Samson et Dalila (1949) / Cecil B. DeMille

Samson, en rejetant l’amour de Dalila, ne réalise pas les conséquences dramatique de son geste et de son aveuglement amoureux.

Pour DeMille, « Samson et Dalila » est une histoire d’amour tragique et flamboyante en technicolor où il peut donner libre cours à sa démesure et à son sens du spectacle.

Victor Mature, dans le rôle titre, campe, à ma grand surprise, un Samson convaincant face à une non moins excellente Hedy Lamarr.

La séquence finale dans temple, de l’humiliation de Samson à sa destruction, est un grand moment.

Kitschement Top.

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Quo Vadis (1951) / Mervyn LeRoy

Un commandant romain succombe aux charmes d’une esclave convertie au christianisme tandis que le terrible Néron règne sans partage sur Rome.

Au premier abord, ce qui marque le plus, c’est l’opulence des moyens à l’image : les cohortes de figurants, les décors gigantesques, la très belle direction artistique de Cedric Gibbons.

Mais c’est surtout Peter Ustinov qui vampirise totalement le film, incarnant un Néron complètement barré dans un énorme numéro de cabotinage. Il faut dire que le fade Robert Taylor ne fait pas le poids face à un tel monstre; contrairement à Leo Genn campant un génial Petronius ou encore Patricia Laffan incarnant une Poppée lascive et diabolique.

Les dialogues, truffés d’allusions sexuelles et souvent à double sens sont assez savoureux et les deux grands morceaux de bravoure (l’incendie de Rome et le massacre des chrétiens) sont très réussis.

Un vrai film de Noël.

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La Résurrection du Christ (2016) / Kevin Reynolds

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Un tribun romain (Joseph Fiennes) est chargé par Ponce Pilate de retrouver le corps de Jésus qui a disparu de sa tombe peu de temps après sa crucifixion.

Dix ans après son dernier film pour le grand écran, Reynolds revient avec ce péplum biblique.

Malheureusement ce retour n’est pas vraiment concluant.

Contrairement à William Wyler, dans son superbe « Ben Hur » , Reynolds commet la grossière erreur de mettre un visage à Jésus (et pour ne rien arranger, l’acteur choisi n’a aucun charisme).

Reynolds alterne le meilleur (l’assaut en formation tortue notamment) et le pire (le départ de Jésus dans un souffle d’explosion (sic)) et ne prouve qu’en de trop rares occasions qu’il sait mettre en scène.

Le film se laisse voir mais on est très loin du génial « La bête de guerre » .

Une amère déception.

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Les derniers jours de Pompéi (1959) / Mario Bonnard & Sergio Leone

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Le centurion Glaucus (Steve Reeves) rentre à Pompéi après avoir combattu en Judée. Malheureusement son père vient juste d’être assassiné. Tout porte à croire que les chrétiens sont responsables de ce méfait. Sinon il y a, bien sûr, le Vésuve qui va bientôt péter.

Cette nouvelle version de la catastrophe de Pompéi représente la quintessence du péplum à l’italienne.

Le casting est totalement improbable entre bimbos et culturistes et le scénario totalement foutraque malgré ses cinq célèbres plumes (Leone, Tessari et Corbucci pour ne citer que les plus connus) même si on se dit que c’est déjà une histoire qui pourrait être celle d’un western.

Le film est totalement dévoué à sa star musculeuse qui enchaine les prouesses physiques (combat contre un alligator, bastons diverses, massacre de gladiateurs) et fait parfois plus penser à un épisode de la mythique saga des Maciste.

Totalement désuet mais plutôt rigolo et finalement sympathique.

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Les derniers jours de Pompéi (1935) / Ernest B. Schoedsack & Merian C. Cooper

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Après la mort de sa femme et de son fis, le forgeron Marcus devient gladiateur car il n’a plus rien à perdre.

Ernest B. Schoedsack & Merian C. Cooper sont aux manettes de ce péplum extrêmement dense.

Tout d’abord le film a un rythme effréné du film de bout en bout osant des ellipses ultra audacieuses.
On passe ainsi du film de gladiateurs à la parabole biblique pour finir avec la catastrophe.

Tout cela est très bien mené grâce à un scénario habile qui rassemble les pièces de ce puzzle une par une.

Faire de l’éruption du Vésuve une sorte de vengeance divine pour la mort de Jésus est une de ces nombreuses excellentes idées.

Et puis le parcours du forgeron Marcus est touchant car il se trouve constamment à contre sens de l’Histoire et en cela est un très beau personnage dramatique.

Aux effets spéciaux, Willis H. O’Brien s’en donne à cœur joie dans les dernières minutes.

Ce n’est pas le meilleur film de ses réalisateurs mais c’est tout de même hautement recommandable.

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La bible (1966) / John Huston

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La genèse, Adam et Eve, l’arche de Noé, la tour de Babel, Abraham et Isaac devant la caméra de John Huston et produit par Dino de Laurentis.

Le film fut commencé par Bresson que Laurentis licencia assez vite pour le remplacer au pied levé par Huston. On se demande ce qu’il est bien venu faire dans cette galère.

D’une stupéfiante lenteur, le film est un sommet de kitsch dans lequel quelques gloires d’Hollywood viennent cachetonner, comme Ava Gardner ou un affreusement mauvais George C. Scott.

Seul Peter O’Toole tire son épingle du jeu dans un triple rôle d’ange très joliment mis en scène par Huston. C’est bien le seul moment de grâce de ce film pompier qui réussit l’exploit d’étirer toutes ses séquences au delà du supportable (15 minutes de Noé nourrissant les animaux !) et donc d’être extraordinairement chiant.

Très raté.

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Le signe de la croix (1932) / Cecil B. DeMille

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En 62 après JC au temps des persécutions des chrétiens, le consul de Rome (Fredric March) tombe éperdument amoureux d’une chrétienne mais Poppée (Claudette Colbert dans une rôle de méchante) éprise aussi du beau romain ne va pas se laisser faire.

DeMille signe un film pré code Hays à l’incroyable violence et à l’érotisme omniprésent. Ici on torture un enfant sans scrupules, on massacre des chrétiens à l’arc, Claudette Colbert se baigne nue dans une piscine de lait et invite sa servante à la rejoindre et les jeux du cirque sont un festival de décapitations, de jeunes femmes quasi nues livrées en pâture à diverses bêtes sauvages (alligators, gorilles, éléphants ou ours) et autres joyeusetés.

Le puritain DeMille se révèle totalement schizophrène dans sa volonté de faire un film ouvertement chrétien (parfois très lourdement) et de monter les pires horreurs à l’écran.

C’est redoutablement efficace même si le scénario est assez banal.

La direction artistique est de toute beauté (mention aux décors titanesques) et il y a un mouvement d’appareil incroyable où la caméra passe à travers les barreaux d’une prison tout en poursuivant son long panoramique.

Un peu lourdingue mais très surprenant.

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Barabbas (1961) / Richard Fleischer

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Barabbas est gracié à la place de Jésus, c’est le point de départ de son long chemin de croix.

Une méga production de Laurentiis visiblement tournée pour tenter de surpasser le « Spartacus » de Kubrick.

Le début du film (et surtout le cabotinage de Quinn) laisse présager du pire malgré la réussite des séquences de la crucifixion.

Finalement le film se met en place et enchaîne les morceaux de bravoure (la lapidation, les mines siciliennes, les jeux du cirque …) et les idées de mise en scène (les chaines qui se brisent et se referment comme transitions ou encore les catacombes).

Alors oui il manque un certain lien entre tout ça et parfois c’est un peu en roue libre.

Pas si nul que ça, même si Fleischer a fait beaucoup mieux.

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Cléopâtre (1963) Joseph L. Mankiewicz

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Commencé par Rouben Mamoulian, repris par Mankiewicz et terminé par Darryl F. Zanuck ce film mythique de 4h08 (dont la version originale durait 6h00) souffre de tous les aléas rencontrés qui en ont fait le film le plus cher de son époque.

Elizabeth Taylor est aussi sublime qu’insupportable, Richard Burton transpire l’alcool à chaque plan alors que Rex Harrison est impérial.

Un film pharaonesque, fastueux, bancal et boursouflé qui recèle quelques grands moments de cinéma comme la fameuse arrivée de Cléopâtre à Rome, le meurtre de César ou la bataille navale.

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Jason et les Argonautes (1963) / Don Chaffey

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Jason part à la recherche de la fameuse toison d’or pour venger la mort de son père.

Ray Harryhausen considérait que c’était son meilleur film et il avait bien raison.

L’odyssée de Jason est parsemée de moments d’anthologies : le colosse Talos, les harpies, l’hydre et les fameux squelettes du duel final.

C’est un régal de bout en bout et en plus il y a Honor Blackman en Héra et une musique géniale de Bernard Herrmann.

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Le choc des titans (1981) / Desmond Davis

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Persée va devoir affronter la Méduse et le Kraken pour sauver Andromède.

Effectivement on est très loin de  » Jason et les argonautes  » mais rien que pour la séquence de la Méduse et le côté désuet (mais charmant) le film vaut la chandelle.

Ray Harryhausen n’avait pas son pareil pour inventer des créatures inoubliables et c’est encore le cas ici.

Et puis il y a Laurence Olivier (et Ursula Andress qui n’a qu’une réplique de tout le film !) et un score génial de Laurence Rosenthal.

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Les gladiateurs (1954) / Delmer Daves

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Daves réalise cette suite dans la continuité de « La Tunique » avec Victor Mature dans le rôle titre.

Thématiquement le film est plus intéressant que son prédécesseur et Daves beaucoup plus inspiré que Koster notamment dans les nombreux les sous-entendus sexuels.

Pas mal et visiblement une source d’inspiration pour Kubrick et Scott.

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Les Immortels (2011) / Tarsem Singh

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La légende Thésée revue par les producteurs de « 300« .

Si tu aimes les pectoraux huilés ce film est pour toi, en revanche si tu aimes la mythologie et le bon cinéma …

Comme d’habitude avec Tarsem c’est visuellement très beau et truffé d’idées mais malheureusement c’est au service d’un néant absolu.

Le film fait globalement cheap (un comble), Rourke cabotine et passe son temps à trucider ses propres guerriers (sic).

Un ratage même si l’affrontement entre les dieux et les titans aurait pu être un sacré morceau de bravoure.

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Gladiator (2000) / Ridley Scott

Ridley Scott nous refait un « Spartacus » des années 2000 sans la dimension politique.

Visuellement rien à dire, le film est splendide mais Scott gâche ses meilleures séquences (la bataille du début et les combats en général) avec des effets lourdingues (ralentis etc.).

Crowe est parfait mais on ne peut pas en dire autant de Joaquin Phoenix insupportable du début à la fin. En revanche quel plaisir de revoir Richard Harris (impeccable) et Oliver Reed (dont ce fut le dernier film).

Au final le film est lourdingue mais diablement efficace.

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Ben-Hur (1959) / William Wyler

Un vrai grand film Hollywoodien remarquablement mis en scène par Wyler et en musique par Miklós Rózsa.

Aussi célèbre pour l’ambiguïté de la relation entre Charlton Heston et Stephen Boyd (ce dernier jouant un Messala amoureux de Ben-Hur (à le demande de Wyler) sans que Heston ne soit au courant) que pour sa course de chars dantesque ou sa géniale représentation du Christ.

Une merveille.

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Ben-Hur (1925) / Fred Niblo

Première version muette de la fameuse épopée de Judah Ben Hur avec quelques séquences en technicolor dignes de tableaux de grands maitres.

Niblo dirige avec talent, et beaucoup plus de sauvagerie et de nudité (si, si) que la version de Wyler, cette énorme superproduction et signe d’incroyables séquences dont une bataille navale bien plus impressionnante que celle de 1959 et une course de char qui dut être un vrai tour de force en 1925.

Le film souffre néanmoins de certaines maladresses notamment dans son final qui prouvent que les aménagements de Wyler sont excellents.

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La tunique (1953) / Henry Koster

Deuxième film tourné en cinémascope (mais premier sorti) ce péplum biblique est assez lourdingue et pâtit surtout du peu de talents d’Henri Koster derrière la caméra.

Assez kitsch dans l’ensemble on est loin du « Roi des rois » de Ray ou de « La plus Grande Histoire jamais contée » de Stevens.

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La passion du Christ (2004) / Mel Gibson

 

Le Jésus de Gibson, comme William Wallace dans « Braveheart« , souffre dans tous les sens du terme et le spectateur aussi avec lui.

Par delà toutes les controverses Gibson signe un film atypique qui se mérite et poursuit une œuvre singulière et passionnante et Jim Caviezel livre une impressionnante composition.

Et non ce n’est pas du tout un film de Noël !

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Troie (director’s cut) (2004) / Wolfgang Petersen

Je ne sais pas si c’est le director’s cut ou moi mais cette deuxième vision réévalue largement ce péplum gore de Petersen.

Néanmoins Pitt, Bloom et Kruger sont difficilement supportables.
Cela étant particulièrement gênant quand on sait que les deux derniers sont la raison d’être de cette fameuse guerre.

Malgré tout, Petersen filme avec brio les batailles et duels qui émaillent le film.

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Spartacus (1960) / Stanley Kubrick

Dalton Trumbo au scénario, Saul Bass au générique, Kubrick derrière la caméra : trio gagnant pour un grand film politique au formidable casting.

Les scènes de foule sont  impressionnantes (et sans trucages numériques) sans parler du mémorable travelling sur les cadavres après la bataille.

 

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