femme se meurt d’un cancer. Ses deux sœurs et sa fidèle servante l’accompagnent dans son agonie.

Baignant dans un rouge profond (représentant l’âme pour Bergman) et hanté par la mort, « Cris et chuchotements » est une expérience formelle assez éblouissante.

D’une incroyable splendeur visuelle, le film plonge au plus profond de l’inconscient des ses quatre personnages en relatant, pour chacun d’entre eux, des fragments de leur passé.

Toutes ces pièces d’un puzzle mental et temporel forment, in fine, le portrait d’une famille où l’amour, sous toutes ses formes, est absent.

Pour parachever le tout il y a une des plus belle pietà du cinéma.

Exigeant, dense et magnifique.

CAB

Les fraises sauvages (1957) / Ingmar Bergman

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Un médecin au crépuscule de sa vie va recevoir une prestigieuse récompense; mais, après un rêve étrange, il se rend compte qu’il est peut être passé à côté de sa vie.

Par petites touches, Bergman nous entraîne dans le passé de son héros nous faisant comprendre subtilement son cheminement et les raisons qui l’ont mené à son isolement.

Loin d’être une figure antipathique, le personnage de docteur misanthrope, magnifiquement interprété par Victor Sjöström, devient au fur et à mesure de son périple un être d’abord touchant puis franchement bouleversant.

Au terme de son voyage, ayant fait la paix avec ses proches et lui même, le vieil homme pourra affronter la mort dans une dernière séquence déchirante.

Un très beau film.

CAB

Persona (1966) / Ingmar Bergman

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Une jeune infirmière (Bibi Andersson) a pour patiente un actrice (Liv Ullmann) qui refuse de parler. Elles partent s’isoler sur l’île de Fårö.

Film sur la folie, film expérimental, film sur le vampirisme, film d’amour aussi, « Persona » est une oeuvre somme à l’intrigante et passionnante complexité.

Bergman et son chef opérateur Sven Nykvist créent une somptueuse grammaire cinématographique grâce à des cadres et des éclairages plus beaux les uns que les autres.

Et que dire du superbe duo d’actrices qui irradie l’écran de leur présence et de leur beauté.

Une pure merveille.

CAB

Boris Godounov (1989) / Andrzej Zulawski

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1874 : Modeste Moussorgski assiste, à Saint-Pétersbourg, à la première de son opéra Boris Godounov qui retrace le règne et la chute du tsar (Ruggero Raimondi fabuleux) rongé par la culpabilité.

Il fut un temps où les films d’opéra, produits par Daniel Toscan du Plantier, étaient très en vogue.

A l’origine, « Boris » devait être réalisé par Andreï Tarkovski, qui décéda en cours de production. Toscan proposa ensuite le film a Andrzej Wajda qui, n’ayant pas du tout l’oreille musicale, fut remplacé par Zulawski.

L’âme slave du réalisateur se fond parfaitement dans l’opéra de Moussorgski.

Beaucoup moins hystérique que la plupart de ses films, le Boris de Zulawski bénéficie d’une somptueuse direction artistique (notamment les décors splendides et les costumes qui ont visiblement beaucoup inspiré le « Dracula » de Coppola).

Zulawski s’amuse en faisant apparaître parfois dans le champ des projecteurs ou l’équipe technique sans que cela ne vienne perturber le récit.

Il se permet même quelques anachronismes (les soldats soviétiques armés) au service de sa parabole sur le totalitarisme.

Jouant avec l’espace (la scène de l’opéra, les extérieurs et le plateau de cinéma) dans de superbes mouvements d’appareil, Zulawski signe ce qui est probablement son meilleur film et qui reste tout aussi fort que lorsque que je l’ai vu, il y a 27 ans (sic), dans une salle de cinéma …

CAB

Sicario (2015) / Denis Villeneuve

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Une agent du FBI (Emily Blunt) est détachée dans une unité spéciale pour lutter contre les narcos à la frontière des États-Unis et du Mexique.

Villeneuve confirme tout le bien que l’on pensait de lui après l’excellent « Prisoners » .

Au delà de ses trois géniales séquences phares (l’ouverture du film, la frontière et le tunnel), Villeneuve livre une trés grande leçon de mise en scène renvoyant dos à dos les trafiquants et les forces de l’ordre.

La photo de Deakins est d’une beauté époustouflante et Benicio Del Toro n’a pas été aussi bon depuis très longtemps.

Toujours aussi puissant à la deuxième vision.

CAB

If…. (1968) / Lindsay Anderson

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Un groupe d’élève, dans un collège britannique, s’élève contre l’ordre établi.

Anderson transpose les révolutions de 68 dans le cadre d’une institution anglaise codifiée dont il fait une métaphore de la société britannique.

Ponctué de cartons annonçant ses chapitres successifs, « If… » , alterne noir et blanc et couleur, séquences oniriques et réalistes sans jamais perdre le spectateur.

Malcolm McDowell, dans son premier rôle pour le grand écran (sa précédente apparition dans un film de Ken Loach ayant été coupée), illumine le film de sa présence.

On citera la géniale (et douloureuse) séquence de la punition, acmé du film avant son « explosion » finale qui fait basculer le récit (dans tous les sens du terme…).

Remarquable.

CAB

Aux cœurs des ténèbres – l’apocalypse d’un metteur en scène (1991) / Fax Bahr & George Hickenlooper

Un documentaire génial sur le tournage d’ « Apocalypse Now » grâce aux images tournées par Eleanor Coppola elle-même.

Comme le résume Francis Ford Coppola lui-même : «Nous étions trop nombreux, nous avions trop d’argent, trop de matériel et petit à petit, nous sommes devenus fous ».

Bahr et Hickenlooper nous plonge dans la folie de ce tournage monumental entre un Dennis Hopper complètement stone, un typhon qui détruit les décors, un Brando passant une semaine à se faire expliquer son personnage par Coppola avant de tourner la moindre scène ou encore Martin Sheen ayant une crise cardiaque sur le plateau …

En filigrane, les réalisateurs montrent qu’au milieu de cet immense bordel, Eleanor Coppola reste stoïque et en ressort comme étant le personnage le plus fort.

Remarquable.

CAB

Star wars: Episode III – La revanche des sith (2005) / George Lucas

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Troisième opus de la saga de Lucas ou comment Anakin devient Darth Vader.

Dès la grandiose bataille spatiale qui ouvre le film on se dit que Lucas a tout bon.

D’une noirceur surprenante, ce grand drame shakespearien est un régal du début à la fin.

Le voyage d’Anakin vers le côté obscur de la force devient un itinéraire poignant qui culmine dans les dernières séquences.

Lucas, en état de grâce, signe une succession de scènes impressionnantes dont le summum est atteint dans la magnifique séquence de l’ordre 66, très grand moment de cinéma, ou encore dans le duel hautement symbolique dans l’enceinte du sénat.

Une grande réussite qui gomme les quelques imperfections (mineures) des épisodes précédents et qui conclu en beauté une prélogie mal aimée (à tort).

CAB

Star wars: Episode II – L’attaque des clones (2002) / George Lucas

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Anakin a grandi et n’est pas du tout un adolescent calme.

Lucas signe l’épisode le plus romanesque de la saga et ça fonctionne plutôt bien. Il enchaine les morceaux de bravoure (l’usine des clones, la bataille dans l’arène, le duel avec Yoda, les charges sismiques …) et le spectateur assiste impuissant à la chute inexorable de la République et en parallèle au voyage vers le côté obscur d’Anakin. L’inversion des valeurs des épisodes IV, V et VI est très bien traitée (les stormtroopers sont les gentils).

Après avoir fait jouer Peter Cushing dans « La guerre des étoiles » Lucas offre un rôle à son comparse Christopher Lee, nouvelle preuve de sa cinéphilie.

Visuellement somptueux (le look rétro des vaisseaux est particulièrement réussi), le final du film reste un très grand moment de cinéma accompagnée par la géniale marche impériale d’un Williams beaucoup plus inspiré que dans l’épisode VII.

Jubilatoire.

CAB

Vidéodrome (1983) / David Cronenberg

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Max Renn (James Woods), programmateur d’une chaine de télévision, voit sa vie bouleversée après avoir visionné un programme ultra violent nommé Videodrome.

Après son excellent « Scanners » , Cronenberg poursuite l’exploration de ses thèmes de prédilection et signe un de ses meilleurs films.

Réflexion sur la violence et le pouvoir des images, « Videodrome » est aussi un thriller haletant et un film fantastique à l’élégante mise en scène.

Rick Baker nous gratifie de superbes effets spéciaux mécaniques toujours aussi impressionnants (à part le bras de Woods dans la fameuse séquence du « magnétoscope humain »).

Bref c’est excellent et en plus il y a Debbie Harry qui prouve qu’elle peut aussi être une excellente actrice.

« Death to Videodrome, long lives the new flesh ».

CAB

Missing – Porté disparu (1982) / Costa-Gavras

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Durant le coup d’état des militaires au Chili en 1973, un écrivain américain disparaît. Sa femme et son père partent à sa recherche.

Costa-Gavras entremêle la petite et la grande histoire dans ce film qui n’est pas que politique.

Tout en dénonçant le rôle des États-Unis dans le coup d’état Chilien, le réalisateur s’intéresse aussi, et surtout, à la relation naissante entre le père (magnifique Jack Lemmon) et la femme (Sissy Spacek) du disparu que tout oppose.

Superbe.

CAB

Under Fire (1983) / Roger Spottiswoode

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Trois journalistes américains (Gene Hackman, Nick Nolte et Joanna Cassidy) couvrant la révolution au Nicaragua se retrouvent impliqués dans les évènements.

Dans les années 80, pris dans la tourmente d’un conflit qui n’est pas le sien, le journaliste idéaliste doit prendre position et franchir la ligne pour faire triompher la vérité; mais à quel prix ?

Spottiswoode filme brillamment le périple de ses personnages sans oublier de donner aussi chair à un touchant triangle amoureux.

Les trois interprètes principaux sont parfaits tout comme l’excellent Ed Harris dans un rôle de mercenaire cynique et Jean-Louis Trintignant en espion mondain.

Pour couronner le tout la musique de Jerry Goldsmith est un classique et John Alcott signe une très belle photographie.

Top.

CAB

Mr. Klein (1976) / Joseph Losey

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1942 en France, Robert Klein (Alain Delon) profite de l’occupation pour acheter des tableaux aux juifs voulant fuir la France. Un jour il se rend compte qu’on l’a abonné aux actualités juives et que quelqu’un se fait passer pour lui …

Pris dans une spirale sans fin, Monsieur Klein ira jusqu’au bout pour connaître la vérité.

Losey signe un remarquable film kafkaïen sur l’identité dont la grande idée de mise en scène est de montrer les préparatifs de la rafle du vel d’hiv en parallèle, raccrochant ainsi le parcours de son anti héros au destin collectif des juifs de France.

Gerry Fisher y signe une de ses plus belle photo.

Superbe.

CAB

Citizen Kane (1941) / Orson Welles

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A la mort du magnat de la presse Charles Foster Kane, un journaliste enquête sur sa vie et sur la signification de « rosebud » qui fut son dernier mot sur son lit de mort.

Sous la forme d’une enquête, Welles signe un vrai faux biopic mais surtout invente toute une nouvelle grammaire cinématographique.

Prodigieusement novateur, le film n’en est pas moins passionnant et même déchirant dans ses derniers instants.

Très, très grand.

CAB

Apocalypse Now (1979) / Francis Ford Coppola

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Pendant la guerre du Vietnam, le capitaine Willard (Martin Sheen, habité par son rôle), se voit confier la mission d’assassiner le Colonel Kurtz (Brando, prodigieux) militaire régnant sur une tribu de guerriers indigènes.

D’une inventivité visuelle folle, le film de Coppola est une plongée aux cœurs des ténèbres, une odyssée métaphorique au plus profond de l’âme humaine.

Coppola transcende ici le film de guerre et signe un pur chef d’œuvre.

Démentiel.

CAB

Macadam cowboy (1969) / John Schlesinger

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Persuadé de faire fortune à New York, en tant que prostitué pour de riches femmes, un texan (Jon Voight génial) va rapidement perdre ses illusions.

Dans les années 70, il n’y a plus de rêve américain et, même si en route on trouve un ami, les espoirs se fracassent sur le mur d’une nouvelle ère. C’est le constat que font les réalisateurs du Nouvel Hollywood auquel se joint le britannique Schlesinger.

Dustin Hoffman et Jon Voight forment un superbe duo, Schelsinger signe une très belle mise en scène et de magnifiques flashbacks et puis il y a aussi la géniale chanson de Harry Nilsson.

Un très grand film.

CAB

Terreur sur le Britannic (1974) / Richard Lester

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Le Britannic, un cargo luxueux, et ses 1 200 passages, en route pour les États-Unis, embarque des explosifs que le criminel Juggernaut menace de faire exploser en pleine mer s’il n’obtient pas une très grosse rançon..
Fallon « the champion » (Richard Harris, grandiose) et son équipe de démineurs (dont David Hemmings) vont avoir du pain sur la planche.

Lester signe film catastrophe au suspens haletant et y injecte une dose de comédie (avec le personnage de Roy Kinnear) s’intégrant parfaitement au récit.

Magistralement réalisé, un film atypique, méconnu et formidable.

CAB

Requiem pour un massacre (1985) / Elem Klimov

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1943 en Biélorussie, un adolescent rejoint la résistance soviétique découvre les horreurs de la guerre et devient un homme.

Ce dernier film de Klimov est un choc. A coup de longs plans séquences à la steadycam, le réalisateur nous invite à suivre le parcours initiatique de son jeune héros.

A mi-chemin entre Malick (on a rarement vu un aussi beau arc en ciel au cinéma) et le Tarkovski de « L’enfance d’Ivan » , le réalisateur navigue entre onirisme et réalisme avec maestria et oppose ses biélorusses vivant en osmose avec la nature aux nazis « machines ».

Le célèbre dernier tiers du film est un immense moment de cinéma tout comme l’interminable traversée des marais, la découverte du charnier ou encore la géniale séquence finale.

Un film grandiose et essentiel découvert grâce à Starfix.

CAB

L’Étrangleur de Boston (1968) / Richard Fleischer

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La traque du fameux étrangleur de Boston qui sévissait au début des années 60.

Richard Fleischer n’était pas qu’un simple « yes man » et le prouve avec ce génial film.

Sa mise en scène inspirée (notamment son utilisation révolutionnaire, et totalement justifiée, du split screen ) et un Tony Curtis prodigieux (sa première apparition dans le film est saisissante) dressent le portrait d’une Amérique malade au moment de l’assassinat de Kennedy.

Ultra top.

CAB

Mad Max: Fury Road (2015) / George Miller

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Fury Road c’est le film qui te donne envie d’applaudir après la (démente) première séquence et ça, ça n’a pas de prix.

Miller conserve tous les codes de sa saga et fait preuve d’une inventivité constante tout du long de cette merveille.

Sa mise en scène renvoie à leurs études tous les tacherons qui sévissent aujourd’hui (Zack et Christopher si vous nous entendez).

Seul bémol, Tom Hardy à côté de la plaque (alors que Charliez Theron est parfaite) mais à sa décharge son rôle est ingrat et secondaire finalement.

Et ce putain de dernier plan qui dit tout.

Master George reste au firmament.

CAB

Harry Brown (2009) / Daniel Barber

 

Harry Brown (Michael Caine bouleversant) a tout perdu et n’a donc plus rien à perdre après le meurtre de son seul ami.

L’inconnu Barber livre un premier film impressionnant à la géniale mise en scène.

Ce revenge movie, dont le protagoniste est un papy, contient de multiples séquences géniales (l’intro, l’achat des armes, le tunnel …) et est toujours aussi prenant à la deuxième vision.

Une très grande réussite du cinéma anglais contemporain.

CA

Le loup-garou de Londres (1981) / John Landis

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Deux étudiants américains se promenant dans la lande anglaise se font attaquer par un loup garou…

Le génie de Landis c’est de transcender un genre, ici le film d’horreur, et d’y ajouter du tragique, du romanesque mais aussi de l’humour sans jamais que cela paraisse artificiel.

Et puis il y a aussi : – la mythique transformation signée Rick Baker qui est toujours aussi impressionnante et nous fait ressentir les souffrances du héros.

– la direction artistique de Leslie Dilley ultra soignée, ce qui est rare pour le genre.

– David Naughton et Griffin Dunne qui forment un magnifique duo.

Bref c’est génial.

CAB

Les aventures du capitaine Wyatt (1951) / Raoul Walsh

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Dans les Everglades, le Capitaine Wyatt (Gary Cooper tout en charisme) et ses hommes doivent détruire un fort, aux mains de la terrible tribu des Séminoles.

Ce western de Raoul Walsh est une grande réussite. D’abord il se situe dans en environnement original pour le genre (les Everglades) et surtout n’est quasiment qu’une longue poursuite de 100 minutes.

Dans un technicolor magnifique, Walsh, signe un film haletant à la mise en scène totalement maitrisée.

C’est aussi le film qui donna naissance au célèbre Wilhelm scream (cri utilisé comme effet sonore dans plus de 300 films depuis 1951).

Triple top.

CAB

Foxcatcher (2014) / Bennett Miller

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L’histoire des frères Schultz, champions de lutte, et leurs rapports avec le magnat John du Pont qui décida de financer une équipe comprenant les meilleurs lutteurs américains pour les JO de Séoul en 1988.

De ce fait divers, qui défraya la chronique, Bennet Miller tire un film dont la maitrise est impressionnante. Ses 134 minutes tournant autour des rapports entre ses trois personnages principaux, sont de bout en bout passionnantes.

Miller filme les luttes physiques et psychologiques de ses protagonistes d’une mise en scène démentielle.

Du trio d’acteurs, on préfèrera un excellent Mark Ruffalo à un Steve Carell trop dans le numéro d’acteur tout comme Channing Tatum (qui s’en sort un peu mieux).

Bref c’est un très, très grand film.

CAB

Zero Dark Thirty (2012) / Kathryn Bigelow

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Un nouveau coup de poing de Bigelow.

Sec, sans fioritures, passionnant de bout en bout (malgré ses 2h37), viscéral, évitant tous les écueils et nous assénant quelques séquences mémorables (dont ces « fameuses » trente dernières minutes au suspense étouffant alors que l’on connait la fin).

Du casting parfait on ressortira bien sûr Chastain, parfaite dans un très beau rôle.

Bigelow filme remarquablement l’excellent scénario de Mark Boal découpé intelligemment en chapitres.

Bref c’est tout ce que « Homeland » n’est pas (et ne sera jamais).

Top.

CAB

La maison du diable (1963) / Robert Wise

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Le docteur Markway réunit un groupe de personnes dans un manoir hanté afin d’analyser les phénomènes qui y ont lieu.

Avec une économie d’effets remarquable, Wise signe le film emblématique de maison hantée. En jouant sur le son, les cadres et les mouvements d’appareil, dans son superbe décor, il distille ainsi une angoisse sourde.

Mais là où le film de Wise est génial, ce n’est pas que dans les manifestations d’une force diabolique mais aussi dans le portrait, qu’il dresse, d’une femme (Julie Harris) frustrée et rongée par la culpabilité qui sombre peu à peu dans la folie. Frustration qui s’exprime notamment au travers du personnage de Claire Bloom en lesbienne télépathe.

Remarquable.

CAB

Ce plaisir qu’on dit charnel (1971) / Mike Nichols

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Le parcours amoureux de deux amis sur 30 ans.

Mike Nichols décrypte l’inexorable chute de l’homo americanus (et parallèlement l’ascension de la femme) dans ce film qui réunit les prodigieux Art Garfunkel et Jack Nicholson (mentions spéciales à Candice Bergen sublimissime et une Ann-Margret bouleversante).

Au sommet de son art, Nichols nous donne une superbe leçon de mise en scène (une succession quasi ininterrompue de plans séquences) servie pas la splendide photo de Giuseppe Rotunno et les remarquables dialogues de Jules Feiffer.

Une merveille dont la géniale dernière séquence laisse pantois.

CAB

Jusqu’au bout du rêve (1989) / Phil Alden Robinson

Kevin Costner entend des voix qui lui ordonnent de construire un terrain de baseball sur ses champs de maïs…

Phil Alden Robinson signe un film somme de l’americana en y ajoutant une touche de merveilleux.

Les 15 dernières minutes sont bouleversantes, le score  de James Horner est immense, c’est l’avant dernier film d’un Burt Lancaster impérial et c’est aussi, et surtout, une petite merveille brillamment mise en scène.

C’est surtout le seul film au monde où deux types se lançant un balle de baseball, te font pleurer comme un madeleine.

Superbe.

CAB

L’homme qui voulut être roi (1975) / John Huston

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Deux soldats de l’armée britannique (Sean Connery et Michael Caine, dans un numéro de duettistes de haut vol) décident de se rendre au Kafiristan afin d’en devenir les rois. Rudyard Kipling (Christopher Plummer excellent) est le témoin de cette quête insensée.

Huston signe une merveille de film d’aventure aussi drôle que dramatique (le final crépusculaire est un modèle du genre) sur le pouvoir, la religion et la folie des hommes.

La direction artistique est sublime et en plus il y a des matte painting de Albert Whitlock !

Chef d’œuvre.

CAB

Network – Main basse sur la TV (1976) / Sidney Lumet

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Une chaine de télévision, qui vient de passer sous le contrôle d’un grand groupe, met à l’antenne un journaliste (Peter Finch oscarisé dans son dernier rôle) dépressif dans un rôle de nouveau prophète tandis qu’une jeune cadre aux dents très longues (Faye Dunaway oscarisée elle aussi) entame son ascension avec des concepts d’émissions révolutionnaires.

Lumet (sur un magnifique script du mythique Paddy Chayefsky) signe un chef d’œuvre prémonitoire sur la télévision d’aujourd’hui et dénonce une société où les chiffres et sondages priment sur l’humain, où même les pseudo-révolutionnaires négocient des contrats et des clauses de droit à l’image, où tout est possible pour obtenir le meilleur audimat.

La mise en scène est aussi grandiose que l’interprétation (outre Dunaway et Finch on retrouve William Holden, Robert Duvall et Ned Beatty dans une séquence d’anthologie).

Bref c’est absolument formidable.

CAB

Les copains d’Eddie Coyle (1973) / Peter Yates

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Eddie Coyle (Mitchum remarquable) est un trafiquant d’armes qui risque de finir sa vie en prison. Afin d’éviter ce funeste destin, il décide de collaborer avec la police.

Yates nous surprend avec ce magnifique drame policier d’une noirceur totale, mis en scène avec sobriété et efficacité.

Ancré dans les 70’s, le film avance inéluctablement vers ses terribles dernières séquences.

Peter Boyle y tient un de ses meilleur rôle.

Sublime.

CAB

Soleil vert (1973) / Richard Fleischer

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En 2022 la terre est surpeuplée et dévastée par l’effet de serre. Les ressources naturelles ont quasiment disparu. Un policier (Charlton Heston) enquête sur le meurtre d’un dirigeant de la toute puissante compagnie Soylent qui fabrique de la nourriture à base de planctons.

L’excellent Fleischer réalise ce film emblématique de la science fiction moderne.

Doté d’un univers cohérent et remarquablement mis en scène, « Soleil vert » déroule son implacable, et non moins excellent, script jusqu’à son inéluctable conclusion (à ce titre la scène de l’émeute est annonciatrice du dénouement).

Le duo formé par Heston et Edward G. Robinson (qui était mourant et dont ce fut le dernier film) est une des nombreuses réussites du film.

Toujours aussi génial.

CAB

La guerre des mondes (2005) / Steven Spielberg

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La terre est envahie par de très méchants alien. Tom Cruise et ses enfants tentent de survivre.

Réalisée la même année que « Munich  » , ce qui démontre une fois de plus combien Spielberg est grand, cette nouvelle adaptation de H.G. Wells est un petit bijou.

Enchainant les morceaux de bravoure et les prouesses techniques (ah ce putain de plan séquence dans la voiture) Spielberg inscrit totalement son film dans l’Americana (Boston ville centrale de l’histoire Américaine).

Ses tripodes au look rétro sont magnifiques et, grâce à la très belle photo de Kaminski, s’intègrent parfaitement dans le cadre sans jamais faire effet spécial.

Une mention à Dakota Fanning impressionnante tout au long du film.

Top.

CAB

Cruising – La Chasse (1980) / William Friedkin

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Friedkin explore une nouvelle fois la frontière ténue entre le bien et le mal dans cette plongée dans le milieu gay SM de New York au sein duquel le policier Al Pacino enquête sur un serial killer.

Au delà de la controverse qu’il a suscité (le film fut jugé homophobe), « Cruising » est une petite merveille transcendée par la magnifique mise en scène de Friedkin (la séquence de danse est un formidable moment).

Malsain, violent, sans concessions, « Cruising » serait impossible à réaliser aujourd’hui.

Friedkin est un très grand.

CAB

Les Vikings (1958) / Richard Fleischer

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L’histoire de deux frères (Kirk Douglas et Tony Curtis), qui ne savent pas qu’ils le sont, tous les deux épris de la même femme (Janet Leigh) mais pas que …

C’est un film absolument génial où le héros n’est pas forcément celui que l’on croit. Un film dur et violent, psychologiquement très fort où le viol est un acte fondateur.

Fleischer prouve qu’il n’est pas un simple yes man mais un grand metteur en scène (la course sur les rames ou le superbe duel final sur le toit d’une chapelle) et en plus il bénéficie ici d’un scénario absolument génial de Calder Willingham (« Paths of Glory », « One-Eyed Jacks » , « The Graduate » , « Little Big Man » etc.).

C’est ultra dense, bourré d’idées (les mutilations parallèles de Douglas et Curtis, la mort du méchant expédiée, Curtis et Borgnine dans la séquence de la fosse… ) et très documenté.

Bref c’est formidable.

CAB

L’invasion des profanateurs de sépulture (1956) / Don Siegel

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Un médecin dans une petite ville américaine voit ses habitants devenir paranoïaques mais est-ce vraiment le cas ?

Siegel nous offre un film de SF iconique et un petit bijou d’inventivité.

Parabole du McCarthysme ou non, le film est une réussite totale. Ou comment une invasion extra terrestre prive l’humanité de toute émotion.

C’est superbement mis en scène et redoutablement efficace.

Et, en plus, il y a Sam Peckinpah dans un petit rôle.

Un chef d’œuvre.

CAB

Un homme est passé (1955) / John Sturges

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1945 : Un manchot (Spencer Tracy magnifique) débarque dans la petite ville de Black Road perdue au milieu du désert. Que vient-il faire ici ?

Dès le superbe générique avec son train fonçant dans le désert, Sturges annonce, avec fracas, l’arrivée de Tracy.

Avec une économie remarquable le réalisateur signe un sublime film où un homme, seul contre tous, redonne son humanité à une bourgade et à ses habitants. Le scénario de Millard Kaufman (« The war lord, « Take the High Ground! » …) est formidablement intelligent distillant au fur et à mesure les réponses aux questions qui se posent.

Le casting est éblouissant et réunit, outre Spencer Tracy, Robert Ryan, Walter Brennan, Lee Marvin, Ernest Borgnine et Anne Francis.

Et puis il y a, aussi, une scène de bagarre démente entre Tracy et Borgnine.

Un très grand film humaniste.

CAB

French Connection (1971) / William Friedkin

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Deux policiers New-yorkais (Gene Hackman et Roy Scheider parfaits) découvrent, par le plus grand des hasard, l’imminence d’une grosse vente de drogues en connexion avec la France.

Friedkin a tout simplement inventé le polar moderne avec ce chef-d’œuvre.

Son approche documentaire (tant pour la mise en scène que le scénario) colle parfaitement à son sujet et ne l’empêche pas de signer deux poursuites (à pieds et en voiture) d’anthologies.

Génial et indémodable.

CAB

Le dernier des injustes (2013) / Claude Lanzmann

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L’incroyable témoignage de Benjamin Murmelstein seul survivant parmi les nombreux présidents des conseils juifs durant la seconde guerre mondiale et à travers lui l’histoire du fameux ghetto « modèle » de Theresienstadt.

Lanzmann poursuit son travail de mémoire avec ce nouveau film composé en partie d’images tournées en 1975 pour  » Shoah  » mais jamais utilisées.

Contrairement à ses précédents documentaires, Lanzmann est ici un personnage de son récit et il se met en scène, lui et sa vieillesse, à la manière d’un Marcel Ophüls. Figure imposante et solennelle de son propre film, il dévore l’écran à chacune de ses apparitions.

Le cœur du film se trouve dans le long et passionnant entretien avec Murmelstein. Sans langue de bois, il livre un témoignage essentiel sur un pan méconnu de l’histoire de la Shoah (notamment toute la partie sur Nisko et Madagascar) et jette une pierre dans la mare de Hannah Arendt et de sa fameuse théorie de la banalité du mal.

Remarquable.

CAB

Le convoi de la peur (1977) / William Friedkin

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Quatre hommes se retrouvent coincés dans un village perdu d’Amérique du Sud. Leur seule échappatoire : conduire, sur 300 kilomètres, des camions chargés de nitroglycérine pour éteindre un puits de pétrole en flammes.

Friedkin ose faire un remake du génial « Salaire de la peur » de Henri-Georges Clouzot et c’est vachement bien.

Après ses formidables quatre prologues, Friedkin place ses quatre personnages principaux (Bruno Cremer, Roy Scheider, Amidou et Francisco Rabal tous parfaits) dans une sorte d’enfer sur terre où déchus de tout, tous les moyens seront bons pour s’échapper.

Le scénario de Friedkin et Walon Green (auteur de la  » Horde sauvage« ) conserve la trame du film de Clouzot (surtout dans sa deuxième partie) mais thématiquement on sent l’empreinte de Friedkin.

Cette incroyable odyssée des camions monstres est un vrai tour de force qui enchaine les séquences d’anthologie.

Bref c’est un putain de film, totalement noir.

Et on notera la présence de Luis LLosa (réalisateur de « l’Expert » et de « Anaconda ») en assistant de production.

CAB

Le général (1998) / John Boorman

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Le destin (tragique) de Martin Cahill, voleur irlandais au grand cœur, qui joua au chat et à la souris avec la police et s’attira les foudres de l’IRA.

Après un « Rangoon » de sinistre mémoire, Boorman revenait aux affaires avec ce superbe film.

Son « gentil » bandit évolue dans une Irlande des sans grades mais sera vite rattrapé par le contexte politique d’un pays coupé en deux.

Le film ne manque pas d’humour et est porté par la remarquable performance de Brendan Gleeson entouré de non moins excellents seconds rôles.

La mise en scène de Boorman est extrêmement inventive (l’introduction du film, les raccords entre les différentes époques etc.) dans un superbe noir et blanc.

Excellent.

CAB

Rosemary’s Baby (1968) / Roman Polanski

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Guy et Rosemary Woodhouse (John Cassavetes et Mia Farrow superbes) emménagent dans un immeuble qui aurait abrité des sorciers …

Polanski adapte avec brio l’excellent roman de Ira Levin et signe une brillante métaphore de la grossesse mais aussi un vrai film de terreur.

En jouant sur les deux tableaux (Polanski ne choisissant pas si ce que voit Rosemary est vrai ou non) le réalisateur signe un film à la fois drôle et terrifiant où l’ambiguïté plane de bout en bout.

Les performances des acteurs sont toutes jubilatoires (mention au génial couple Castevet (Ruth Gordon et Sidney Blackmer) de si délicieux petits vieux) et la mise en scène de Polanski aussi belle qui discrète.

Pour finir on citera l’anthologique séquence de fin qui est un très grand moment de cinéma.

CAB

Le bal des vampires (1967) / Roman Polanski

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Le professeur Abronsius et son assistant sont à la recherche de vampires dans une contrée éloignée.

Polanski signe un véritable film de vampires à l’incroyable inventivité qui respecte les codes du genre mais aussi une comédie très réussie.

Chez Polanski, l’humour (souvent absurde) passe par la mise en scène (brillante ici). Le film est d’ailleurs quasi exempt de dialogues et c’est un vrai tour de force. On notera aussi que le mot vampire n’est jamais prononcé.

Dans le rôle de l’assistant, le metteur en scène est formidable tout comme le très savoureux Jack MacGowran dans celui du professeur et que dire de Sharon Tate …

La direction artistique est somptueuse (les décors notamment) tout comme la photo de Slocombe.

Bref c’est un régal.

CAB

Chinatown (1974) / Roman Polanski

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Le détective privé J.J. Gittes (Nicholson, grandiose) enquête sur le mari de Evelyn Mulwray (Faye Dunaway, sublimement excellente) mais c’est aussi une histoire d’eau(x).

Ce dernier film américain de Polanski est une pure merveille.

Du formidable scénario de Robert Towne aux acteurs prodigieux, de la mise en scène génialement inspirée de Polanski à la direction artistique de Sylbert, de la musique iconique de Jerry Goldsmith à la splendide photographie de Alonzo tout concourt à la réussite de ce chef d’œuvre.

Bien plus qu’une banale enquête policière, Chinatown est un film somme d’une incroyable richesse, dont chaque nouvelle vision est un enchantement.

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12 hommes en colère (1957) / Sidney Lumet

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Douze jurés doivent délibérer sur le meurtre d’un père par son fils. Le verdict doit être unanime mais un des juré (Henry Fonda) déclare le prévenu non coupable.

Pour son premier long métrage Lumet signe un chef d’œuvre intemporel.

Ce huis clos est passionnant de bout en bout grâce au formidable scénario de Reginald Rose et à la géniale mise en scène de Lumet (ses plans séquences quasi imperceptibles sont magnifiques).

Les douze acteurs sont parfaits (mention à Lee J. Cobb et bien sûr à Henry Fonda).

Bref c’est un putain de chef d’œuvre.

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Le choix de Sophie (1982) / Alan J. Pakula

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Stingo jeune écrivain fait la rencontre de Nathan et de Sophie survivante d’Auschwitz dans la pension de famille où il vit.

Pakula réussit le pari insensé d’adapter l’œuvre de Styron.

Prodigieusement dirigés, les trois acteurs principaux (Peter MacNicol, Kevin Kline (qui débutait) et bien sûr Meryl ‘Oscar’ Streep) au sommet de leur art donnent vie à ce trio tout aussi magnifique que tragique.

Par sa mise en scène exempte de tout effet, Pakula arrive à filmer l’inimaginable et nous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine.

Almendros signe une sublime photo pastel pour les séquences contemporaines contrebalancée par les teintes bleues et grises des flashbacks.

Marvin Hamlisch compose une très belle partition romanesque.

Un film d’apprentissage, sur la vie, la mort, l’amour bref une œuvre essentielle.

Le visage de Sophie lors de sa « confession » hantera longtemps notre mémoire.

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Butch Cassidy et le Kid (1969) / George Roy Hill

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Sur un génial scénario de William Goldman et devant la caméra très inspirée de George Roy Hill, Redford et Newman, au sommet de leur charisme, campent Butch Cassidy et the Sundance Kid.

Les dialogues sont savoureux de bout en bout, le film est drôle et brillant et ose une fantastique poursuite pendant 25 minutes sans jamais être ennuyeux.

Les années 70 vont débuter et maintenant les héros meurent à la fin.

Du très grand très cinéma dont la fin est une des plus belle de l’histoire du cinéma.

CAB

À cause d’un assassinat (1974) / Alan J. Pakula

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Warren Beatty enquête sur l’assassinat d’un sénateur.

Pakula signe le meilleur film de complot de l’univers de tous les temps.

Une science des cadres extraordinaire (signés Gordon Willis), des transitions démentes, une musique iconique de Michael Small et quinze dernières minutes géniales où tout est dit par l’image.

Un film essentiel.

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Les hommes du président (1976) / Alan J. Pakula

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L’enquête menée par Bob Woodward (Redford) et Carl Bernstein (Hoffman) qui aboutira au scandale du Watergate.

Ce film est tout simplement une merveille, passionnant et haletant de bout en bout (alors que tout le monde connait la fin) à chaque nouvelle vision.

Pakula met en scène brillamment l’excellent scénario de Goldman avec une extraordinaire science du cadre (merci Gordon Willis) et une utilisation intelligente du zoom, que ce soit dans les séquences au téléphone passionnantes grâce à l’utilisation de lentilles bifocales ou encore lors du génial mouvement de grue dans la librairie du congrès qui en dit beaucoup.

Les acteurs sont tous parfaits et Hal Holbrook trouve le rôle d’une vie avec Deep Throat.

La quintessence du cinéma américain des années 70.

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Voyage au bout de l’enfer (1978) / Michael Cimino

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Un groupe d’amis célèbre le mariage de l’un des siens avant de partir pour le Vietnam.

Cimino a le génie de raconter quasiment tout son film dans son magistral premier tiers. Cette superbe séquence de mariage qui s’étire (et ne paraît jamais trop longue) pose toutes les bases des évènements futurs : le trio amoureux, de Niro et Walken en doubles complémentaires, John Savage déjà à terre préfigurant la perte de ses jambes, la fameuse tache de vin sur la robe de la mariée etc.

On pourrait aussi citer les deux magnifiques séquences de chasse au cerf dans un décor de montagne filmé comme une église ou un paradis avant la plongée dans l’enfer Vietnamien, le personnage du contrebandier français traité comme le diable descendant le Styx, les jeux de miroir avec le reflet de de Niro ou encore son double se projetant dans le lac alors que le personnage de Walken est toujours au Vietnam, le nocturne de Chopin et sa gravité annonçant la fin des illusions et les magnifiques transitions vers les séquences Vietnamiennes avec cet entêtant bruit hélicoptère qui revient tel un leitmotiv.

Le casting royal (Streep, de Niro, Walken, Cazale, Savage, Dzundza et l’inconnu Aspegren) fait preuve d’une alchimie rarement vue sur grand écran et Vilmos Zsigmond signe une magistrale photo.

Une grande fresque extrêmement dense sur l’amitié, l’Amérique, la foi en l’autre bref un des plus grand film de l’histoire du cinéma.

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Le territoire des loups (2011) / Joe Carnahan

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Joe Carnahan signe (enfin) son retour avec ce « survival » quasi intimiste brillamment interprété par Liam Neeson et qui vaut largement mieux que son titre français tout pourri.

Se déroulant en Alaska (mais tourné en Colombie Britannique) « The Grey » suit les survivants d’un crash d’avion poursuivis par des loups mais pas que ..

La photographie et les paysages sont splendides et le film passionnant de bout en bout.

Sa fin est tout simplement démente et le dernier plan après le générique de fin une claque.

Grandiose.

Seconde vision : 21/10/2013

Ce « Territoire des loups » reste toujours un magnifique film, Malickien (si, si) en diable (la nature est superbement filmée, les flash-back sur l’enfance etc.), emprunt de poésie et où la religion est omniprésente. Carnahan transcende le « survival » et suggère plus qu’il ne montre.

Grandiose (bis).

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La mouche noire (1958) / Kurt Neumann

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Le scientifique Andre Delambre a t-il été tué par sa femme ? L’inspecteur Charas et Vincent Price enquêtent tandis que l’épouse du défunt semble être obsédée par la recherche d’une mouche …

Neumann réalise un petit bijou de film fantastique (dont Croneneberg réalisera un poignant remake en 1986) dont la construction en flash back très intelligente donne une profondeur bienvenue à cette tragédie humaine.

Avec intelligence, le réalisateur ne révèle sa créature que dans la seconde partie du film permettant au spectateur d’éprouver de l’empathie pour son héros démiurge.

Filmé avec brio et une économie d’effets, magnifiquement éclairé par le mythique Karl Struss ‘chef opérateur de « l’Aurore » ou du « Dictateur ») cette « mouche noire » fut le plus gros succès de la Fox en 1958.

Le raccord entre le cri de l’employé qui découvre le cadavre du héros et le téléphone qui sonne est formidable et la fin du film un moment poignant.

Excellent.

CAB

Witness: Témoin sous surveillance (1985) / Peter Weir

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Un enfant amish (Lukas Haas impressionnant) est témoin d’un meurtre. Le policier John Book (Harrison Ford) est chargé de le protéger lui et sa mère (Kelly McGillis lumineuse).

Pour son premier film américain Peter Weir signe un petit bijou.

De la magnifique séquence d’ouverture (la découverte d’un monde à travers les yeux d’un enfant puis la perte de son innocence) à la sublime séquence de la construction d’une grange, Weir donne une magistrale leçon de mise en scène dans ce film extrêmement dense sur la vie, sur deux mondes que tout oppose mais pas tant que ça, et aussi une très belle histoire d’amour.

Pour parachever le tout, John Seale photographie ses séquences chez les Amish comme des toiles de Vermeer et Maurice Jarre compose une BO synthétique qui colle parfaitement au film.

Au milieu d’un formidable casting, on peut apercevoir au détour de quelques plans un jeune débutant nommé Viggo Mortensen.

Génial.

CAB

Greystoke, la légende de Tarzan (1984) / Hugh Hudson

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Les aventures de Tarzan (ChristopheR Lambert excellent si, si, si) entre l’Afrique et l’Angleterre.

Hudson confirmait son talent avec cette adaptation de Edgar Rice Burroughs signée Robert Towne et Michael Austin.

Son Tarzan devient un film violent où la mort est constamment présente. C’est aussi et surtout un très beau film sur la filiation bien plus qu’une critique du comportements d’humains violents et idiots.

Dans Greystoke, la société anglaise est aussi violente que la jungle africaine et Tarzan, quel que soit l’endroit où il se trouve, ne cesse de revivre les mêmes choses. On sent probablement la patte de Towne dans ce scénario extrêmement riche.

La mise en scène est sublime dans un scope magnifique de John Alcott. Rick Baker invente des maquillages de singes invisibles (donc géniaux) et John Scott une splendide partition. Les acteurs sont tous parfaits (mention à Ralph Richardson décédé peu de temps après le tournage en émouvant grand père qui retrouve une seconde jeunesse).

Un très très beau film.

CAB

Mad Max 2: le défi (1981) / George Miller

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Max, loup solitaire, erre sur les routes à la recherche de d’essence objet de toutes les convoitises. Jusqu’au jour où il découvre l’existence d’une communauté vivant autour d’un puits de pétrole qu’ils protègent des assauts du terrible Humungus.

Après un premier épisode qui était déjà une claque, Miller fait encore plus fort dans ce deuxième opus.

Son héros est déjà un mythe et pour récupérer son humanité perdue, il devra perdre sa carapace (sa voiture).

Des looks géniaux inventés pour le film aux poursuites formidablement mises en scène Miller maîtrise son film de bout en bout.

Inégalé et inégalable.

CAB

Les diaboliques (1955) / Henri-Georges Clouzot

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Nicole (Simone Signoret) et Christina (Véra Clouzot) maitresse et épouse du très méchant Delassalle (Paul Meurisse parfait en salaud) décident de se débarrasser de lui.

Autant le dire tout de suite c’est un chef-d’œuvre absolu.

Vénéré par Hitchcock et Friedkin, Clouzot est un très grand réalisateur. Sa mise en scène ultra formaliste est magnifique de bout en bout et donne, dès le début du film, toutes les clés de son excellent scénario.

L’interprétation est parfaite et Charles Vanel en policier fouineur est savoureux.

Un très grand film.

CAB

Les évadés (1994) / Frank Darabont

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Andy Dufresne (Tim Robbins) est condamné à la prison à vie pour le meurtre de sa femme. Derrière les barreaux il va se lier d’amitié avec Red (Morgan Freeman) et survivre dans ce milieu très hostile.

Pour son premier long Darabont signe une superbe adaptation de la nouvelle de Stephen King.

Servi par un duo d’acteurs géniaux et une mise en scène constamment inspirée (les transitions dans le temps sont très fortes), Darabont réalise un très grand film lyrique sur l’amitié et l’espoir porté par la très belle partition de Thomas Newman.

Formidable.

CAB

Sous le soleil de Satan (1987) / Maurice Pialat

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Donissan (Depardieu habité) jeune prêtre doute de sa vocation, son chemin vers la sainteté sera rempli d’obstacles.

Pialat adapte génialement l’œuvre de Bernanos dans ce film âpre, exigeant mais magnifique.

Comme toujours les comédiens sont formidables (Bonnaire en jeune fille libre dans la continuité de « A nos amours ») et le réalisateur en directeur de conscience de Donissan est génial.

La photo du film de Willy Kurant est une splendeur (commencée par Luciano Tovoli qui fut viré) et l’utilisation de la musique de Dutilleux parfaite.

Les séquences du maquignon ou avec l’enfant sont deux immenses morceaux de cinéma.

Un très grand film.

CAB

Les moissons du ciel (1978) / Terrence Malick

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Richard Gere, sa sœur (géniale Linda Manz) et sa compagne (Brooke Adams) errent de ville en ville dans une Amérique en crise jusqu’au jour où ils sont embauchés pour la récolte du fermier (Sam Shepard immense) c’est le début d’un dramatique trio amoureux.

Pour son second film, Malick signe un premier bijou et gomme les défauts de « Badlands ».

Sa mise en scène aérienne englobe ses magnifiques paysages sublimement photographiés par le duo Almendros Wexler (à l’heure magique comme le dit la légende).

Totalement ancré dans le cinéma américain des années 70 tant par sa forme que son fond, le film est d’une infinie poésie et contient des séquences inoubliables (l’incendie ou l’attaque des sauterelles).

Malick est définitivement un magicien et un poète.

CAB

Predator (1987) / John McTiernan

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Dans une jungle d’Amérique du sud, un commando doit récupérer l’équipage d’un hélicoptère qui s’est écrasé mais ils deviennent les proies du terrible Predator.

Mc Tiernan signe la référence absolue du film d’action dans ce petit bijou à l’incroyable inventivité.

Les hommes de Schwarzenegger avec leurs multiples GROS symboles phalliques (énormes mitraillettes, couteaux ou cigares ;) ) ne sont rien (malgré la géniale démonstration de force initiale) face à la ruse du chasseur extraterrestre.

Sans aucuns temps morts, le film enchaine avec brio les séquences d’anthologies concoctées par l’excellent script de Jim Thomas (et Shane Black qui interprète d’ailleurs un des membre du commando) devant la caméra d’un réalisateur en état de grâce.

Kevin Peter Hall sous le costume de l’alien (création de Stan Winston) réussit à habiter son personnage et lui confère une véritable identité.

Et que dire de la superbe BO de Silvestri.

Génial.

CAB

Piège de cristal (1988) / John McTiernan

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Bruce Willis coincé dans une tour occupée par de dangereux terroristes c’est le gage d’un grand moment de poésie.

McT invente une nouveau genre de film d’action grâce à un scénario très malin et une mise en scène sublime toute en travellings et mouvements qui ont du sens.

Le  héros de la fin des années 80 est humain et drôle (les dialogues sont un régal) il souffre aussi et doit s’adapter à un environnement hostile comme très souvent dans les films de Mc Tiernan (cf la jungle de « Predator« ).

Un régal.

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Jeux dangereux (1942) / Ernst Lubitsch

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Les aventures rocambolesques d’une troupe de théâtre dans le Varsovie occupé par les nazis.

Lubitsch réalise la quintessence de la comédie Hollywoodienne. Un film aussi drôle qu’intelligent et engagé.

Le couple Carol Lombard / Jack Benny est savoureux et les dialogues remarquablement fins et drôles.

L’utilisation brillante de Shakespeare est la preuve de l’intelligence et du génie de Lubitsch.

Un chef d’œuvre.

CAB

Ces garçons qui venaient du Brésil (1978) / Franklin J. Schaffner

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1978 : le sinistre docteur Mengele (Gregory Peck terrifiant) met en œuvre un terrible complot avec le concours de l’organisation nazie « les camarades » dirigée par le général Seibert (James Mason). Mais le chasseur de nazis Ezra Lieberman (Sir Laurence Olivier dans une performance dont il a seul le secret) veille.

Cette adaptation du roman d’Ira Levin (auteur notamment de « Rosemary’s baby ») est un excellent thriller d’anticipation dans lequel de vieux ennemis livrent leur ultime combat.

Schaffner met en scène intelligemment et signe de très jolies séquences (l’apparition de Mengele, la nurserie, les jeux de miroir ou encore le génial affrontement final).

Henri Decaë offre au film une très belle photo, Peter Lamont une très belle et subtile direction artistique et Jerry Goldsmith signe une nouvelle partition majestueuse.

Une nouvelle réussite de Schaffner.

CAB

L’alliance (1971) / Christian de Chalonge

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Grâce à une agence matrimoniale, un vétérinaire (Jean-Claude Carrière) rencontre et épouse une jeune femme (Anna Karina) vivant dans un immense appartement. Peu à peu leurs rapports deviennent de plus en plus étranges entre suspicion et non dits.

De Chalonge adapte le roman de Carrière qui sur un scénario de ce dernier qui interprète lui même le rôle principal (pour des raisons budgétaires).

Cette Alliance est un film à l’atmosphère étrange et surprenante, superbe métaphore de l’amour dans laquelle l’homme observe la femme comme un animal étrange et où finalement les rôles s’inversent au fur et à mesure de la progression du récit. La mise en scène, extrêmement intelligente, est à l’unisson des personnages.

La fin, particulièrement surprenante, fait un très joli lien avec le « Malevil » du même de Chalonge.

Une nouvelle réussite d’un très grand metteur en scène.

Impressionnant.

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L’empire contre-attaque (special edition) (1980) / Irvin Kershner

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Les affaires des rebelles ne vont pas en s’arrangeant …

Coécrit par Lawrence Kasdan, cet épisode est considéré par beaucoup comme étant le meilleur de tous.

La construction est remarquable avec ses allers-retours entre les différentes actions des personnages aux quatre coins de la galaxie.

Le film est aussi d’une noirceur surprenante, sublimement éclairé par Suschitzky, bénéficiant d’une magnifique direction artistique, d’une mise en scène élégante de Kershner et d’une profondeur souvent mésestimée.

Et quel climax final ! Dire qu’à l’époque il avait fallu attendre 3 ans pour voir la suite …

Génial.

CAB

La guerre des étoiles (special edition) (1977) / George Lucas

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Non mais sérieusement vous voulez vraiment que je résume l’intrigue ?

Lucas et sa bande de techniciens géniaux inventent un mythe dans un hangar, mainte fois copié mais jamais égalé.

En cinéphile avisé, le réalisateur convoque des monstres sacrés (Peter Cushing, Alec Guiness) et les grands thèmes de l’imaginaire populaire.

Tout simplement formidable.

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Police fédérale, Los Angeles (1985) / William Friedkin

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Un polar métaphysique, une leçon de mise en scène, la plus belle poursuite de voitures au monde etc.

Un putain de chef d’œuvre.

CAB

Assaut (1976) / John Carpenter

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Coincé dans un commissariat abandonné, un groupe d’individus (des policiers, des civils, un prisonnier) doit faire face aux assauts ininterrompus des membres d’un gang.

Malgré ses petits moyens, Carpenter invente une mise en scène brillante pour ce remake de « Rio Bravo ».

Le film fondateur de toute la filmographie de Carpenter.

Génial.

CAB

Prince des ténèbres (1987) / John Carpenter

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Carpenter signe une petite pépite ou comment représenter le mal ultime grâce à un miroir et de l’eau.

Un modèle d’écriture et de mise en scène à l’économie (dans tous les sens du terme) dont le crescendo dramatique est redoutablement efficace.

Big John en profite pour nous offrir son meilleur score, un formidable final et un dernier plan tout simplement génial.

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La nuit des masques (1978) / John Carpenter

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Souvent copié, jamais égalé.

De son ouverture géniale à sa fin mythique, Halloween restera une pure merveille qui a redéfinit le genre.

La caméra aérienne de Carpenter y fait des merveilles, sa musique est inoubliable et ce jeu du chat et de la souris reste brillant de bout en bout.

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Starman (1984) / John Carpenter

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Après avoir essuyé un flop monumental avec « The Thing », Carpenter réalise son antithèse avec ce film aussi sensible que poétique, véritable road movie dans l’Amérique des sans grades.

Le couple Jeff Bridges / Karen Allen est extraordinaire.

Poétique et christique le Starman de Carpenter nous montre un monde meilleur et nous révèle une humanité qui nous a abandonné.

Le final de ce très grand film est tout simplement grandiose.

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La permission (1982) / Serif Gören, Yilmaz Güney

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Dans une Turquie sou le joug des militaires, cinq prisonniers bénéficient d’une permission et rentrent chez eux, mais la véritable prison c’est la société Turque.

Réalisé depuis sa cellule par Güney ce film (palme d’or à Cannes en 1982) est un véritable coup de poing.

Très fort.

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Chercheuses d’or de 1933 (1933) Mervyn LeRoy

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Une fois de plus les chorégraphies de Busby Berkeley illuminent ce film traitant de la crise de 29.

Les sous entendus sexuels y sont légions et jubilatoires.

Une nouvelle réussite.

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November Days (1991) / Marcel Ophüls

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En partant d’un reportage de la BBC, dont il retrouve tous les protagonistes, Ophüls dresse un portrait de l’Allemagne juste après la chute du mur de Berlin.

Avec beaucoup d’humour et d’ironie le réalisateur brosse en filigrane un état de l’Allemagne du début des années 90.

Les interviews d’anciens dirigeants communistes, de citoyens lambda, d’un général de la Stasi, de la fille de Brecht et même d’un néonazi sont toujours brillamment menées et les inserts d’extraits de films ou d’archives ainsi que l’utilisation de chansons sont formidables, souvent drôles et viennent souvent contrarier les propos des intervenants. A cet égard l’utilisation du « Jules Cesar » de Mankiewicz est un petit bijou.

Et bien entendu Marcel fait encore et toujours référence à Max cette figure paternelle écrasante.

Remarquable.

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Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia (1974) / Sam Peckinpah

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Un Peckinpah nihiliste à souhait.

Warren Oates en pianiste de bar désabusé y est génial (et joue comme Peckinpah était, allant même jusqu’à porter ses lunettes de soleil).

Noir, très noir et remarquable bien sûr

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La horde sauvage (1969) / Sam Peckinpah

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Dès son générique Peckinpah annonce la couleur avec ses enfants cruels et ses cowboys vieillissants.

Un western magnifique sur l’amitié.

Dans le top 10.

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Veillées d’armes : Histoire du journalisme en temps de guerre (1994) / Marcel Ophüls

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Produit par Bertrand Tavernier, ce documentaire fleuve de 3h44 propose un état des lieux du journalisme de guerre à l’époque du siège de Sarajevo.

Ophüls utilise avec brio et humour les extraits de films qui viennent ponctuer les propos des nombreux intervenants (Milosevic, Ppda, Anne Sainclair, Martine Laroche-Joubert (oui, oui la mère de l’autre), Philippe Noiret ou encore Romain Goupil parmi tant d’autres).

Avec une certaine facétie, il met en perspective son film avec ceux de son père et nous livre une brillante analyse critique du métier de journaliste non dénuée humour.

Tout petit bémol dans les deux séquences où il se met véritablement en scène qui sont aussi datées que ratées.

A noter les présences de Laurent Cantet et de Dominik Moll aux postes d’assistants réalisateurs.

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Le parrain, 2ème partie (1974) / Francis Ford Coppola

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Coppola réussit l’exploit de réaliser une suite (qui n’est pas une redite) aussi parfaite que le premier épisode et à lui conférer une profondeur et une ampleur incroyable.

Retracer la jeunesse de Vito Corleone (incarné par un Robert de Niro au sommet de son art) est une idée de génie et les transitions d’une époque à l’autre sont toujours très intelligentes et magnifiquement réalisées.

Le parcours de Al Pacino vers les limbes et la solitude est déchirant.

La distribution est exceptionnelle (mention à Lee Strasberg impérial).

Un film exceptionnel d’un très très grand Coppola.

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Stand by me – Compte sur moi (1986) / Rob Reiner

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Excellente adaptation de la nouvelle de Stephen King.

Un film marqué par la mort dès ses premières images mais qui traite aussi magnifiquement de l’enfance, de la perte d’innocence mais aussi et surtout de l’amitié.

Le casting d’enfants est impeccable et Richard Dreyfuss dans le rôle du narrateur formidable.

Un très « joli » film.

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Madame de… (1953) / Max Ophuls

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Madame de … (Danielle Darrieux) épouse (beaucoup trop) frivole du Général de… (magnifique Charles Boyer) vend ses boucles d’oreilles sans en mesurer les conséquences …

Ophüls nous ensorcelle une fois de plus avec sa caméra sur un scénario de Marcel Achard adaptant Louise de Vilmorin.

Vittorio De Sica y incarne superbement un personnage d’amoureux fou.

Sublime.

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Le château de l’araignée (1957) / Akira Kurosawa

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Kurosawa adapte « Macbeth » dans le Japon médiéval et narre les aventures de deux samouraïs dont les destins seront bouleversés après leur rencontre avec un esprit.

Sublimement mis en scène par un Kurosawa au sommet de son art ce film est magnifique.

Spoiler : les séquences de la forêt et celle dans laquelle Mifune est criblé de flèches sont des moments d’anthologie.

Remarquable.

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L’intendant Sansho (1954) / Kenji Mizoguchi

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Un Drame (avec un grand D donc) de Mizoguchi sur une famille séparée dont les membres deviennent esclaves dans le Japon médiéval.

Mizoguchi dénonce une société archaïque et sans valeurs dans laquelle s’affrontent deux figures paternelles opposées.

Le début du film est éblouissant avec ses flashback et transitions.

Un film d’une infinie poésie à la superbe dernière séquence déchirante.

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Jason et les Argonautes (1963) / Don Chaffey

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Jason part à la recherche de la fameuse toison d’or pour venger la mort de son père.

Ray Harryhausen considérait que c’était son meilleur film et il avait bien raison.

L’odyssée de Jason est parsemée de moments d’anthologies : le colosse Talos, les harpies, l’hydre et les fameux squelettes du duel final.

C’est un régal de bout en bout et en plus il y a Honor Blackman en Héra et une musique géniale de Bernard Herrmann.

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Les contes de la lune vague après la pluie (1953) / Kenji Mizoguchi

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Une fable sur l’art et la cupidité comme seul un Japonais pouvait la réaliser.

Mizoguchi nous narre le destin de deux paysans, dans le japon médiéval, à la recherche de la fortune et de la gloire.

Un film superbe dont la dernière séquence est d’une beauté évidente.

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Edward aux mains d’argent (1990) / Tim Burton

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Une merveille absolue de poésie et d’émotion.

Le meilleur film de Burton (de loin), le plus beau score de Elfman.

Edward recèle une quantité de séquences bouleversantes (la découverte du jardin, les flash-back avec Vincent Price, la danse sous la neige, le cookie en forme de cœur etc. etc.) et Burton en profite (aussi) pour régler ses comptes avec une certaine Amérique.

Magnifique.

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Le parrain (1972) / Francis Ford Coppola

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Un des plus grands films de tous les temps.

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La nuit américaine (1973) / François Truffaut

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Le récit du tournage de « Je vous présente Paméla » réalisé par Ferrand (interprété par Truffaut génial).

Une magnifique déclaration d’amour au cinéma par un Truffaut au sommet de son art. La mise en scène (et mise en abime) est d’une suprême intelligence.

Drôle, touchant le film est aussi servi par sa pléiade d’acteurs magnifiquement dirigés (Léaud, Bisset, Aumont, Baye, Menez, Stévenin etc.)

Le plus beau film du monde et même de l’univers sur le cinéma.

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Chantons sous la pluie (1952) / Stanley Donen & Gene Kelly

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LA comédie musicale par excellence.

Kelly et Donen dressent un portrait sans concessions du Hollywood de la fin des années 20 et nous offrent les plus beaux numéros dansés et chantés qui soient.

Kelly est immense, Reynolds époustouflante, O’Connor épatant et Charisse sublimissime.

Un film étourdissant, jubilatoire qui donne la patate.

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