Peur sur la ville (1975) / Henri Verneuil

Le commissaire Letellier (Jean-Paul Belmondo) enquête sur des meurtres de femmes commis par l’affreux Minos.

Une vraie réussite au rythme haletant où Bébel course Minos sur les toits de Paris puis enchaîne une poursuite en voiture pour terminer par la fameuse séquence du métro, le tout, sans fond vert et avec de vrais cascadeurs (dont Belmondo lui-même) qui accomplissent de véritables prouesses.

Et surtout, à la différence de la plupart des polars de Delon, celui-ci a un vrai bon metteur en scène derrière la caméra et Belmondo ne fait pas (encore) son numéro.

Bref, c’est vraiment bien et il y a même Léa Massari.

CAB

Le vieux fusil (1975) / Robert Enrico

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En 1944, alors que la guerre touche à sa fin, le docteur Dandieu (Philippe Noiret) envoie sa femme (Romy Schneider) et sa fille à la campagne pour fuir les bombardements. Ce n’était pas une bonne idée …

Pur film de genre (ici le « revenge movie »), « Le vieux fusil » est ultra violent et parfois limite gore. Son fameux lance flammes a traumatisé toute une génération.

Enrico manipule le spectateur par le biais de flashbacks relatant les temps heureux, venant s’intercaler entre les séquences d’action, rendant ainsi le massacre initial encore plus insupportable.

Parfois complaisant (les plans sur les cadavres d’enfants), le film n’en est pas moins efficace et vaut surtout pour son duo de stars et son fameux thème composé par François de Roubaix.

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L’homme qui voulut être roi (1975) / John Huston

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Deux soldats de l’armée britannique (Sean Connery et Michael Caine, dans un numéro de duettistes de haut vol) décident de se rendre au Kafiristan afin d’en devenir les rois. Rudyard Kipling (Christopher Plummer excellent) est le témoin de cette quête insensée.

Huston signe une merveille de film d’aventure aussi drôle que dramatique (le final crépusculaire est un modèle du genre) sur le pouvoir, la religion et la folie des hommes.

La direction artistique est sublime et en plus il y a des matte painting de Albert Whitlock !

Chef d’œuvre.

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La bonne fortune (1975) / Mike Nichols

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Début 1900, deux escrocs (Beatty et Nicholson) tentent de soutirer la fortune d’une riche héritière (Stockard Channing).

Tourné juste après le remarquable « Shampoo » , cette comédie écrite par Carole Eastman (scénariste de « Five easy pieces » ), avec son casting royal de potes et son excellent metteur en scène, était considérée par tout le monde comme un futur succès. Ce fut un bide absolu au contraire de « Shampoo » .

Malheureusement, comme le raconte Peter Biskind dans « Star », personne n’avait lu le script avant le tournage. Et il faut bien reconnaître qu’il y a un gros problème de scénario et que surtout il n’y a pas de fin.

En outre, Nicholson nous sert un numéro de cabot à la limite du supportable et certains gags sont vraiment lourdingues.

Néanmoins, Nichols arrive à créer quelques beaux moments notamment dans de très beaux plans séquences au sein desquels les personnages se meuvent hors champs pour réapparaître ailleurs dans le cadre.

On sauvera aussi l’épisode avec la malle plutôt drôle avec son enchainement de catastrophes qui viennent contrecarrer les plans de nos deux pieds nickelés.

Raté mais intéressant.

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French Connection II (1975) / John Frankenheimer

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Popeye Doyle débarque à Marseille à la poursuite de Charnier qui lui avait échappé lors du précédent opus.

L’excellente idée de cette suite (qui sur le papier était aberrante) est de se démarquer de l’original. Ici il s’agit de mettre Gene Hackman dans un environnement totalement hostile (Marseille) où il n’est plus le flic violent de New York, où il n’arrive pas à communiquer et où il se trouve totalement perdu.

Le film adopte un ton quasi documentaire, comme celui de Friedkin, totalement en adéquation avec son sujet, et Frankenheimer utilise une géniale caméra subjective dans une poursuite pleine de sens.

Hackman habite totalement son personnage et signe une très grande performance à la poursuite de sa chimère.

Un film viscéral et un nouveau coup de maitre de Frankenheimer.

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Les femmes de Stepford (1975) / Bryan Forbes

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Joanna Eberhart (Katharine Ross, jolie mais terne) quitte New York et emménage dans la petite ville de Stepford avec son mari et ses deux filles. Mais les femmes au foyer de Stepford lui semble très vite bien étranges …

William Goldman adapte un roman de Ira Levin pour le producteur Edgar J. Scherick qui rêvait de renouveler le succès de « Rosemary’s baby« .

Les deux films sont assez proches dans la description qu’ils font d’une femme dont le quotidien lui semble de plus en plus étrange. Alors que le film de Polanski jouait génialement sur la paranoïa de son héroïne, ici c’est beaucoup plus convenu et plat voire même très appuyé. Typique des années 70, le film est une dénonciation lourdingue de la condition féminine.

La fameuse surprise finale est annoncée et surlignée tout au long d’un récit sans subtilités aucunes (les femmes « idéales » portent toutes de drôles de robes à froufrous (sic)).

Bryan Forbes n’est pas un bon metteur en scène et n’apporte aucunes idées au script original qu’il modifia pour pouvoir faire jouer son épouse dans le film. Goldman raconte très bien cet épisode dans son excellent livre « Adventures In The Screen Trade: A Personal View of Hollywood ».

On sauvera Paula Prentiss excellente en voisine et amie de Katharine Ross, la photo de Owen Roizman qui éclaire différemment les femmes « parfaites », la musique de Michael Small et la dernière séquence qui enfin ressemble à ce que le film aurait dû être.

Dommage.

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Section spéciale (1975) / Costa-Gavras

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L’histoire vraie de l’instauration des tribunaux d’exception suite à l’assassinat d’un officier allemand par de jeunes communistes.

Semprun et Costa-Gavras s’attaquent à une page très noire de l’histoire de France et emmènent le spectateur dans les méandres d’un pouvoir prêt à tous les compromis pour plaire à l’occupant.

La grande réussite du film réside dans la matérialisation de la création d’un pur déni de justice. Costa-Gavras nous montre la chaine des hiérarchies et comment les faiblesses et lâchetés aboutissent à la mort de trois petits truands et ce juste pour apaiser le gouvernement de Vichy qui craint d’hypothétiques représailles allemandes.

Le film ne manque pas d’humour et de loufoquerie dans sa description de la rédaction et de l’application d’une loi scélérate et rétroactive. Il faut dire que le casting réuni ici est impressionnant (Piéplu, Galabru, Seigner, Dux, Perrin, Bouise, Guiomar Robert, Lonsdale etc.) et y contribue largement.

Les séquences à Vichy sont savoureuses, entre cure et conseils des ministres où chacun se renvoie la patate chaude.

Costa-Gavras met en scène intelligemment le tout et ose d’audacieux flashbacks (très réussis) lors des scènes de prétoire soulignant l’absurdité des condamnations.

Très bon.

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La kermesse des aigles (1975) / George Roy Hill

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Waldo Pepper (Redford) qui n’a été, à son grand dam, qu’instructeur de pilotes pendant la première guerre mondiale vivote en participant à des shows aériens.

Dernier film du duo George Roy Hill / Robert Redford après les magnifiques « Butch Cassidy et le Kid » et « L’arnaque » que son réalisateur place sous un signe funèbre dès son générique.

Le gros problème du film réside dans ses ruptures de tons, parfois très abruptes. Entre comédie et drame, Roy Hill et Goldman (au scénario) ne savent pas toujours sur quel pied danser.

Pourtant il y a de très belles idées, une jolie mise en scène et des séquences en avion époustouflantes (et sans CGI).

La dernière partie du film où Redford rencontre enfin sa chimère (un pilote allemand sorte de baron rouge) est formidable et nous fait encore plus regretter ce qu’aurait pu être le film.

Pas totalement réussi mais très intéressant.

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La toile d’araignée (1975) / Stuart Rosenberg

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Le privé Harper (Paul Newman) se rend dans le sud profond à la demande d’une ancienne amante (Joanne Woodward madame Newman à la ville) victime d’un chantage.

Cette seconde aventure de Harper fut réalisée 10 ans après le succès de « Détective privé« .

Cette fois ci il y a un vrai metteur en scène derrière la caméra et le scénario de Walter Hill et Lorenzo Semple Jr. (scénariste de « À cause d’un assassinat » et des « 3 jours du condor ») tient la route.

Le sud américain y est décrit comme une région corrompue jusqu’à la moelle où les femmes y sont castratrices ou nymphomanes (mention à Melanie Griffith en adolescente concupiscente).

Le film est parfois très drôle et vaut beaucoup pour sa fameuse séquence de « piscine » qui lui donne son titre.

Très efficace.

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Les frissons de l’angoisse (1975) / Dario Argento

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Un pianiste (David Hemmings) assiste au meurtre d’une télépathe (Macha Méril). Il mène l’enquête avec la complicité d’une journaliste (Daria Nicolodi l’actrice fétiche de Argento).

Ces frissons sont considérés comme le chef d’œuvre d’Argento et il faut dire que le maestro est au sommet de son art dans ce remake déguisé du chiantissime « Blow up » d’Antonioni.

Comme toujours les cadres sont superbes, Argento utilise aussi de très gros plans superbes, ose injecter une dose de comédie et même de comédie romantique assez savoureuse, il s’inspire aussi de Hopper bref il fait preuve d’une folle inventivité tout du long du film et que dire de ce fameux plan du miroir !

Carlo Rambaldi signe quelques effets spectaculaires et les Goblin un main title mythique.

Bref c’est du tout bon.

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7 morts sur ordonnance (1975) / Jacques Rouffio

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Les Brézé règnent sur Clermont-Ferrand mais le Docteur Pierre Losseray (Piccoli) leur fait un peu trop d’ombre tout comme le docteur Berg (Depardieu) 15 ans plus tôt…

Une fois de plus avec Rouffio, il y a un postulat de départ intéressant et une construction habile avec ses flashback sur le destin tragique de Berg.

Malheureusement il manque ce je ne sais quoi de mise en scène pour en faire un film vraiment réussi.

Vanel en patriarche machiavélique est génial et on remarque la présence de Coline Serreau actrice et d’une jeune débutante Valérie Mairesse.

Bof.

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La pluie du diable (1975) / Robert Fuest

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Une histoire totalement foutraque de secte satanique dans un décor de western (probablement recyclé pour l’occasion).

En voici un bon gros nanar avec sa cohorte de stars venues cachetonner (Ida Lupino, Eddie Albert, Ernest Borgnine, William Shatner, Tom Skerritt et un petit nouveau du nom de John Travolta dont c’est le premier film pour le grand écran).

Robert Fuest met en scène mollement un scénario sans queue ni tête, mais auquel a participé un certain Anton LaVey grand prêtre de l’église de Satan (sic).

Les dix dernières minutes sont un summum de nullité durant lesquelles Fuest se contente de filmer ses maquillages en plastique tout pourris fondant sous l’effet de la fameuse pluie du diable.

On est bien loin de l’excellent « Devil rides out » de Terence Fisher.

Aucun intérêt.

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Que la fête commence… (1975) / Bertrand Tavernier

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En 1719, Philippe d’Orléans (Noiret en épicurien amateur d’orgies) s’oppose au marquis de Pontcallec (Jean-Pierre Marielle) qui veut soulever les bretons. Tandis que l’abbé Dubois (Jean Rochefort) poursuit son ascension dans l’église.

Tavernier retrace la fin d’un monde en déliquescence qui sera balayé par la révolution française (la dernière séquence du film est plus que parlante). Une fois de plus il traite de ses obsessions politiques et tente d’introduire l’histoire moderne dans le passé.

Le film souffre malheureusement de son petit budget et est quand même très bavard. Il contient quand même une très belle séquence de rafles pour la Louisiane et réunit toute la fine fleur du cinéma français (Christine Pascal, Marina Vlady, Michel Blanc, Clavier, Lhermitte, Brigitte Roüan etc).

Intéressant.

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Course contre l’enfer (1975) / Jack Starrett

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Peter Fonda et Warren Oates (vrais amis dans la vie) partent sur les routes en camping car avec leurs épouses (dont la véritable compagne de Fonda à l’époque). Mais ils croisent le chemin d’une secte sataniste…

Véritable film de potes (Fonda a toujours dit que ce film était une opportunité de faire un petit voyage avec son ami Oates et de toucher un gros chèque) « Race with the devil » est assez symptomatique du road movie des années 70 dans lequel sortir de la route est toujours dangereux.

Les citadins enfermés dans leur bulle (le camping car) se sentent constamment agressés par une Amérique rurale extrêmement menaçante

Certaines cascades sont assez sympathiques et le film se suit sans déplaisir.

Pas mal du tout même si on sent le dilettantisme de l’ensemble.

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La chevauchée sauvage (1975) / Richard Brooks

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Un western très original et truculent qui narre une course à cheval à travers les États Unis.

Casting haut de gamme : Gene Hackman, Candice Bergen, James Coburn, Ben Johnson, Ian Bannen et même Jan-Michael Vincent, magnifique photo de Harry Stradling Jr et très belle musique de Alex North.

Le vieil Ouest est à bout de souffle, ses cowboys épuisés par une course harassante mais les valeurs demeurent envers et contre tout.

Excellent.

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L’honneur perdu de Katharina Blum (1975) / Volker Schlöndorff,

Où comment la machine médiatique et policière brise le destin d’un jeune femme dans la RFA de la Fraction armée rouge.

Remarquable film politique de Schlöndorff impressionnant de bout en bout tout comme son actrice principale Angela Winkler dont c’était la première apparition sur grand écran.

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Barry Lyndon (1975) / Stanley Kubrick

Le destin de Redmond Barry et sa quête de richesse et de notoriété.

Aussi beau mais aussi aussi froid qu’une toile de grands maîtres.

Kubrick est en contrôle total (comme son personnage principal) mais il manque ce supplément d’âme que l’on ne retrouve que dans quelques trop rares séquences.

Un très beau film.

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Shampoo (1975) / Hal Ashby

 

Film emblématique du « Nouvel Hollywood » joliment dirigé par Hal Ashby.

Warren Beatty, Julie Christie, Goldie Hawn et Jack Warden interprètent cette comédie plutôt dramatique qui marque la fin d’une ère et dans laquelle sexe et politique s’entrelacent.

La dernière séquence est superbe.

A noter les débuts d’une certaine Carrie Fisher.

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Le retour de la panthère rose (1975) / Blake Edwards

Troisième épisode des aventures de l’inspecteur Clouseau.


Edwards et Sellers passent à la vitesse supérieure, une avalanche de gags, de déguisements  et de situation délirantes.

Sellers nous livre une succession de numéros hallucinants.


Et c’est toujours aussi classe en terme de mise en scène.

CAB