La dernière vague (1977) / Peter Weir

Un avocat (Richard Chamberlain) défend cinq aborigènes accusés d’avoir assassiné un des leurs selon un rituel ancestral.

Entre thriller et fantastique, Weir embrasse ses thématiques de prédilection : la relation de l’homme à la nature ici sous un aspect mystique et les croyances ancestrales contre la civilisation.

Dans une ambiance apocalyptique où l’eau est omniprésente, Chamberlain devra se découvrir pour résoudre son enquête.

Même si le film est imparfait, il possède de très beaux moments.

CAB

Le convoi de la peur (1977) / William Friedkin

sorcerer-title-card

Quatre hommes se retrouvent coincés dans un village perdu d’Amérique du Sud. Leur seule échappatoire : conduire, sur 300 kilomètres, des camions chargés de nitroglycérine pour éteindre un puits de pétrole en flammes.

Friedkin ose faire un remake du génial « Salaire de la peur » de Henri-Georges Clouzot et c’est vachement bien.

Après ses formidables quatre prologues, Friedkin place ses quatre personnages principaux (Bruno Cremer, Roy Scheider, Amidou et Francisco Rabal tous parfaits) dans une sorte d’enfer sur terre où déchus de tout, tous les moyens seront bons pour s’échapper.

Le scénario de Friedkin et Walon Green (auteur de la  » Horde sauvage« ) conserve la trame du film de Clouzot (surtout dans sa deuxième partie) mais thématiquement on sent l’empreinte de Friedkin.

Cette incroyable odyssée des camions monstres est un vrai tour de force qui enchaine les séquences d’anthologie.

Bref c’est un putain de film, totalement noir.

Et on notera la présence de Luis LLosa (réalisateur de « l’Expert » et de « Anaconda ») en assistant de production.

CAB

Suspiria (1977) / Dario Argento

suspiria-title-card

Une jeune américaine (Jessica « Phantom of the paradise » Harper) intègre une école de danse à fribourg dans laquelle ont lieu de terribles meurtres …

Première partie de la fameuse trilogie des trois mères (avec « Inferno » et « Mother of tears ») ce Suspiria est un véritable choc esthétique.

Argento joue magnifiquement des couleurs et des cadres avec le concours de Luciano Tovoli et invente un style unique.

D’une folle inventivité, le film est totalement baroque mais aussi assez foutraque.

Le scénario n’est pas la force du film mais son dispositif entraine l’admiration et le plaisir du spectateur à la vision des meurtres ultra créatifs concoctés par le maître du giallo sur une musique iconique de Goblin.

CAB

Le juge Fayard dit Le Shériff (1977) / Yves Boisset

le-juge-fayard-dit-le-sheriff-title-card

Le juge Fayard (Dewaere très Dewaerien) enquête sur un hold up et se rend compte que les truands incriminés bénéficient de protection au plus haut niveau.

Boisset continue de s’attaquer aux puissants, ici les notables Stéphanois corrompus et membres du SAC associés à une bande de truands et de barbouzes.

Le film est assez manichéen mais diablement efficace.

La fine fleur des acteurs français (dont une génial Marcel Bozuffi en barbouze) participe au film sur lequel trône un Dewaere assez impérial et bien moins insupportable que dans « Série Noire« .

Boisset fera mieux mais dans le genre c’est plutôt pas mal.

CAB

Les duellistes (1977) / Ridley Scott

the-duellists-title-card

Durant les campagnes Napoléoniennes deux officiers (Harvey Keitel et Keith Carradine) ne cessent de s’affronter en duel.

Pour son premier film, Scott adapte une nouvelle de Joseph Conrad et dresse le portrait de deux hommes que tout oppose et surtout leur définition de l’honneur.

Keitel est un homme du passé prisonnier de sa haine alors que Carradine, lui, avance dans sa vie au gré des évolutions de la société.

Scott a la remarquable idée de concevoir tous ses plans comme des tableaux de maitres (on sent l’influence de « Barry Lyndon« ) et c’est prodigieusement beau et surtout ce dispositif n’étouffe jamais le film.

Rarement premier film n’aura été une telle réussite.

CAB

L’ultimatum des trois mercenaires (1977) / Robert Aldrich

twilight-s-last-gleaming-title-card

Un général (Burt Lancaster), vétéran du Vietnam, échappé de prison s’empare d’une base de lancement de missiles nucléaires et lance un ultimatum au président des États-Unis.

Ce thriller politico militaire était le film préféré de Aldrich. Il est totalement représentatif de la production américaine des années 70.

Aldrich dresse le portrait d’une Amérique toujours traumatisée par le Vietnam et confère à son film des résonances contemporaines assez surprenantes.

A ce volet politique, le réalisateur ajoute aussi un discours sur l’image assez passionnant (tous les protagonistes regardent l’action au travers de moniteurs de contrôles comme le spectateur grâce au split screen (très intelligemment utilisés ici)).

Burt Lancaster, Joseph Cotten, Richard Widmark, Melvyn Douglas, Burt Young sont parfaits comme l’ensemble du casting 100 % masculin (sic) et Jerry Goldsmith signe une de ses partitions dont il a le secret.

Bon, le film traîne parfois en longueur, il n’en reste pas moins très intéressant et totalement « Aldrichien ».

CAB

La guerre des étoiles (special edition) (1977) / George Lucas

star-wars-episode-4-a-new-hope-title-card

Non mais sérieusement vous voulez vraiment que je résume l’intrigue ?

Lucas et sa bande de techniciens géniaux inventent un mythe dans un hangar, mainte fois copié mais jamais égalé.

En cinéphile avisé, le réalisateur convoque des monstres sacrés (Peter Cushing, Alec Guiness) et les grands thèmes de l’imaginaire populaire.

Tout simplement formidable.

CAB

La sentinelle des maudits (1977) / Michael Winner

the-sentinel-title-screen

Une très jolie mannequin (Cristina Raines) emménage dans un immeuble dont les habitants sont vraiment très étranges …

Winner réalise un film fantastique, dans la veine de « Rosemary’s Baby » au casting très impressionnant : Chris Sarandon, Martin Balsam, John Carradine, José Ferrer, Ava Gardner, Arthur Kennedy, Burgess Meredith, Eli Wallach, Christopher Walken, Jerry Orbach, Beverly D’Angelo, Tom Berenger, Jeff Goldblum.

Bon on est assez proche d’un nanar de luxe et Dick Smith et Albert Whitlock s’en donnent à cœur joie avec des maquillages et effets bien crados.

Les dernières séquences distillent un malaise certain avec leur vision de l’enfer plutôt réussie.

Culte surement …

CAB

La menace (1977) / Alain Corneau

la-menace-title-screen

Savin (Montand en vieux beau) est amoureux de Julie (Carole Laure) mais doit faire face à la folle jalousie de son ex compagne (Marie Dubois hitchcokienne); cette dernière finit par se suicider mais toutes les preuves désignent Julie comme coupable d »un meurtre qui n’a pas eu lieu. Savin met alors en place un plan pour qu’elle soit innocentée.

Un film mineur de Corneau qui n’a pas la profondeur de ses autres réalisations.

Jean-François Balmer y campe un savoureux inspecteur de police qui fonce tête baissée dans toutes les fausses pistes semées par Montand.

Le réalisateur (passionné de cinéma américain) se permet (probablement) un hommage au « Duel » de Spielberg dans les fameuses séquences des camions.

Efficace.

CAB

L’île du docteur Moreau (1977) / Don Taylor

the-island-of-dr-moreau-1977-title-screen

Deuxième adaptation « officielle » du roman de Wells avec Burt Lancaster et Michael York dans les rôles titres (et Barbara Carrera )

On a plutôt l’impression de voir un énième épisode de la « Planète des singes » dont Taylor avait réalisé le troisième opus.

Malgré l’excellente musique de Rosenthal et la magnifique photo de Gerry Gisher, cette version est un ratage total qui culmine dans son duel final totalement grotesque.

La version de Erle C. Kenton reste (et de loin) la meilleure.

CAB

Holocauste 2000 (1977) / Alberto De Martino

holocaust-2000-title-screen

C’était quand même sympa l’époque où les italiens copiaient les grands sucés Hollywoodiens (« la Malédiction » dans le cas présent). Et en plus on pouvait le voir sur TF1 à 20h30 !

Un vrai nanard (sympathique) avec Kirk Douglas, un sosie de Claude François,  une super musique de Morricone et de vagues prétentions écologistes pour ce film de fin du monde.

CAB

Capricorn One (1977) / Peter Hyams

Trois astronautes sont censés voyager vers Mars mais ils ne décolleront jamais et pourtant atteindront leur but..

Un grand film de complot comme les américains savent si bien les faire.

Hyams réalise avec classe et dirige brillamment sa belle brochette d’acteurs (Elliot Gouldn Hal Holbrook, James Brolin, O.J. Simpson, Sam Waterston, Karen Black) et signe un des plus beaux ballet aérien au cinéma.(même s’il est un abradacabrantesque).

CAB

Le Crabe-Tambour (1977) / Pierre Schoendoerffer

Le chef d’œuvre de Schoendoerffer.

Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Perrin et Jacques Dufilho traversent avec un talent immense ce film complexe à l’écriture originale.

A cette époque, les films Français étaient ambitieux et avaient du sens.

Une grande œuvre.

CAB

L’amour est une grande aventure (1989) / Blake Edwards

 

Edwards poursuit son exploration des thèmes abordés dans « 10 », Ritter n’est pas un excellent comédien mais le film est comme d’habitude superbement mis en scène et contient une séquence mythique (le ballet des préservatifs fluos).

Pas un grand Edwards mais néanmoins un film réussi et drôle.

CAB

À la recherche de Mister Goodbar (1977) / Richard Brooks

Diane Keaton est merveilleuse dans ce film du mésestimé Richard Brooks.

En pleine période de libération sexuelle, Keaton, professeur modèle le jour, issue d’une famille rigoriste, nous entraîne dans sa quête nocturne de plaisirs la nuit.

Brooks se permet de nombreuses et belles audaces en nous faisant « pénétrer » dans l’imaginaire de son personnage principal.

La dernière séquence est un très grand moment de cinéma.

CAB

Croix de fer (1977) / Sam Peckinpah

Crazy Sam nous livre son film de guerre. James Coburn, James Mason et David Warner l’accompagnent dans cette œuvre sans concessions sur les horreurs et l’absurdité de la guerre.

De morceaux de bravoure en séquence inoubliables (les femmes russes, le final dans la gare, l’hôpital militaire etc…) Peckinpah signe encore une formidable bobine.

CAB

Enfer mécanique (1977) / Elliot Silverstein

Trop souvent (et trop hâtivement) comparé à « Duel », ce film est un « Dents de la mer » sur la route.

Le réalisateur d’un « Homme nommé cheval » impose sa vision dans de nombreuses séquences (la séquence du garage, les  indiens, les paysages de western …).

Bien meilleur que ce que l’on en dit (un petit plaisir coupable).

CAB

Black Sunday (1977) / John Frankenheimer

Black Sunday

 

Tiré d’un roman de Thomas Harris (auteur du « Silence des agneaux » ), produit par Robert Evans, ce film est symptomatique du cinéma Américain des années 70 et des désillusions résultant de la défaite au Vietnam.

Robert Shaw en agent du Mossad y poursuit la terroriste Marthe Keller qui projette un attentat aux États Unis avec la complicité d’un ex pilote de l’armée Américaine interprété par Bruce Dern. (Oh oh ça ressemble beaucoup à Homeland tout ça)

Frankenheimer signe dès l’ouverture du film une brillante attaque de la planque des terroristes qui a surement beaucoup inspirée Spielberg pour « Munich » . Dans son style reconnaissable entre tous il filme de magnifiques plans aériens et intègre totalement sa fiction au sein d’un évènement (le super bowl en l’occurrence).

Très impressionnant.

CAB