L’hôpital (1971) / Arthur Hiller

Un meurtrier sévit dans un hôpital sur fond de mouvement social et de crise d’identité de son directeur (George C. Scott).

Pour Paddy Chayefsky, auteur du script, producteur et même voix off, l’hôpital est une métaphore de la société américaine.

Alcoolique et en plein divorce au moment du tournage, George C. Scott se livre à une mise en abîme qui force l’admiration. Malheureusement son histoire d’amour avec Diana Rigg est beaucoup trop artificielle pour fonctionner.

Le film est surtout très abscons et peine à convaincre totalement.

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Terreur aveugle (1971) / Richard Fleischer

Une jeune femme, devenue aveugle après un accident de cheval, est traquée par un tueur.

Avec un sens incroyable des détails, Fleischer signe un petit bijou de tension et de mise en scène et prouve encore une fois qu’il est un véritable auteur.

Génial.

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Orange mécanique (1971) / Stanley Kubrick

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Dans le futur en Angleterre, Alex, un délinquant ultra violent (Malcolm McDowell) intègre en prison un programme expérimental censé éradiquer sa violence.

Kubrick adapte le roman éponyme de Anthony Burgess et signe une réjouissante satire sociale et politique qui est aussi un film sur la nature humaine.

Dans un univers futuriste et cohérent, Kubrick dénonce un état policier qui prive certains de ses citoyens de leur libre arbitre puis les reconditionne au gré des avantages qu’il peut en tirer.

Artistiquement superbe, « Orange mécanique » est un film dense, bourré d’idées et superbement mise en scène.

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L’organisation (1971) / Don Medford

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Un groupe de révolutionnaires vole une organisation de gros trafiquants de drogue. L’inspecteur Tibbs (Sidney Poitier) mène l’enquête.

Troisième film de Poitier dans le rôle de l’inspecteur Tibbs (dont le célèbrissime « Dans la chaleur de la nuit » ) cette « Organisation » est bien poussive.

Don Medford ne fait pas grand chose de son postulat de départ plutôt original. Son film se traine, ponctué par quelques séquences d’actions pas très nerveuses et passe à côté du film de complot qu’il aurait pu être.

Mou du genou.

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Ce plaisir qu’on dit charnel (1971) / Mike Nichols

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Le parcours amoureux de deux amis sur 30 ans.

Mike Nichols décrypte l’inexorable chute de l’homo americanus (et parallèlement l’ascension de la femme) dans ce film qui réunit les prodigieux Art Garfunkel et Jack Nicholson (mentions spéciales à Candice Bergen sublimissime et une Ann-Margret bouleversante).

Au sommet de son art, Nichols nous donne une superbe leçon de mise en scène (une succession quasi ininterrompue de plans séquences) servie pas la splendide photo de Giuseppe Rotunno et les remarquables dialogues de Jules Feiffer.

Une merveille dont la géniale dernière séquence laisse pantois.

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Les complices de la dernière chance (1971) / Richard Fleischer

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Harry Garmes (George C. Scott impeccable), ancien chauffeur pour une organisation criminelle, vit dans une semi retraite au Portugal. Il décide d’effectuer un dernier job.

Commencé par John Huston (débarqué par Scott), et terminé par Fleischer, ce film est quasi autobiographique pour George C. Scott qui tomba amoureux (et épousa) Trish Van Devere sur ce tournage.

Comme l’indique son titre anglais, il s’agit ici du dernier tour de piste d’un homme (qui se sent déjà mort dans sa vie pépère) et veut tout simplement se sentir vivre une ultime fois.

Fleischer met joliment en parallèle son héros et sa voiture sorte de carcan tout aussi mobile que prison et signe un joli polar crépusculaire où l’intrigue policière n’est qu’un prétexte.

En plus il y a une belle partition de Goldsmith et Sven Nykvist à la photo.

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French Connection (1971) / William Friedkin

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Deux policiers New-yorkais (Gene Hackman et Roy Scheider parfaits) découvrent, par le plus grand des hasard, l’imminence d’une grosse vente de drogues en connexion avec la France.

Friedkin a tout simplement inventé le polar moderne avec ce chef-d’œuvre.

Son approche documentaire (tant pour la mise en scène que le scénario) colle parfaitement à son sujet et ne l’empêche pas de signer deux poursuites (à pieds et en voiture) d’anthologies.

Génial et indémodable.

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La loi du milieu (1971) / Mike Hodges

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Carter (Michael Caine immense), tueur à la solde du milieu, se rend à Newcastle où son frère est mort dans d’étranges circonstances.

Mike Hodges, avec ce premier film, frappait fort.

Carter est un ange exterminateur dont le destin est scellé dès les premiers plans du film.
La performance de Michael Caine est éblouissante, l’expression de son visage passant d’un gentleman à un sadique, en un plan.

Le film est sans concessions, décrivant une Angleterre industrielle en friches peuplée de truands.

Trop violent et sexuel pour l’époque, le film fut classé X par la censure britannique.

Hodges enveloppe le tout avec beaucoup d’idées (notamment dans le montage et la bande son) comme dans la formidable séquence du « film ».

Roy Budd signe un main title d’anthologie (et c’est à peu près tout d’ailleurs).

Caine reviendra en 2009 avec le génial « Harry Brown » qui doit beaucoup à ce « Get Carter ».

Et quel final !

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Le chat à neuf queues (1971) / Dario Argento

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Un journaliste et un aveugle (Karl Malden) s’associent pour démasquer l’auteur d’une série de meurtres dans un laboratoire pharmaceutique.

Ce second film d’Argento reprend les codes posés dans « L’oiseau au plumage de crystal » mais avec plus de moyens.

Le réalisateur se fait visiblement plaisir dans ce thriller en citant très souvent Hitchcock (et notamment en refaisant la fameuse séquence du verre de lait de « Notorious »).

On prend toujours autant de plaisir lors des scènes de meurtres (oui je suis sûrement sadique) et l’utilisation de la caméra subjective est assez réussie.

Le couple formé par l’aveugle et la fillette orpheline est très savoureux et sympathique.

Pas forcément le meilleur film de son auteur mais il se suit sans déplaisir.

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L’alliance (1971) / Christian de Chalonge

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Grâce à une agence matrimoniale, un vétérinaire (Jean-Claude Carrière) rencontre et épouse une jeune femme (Anna Karina) vivant dans un immense appartement. Peu à peu leurs rapports deviennent de plus en plus étranges entre suspicion et non dits.

De Chalonge adapte le roman de Carrière qui sur un scénario de ce dernier qui interprète lui même le rôle principal (pour des raisons budgétaires).

Cette Alliance est un film à l’atmosphère étrange et surprenante, superbe métaphore de l’amour dans laquelle l’homme observe la femme comme un animal étrange et où finalement les rôles s’inversent au fur et à mesure de la progression du récit. La mise en scène, extrêmement intelligente, est à l’unisson des personnages.

La fin, particulièrement surprenante, fait un très joli lien avec le « Malevil » du même de Chalonge.

Une nouvelle réussite d’un très grand metteur en scène.

Impressionnant.

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The Brotherhood of Satan (1971) / Bernard McEveety

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Alors ça commence par le plan d’un tank miniature puis on enchaine sur le plan d’un vrai tank qui écrase une voiture et ses passagers, le tout sous le regard stoïque d’un groupe d’enfants. Et là on se dit que c’est mal barré …

Sinon c’est l’histoire d’une famille coincée dans une ville où sévit une secte satanique qui kidnappe des enfants et tue leurs parents.

C’est surtout un très, très gros bordel qui part dans tous les sens.

Produit et interprété par L.Q. Jones (qui en profite pour faire jouer son pote Strother Martin de la « Horde Sauvage« ) dirigé par un réalisateur de télé à la filmo longue comme le bras, le film est une catastrophe.

Même s’il est plutôt bien mis en scène, l’absence de cohérence et de continuité entraine cette confrérie dans les abimes du médiocre.

Peut être culte mais surtout très mauvais.

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Satan, mon amour (1971) / Paul Wendkos

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Myles (Alan Alda, parfait) journaliste marié à Jacqueline Bisset (resplendissante) interviewe le célèbre pianiste Duncan Ely (Curd Jürgens, diabolique) qui se prend d’amitié pour lui. Mais visiblement Duncan est un type bizarre et ses rapports avec sa fille plus qu’étranges …

Cette petite bande fantastique est une sorte de « Rosemary’s Baby » à l’envers avec ses adeptes de Satan bien pervers comme il faut. C’est surtout un film très ancré dans son époque dont la fin est assez symptomatique.

Wendkos (réalisateur de télé) n’a pas vraiment d’idées (et de talent) derrière sa caméra et mène l’ensemble de manière pépère, hormis lors de quelques trop rares séquences comme celles avec le piano .

Goldsmith signe une très belle partition qui donne un peu d’ampleur à un film qui en manque.

Heureusement qu’il y a Jacqueline Bisset qui nous offre sa très jolie garde robe et certains de ses atouts.

Se laisse voir.

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Punishment Park (1971) / Peter Watkins

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Faux documentaire sur une Amérique privée de toutes ses libertés dans laquelle les condamnés ont le choix entre purger leur peine ou passer trois jours dans le fameux et terrible « Punishment Park ».

Très 70’s donc assez daté, le film n’en reste pas moins intéressant même si la succession de séquences dans le tribunal d’exception est un peu chiante.

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Deux hommes dans l’Ouest (1971) / Blake Edwards

 

Film atypique dans la filmographie de Edwards, ce western qui débute joyeusement pour changer de ton brutalement.

William Holden, Ryan O’Neal et Karl Malden font le lien entre les westerns classiques et ceux de Peckinpah sur une partition sublime de Goldsmith.

Une curiosité très réussie.

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L’Étrangleur de Rillington Place (1971) / Richard Fleischer

 

Un film poignant, éprouvant, étouffant et dense.

D’après un fait divers réel Fleischer signe une œuvre très forte dans laquelle Richard Attenborough incarne à la perfection un assassin machiavélique et John Hurt un innocent bouleversant.

Superbe et intelligent.

 

CAB