Le dossier 51 (1978) / Michel Deville

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Des services secrets mettent sous surveillance un diplomate français afin de trouver une faille et de le faire chanter. C’est le dossier 51.

Deville utilise un dispositif original pour ce film uniquement composé d’images de surveillance (photos, vidéos, entretiens filmés ou caméra subjective).

Et si c’était un des premier « found footage » ?

Sans jamais être répétitif, le procédé est en totale adéquation avec son sujet et devient glaçant au fur et à mesure de l’avancée du récit.

Par ce biais, Deville nous fait pénétrer dans les recoins les plus intimes de la vie de son personnage et procède à une véritable mise à nu.

Le metteur en scène se permet même de jouer avec le spectateur (la séquence des X très drôle).

Une réussite

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Damien, la malédiction II (1978) / Don Taylor

Damien Thorn poursuit son ascension dans ce second opus.

Alors que le premier opus avait une ambition allant au delà du film de genre, cette suite ressemble plus à un slasher avec ses meurtres plutôt créatifs (l’ascenseur notamment).

Les questionnements de Damien sur son statut d’antéchrist sont malheureusement balayés beaucoup trop vite et la métaphore du passage à l’âge adulte n’est pas vraiment exploitée.

Don Taylor (qui a repris le film après que Mike Hodges ait été viré) assure le minimum syndical.

Néanmoins cet épisode se laisse regarder comme un petit plaisir coupable.

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F.I.S.T (1978) / Norman Jewison

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L’ascension d’un ouvrier (Sylvester Stallone, très bon) au sein d’un syndicat de chauffeurs de camions et ses compromissions avec la mafia.

Premier scénario de Joe Eszterhas porté à l’écran, F.I.S.T n’est pas qu’un film engagé. Très librement inspiré de la vie de Jimmy Hoffa (que Danny DeVito adaptera en 1992) le film de Jewison retrace le parcours d’un homme qui choisit de se compromettre afin de faire triompher ses idées.

Avec intelligence, les auteurs opposent les ouvriers, immigrés d’Europe de l’Est, à des patrons aux origine anglo-saxonnes prononcées. Ce n’est pas un hasard non plus si le syndicat s’allie à la mafia italienne.

La reconstitution et la direction artistique sont très soignées soutenues par une splendide photo de László Kovács et une très belle partition de Bill Conti.

Jewison signe une mise en scène efficace en totale adéquation avec son sujet.

Une réussite.

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Morts suspectes (1978) / Michael Crichton

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Une chirurgienne (Geneviève Bujold) se rend compte du nombre anormal de patients sombrant dans le coma après des interventions bénignes. Que se passe t’il ?

Pour ce second film Crichton adapte un roman de Robin Cook et non pas un de ses scénarios ou romans.

« Coma » débute comme un super épisode d’urgences (série qu’il créera 16 ans plus tard) qui permet de poser les bases du film et les tenants et aboutissants de la vie de l’hôpital. Ensuite le film bascule dans le thriller d’anticipation plutôt bien foutu.

Une fois de plus avec Crichton, la technologie qui remplace les humains représente un danger.

Malheureusement le final n’est pas très réussi et Crichton cède à certaines facilités scénaristiques.

Pour l’anecdote c’est le premier film dans lequel apparaît Ed Harris (avec des cheveux) et Tom Selleck y joue un petit rôle.

Pas mal.

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Avoir vingt ans (1978) / Fernando Di Leo

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Lia et Tina, deux jeunes italiennes, intègrent une communauté hippie à Rome en quête de nouvelles expériences.

Di Leo place son film sous le patronage de la fameuse citation de Paul Nizan : « J’avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » qui ouvre le film et lui donne son titre.

Ce qui commence comme une sorte de film (légèrement) érotique italien devient, au fur et à mesure de l’avancée du récit, une suite de désillusions pour ses deux héroïnes jusqu’à basculer dans le drame le plus noir.

La communauté rêvée n’est qu’un ramassis de drogués inertes menés par une sorte de gourou qui n’a de cesse de demander aux nouvelles arrivantes de se prostituer afin de payer un loyer. On y trouve pèle mêle un cinéaste expérimental féministe (dans une séquence très drôle qui déboulonne le cinéma vérité), un adepte de la méditation qui n’a pas bougé depuis trois mois ainsi qu’une galerie de freaks en tout genre.

Ici toute volonté d’expériences sexuelles est immédiatement annihilée par l’incapacité des hommes.

Cette partie est plutôt humoristique jusqu’au virage à 360° qu’opère le film lorsque ses protagonistes quittent Rome.

La conclusion du film située dans restaurant est un modèle d’angoisse et de violence sourde jusqu’à l’incroyable, et éprouvant, final et que dire de ce dernier plan (avec sa musique disco totalement inappropriée) qui enterre définitivement toutes les illusions nées dans les années 70.

En cela Di Leo (qui se donne un rôle essentiel et au combien parlant à la fin du film) rejoint les cinéastes américains du nouvel Hollywood même si parfois son film fait plus penser à une bande fauchée un peu foutraque.

Éprouvant.

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Le ciel peut attendre (1978) / Warren Beatty

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Un quaterback de l’équipe des Rams (Warren Beatty) se retrouve accidentellement au paradis. Conscient de son erreur Mr Jordan (James Mason impérial), sorte de Saint Pierre, le renvoie sur terre dans la peau d’un milliardaire.

Beatty, devant et derrière la caméra réalise cette comédie, avec son comparse Buck Henry (scénariste du « Lauréat« ), très 70’s au discours politique un peu appuyé sur l’écologie ou les grands patrons.

Entouré de seconds rôles savoureux (Vincent Gardenia en maitre d’hôtel, Jack Warden en coach ou Buck Henry en ange)  Beatty parfait passe d’un personnage à un autre et habite le film de sa présence. Il s’entoure aussi de la fine fleur d’Hollywood, Fraker à la photo, Grusin à la musique et Towne pour le lissage du script.

Ce n’est pas toujours très fin mais un certain charme finit par imprégner ce premier film de la star que l’on peut considérer comme un galop d’essai.

Les dernières séquences douces amères apportent une profondeur bienvenue.

Beatty fera beaucoup mieux avec son magnifique « Reds ».

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Voyage au bout de l’enfer (1978) / Michael Cimino

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Un groupe d’amis célèbre le mariage de l’un des siens avant de partir pour le Vietnam.

Cimino a le génie de raconter quasiment tout son film dans son magistral premier tiers. Cette superbe séquence de mariage qui s’étire (et ne paraît jamais trop longue) pose toutes les bases des évènements futurs : le trio amoureux, de Niro et Walken en doubles complémentaires, John Savage déjà à terre préfigurant la perte de ses jambes, la fameuse tache de vin sur la robe de la mariée etc.

On pourrait aussi citer les deux magnifiques séquences de chasse au cerf dans un décor de montagne filmé comme une église ou un paradis avant la plongée dans l’enfer Vietnamien, le personnage du contrebandier français traité comme le diable descendant le Styx, les jeux de miroir avec le reflet de de Niro ou encore son double se projetant dans le lac alors que le personnage de Walken est toujours au Vietnam, le nocturne de Chopin et sa gravité annonçant la fin des illusions et les magnifiques transitions vers les séquences Vietnamiennes avec cet entêtant bruit hélicoptère qui revient tel un leitmotiv.

Le casting royal (Streep, de Niro, Walken, Cazale, Savage, Dzundza et l’inconnu Aspegren) fait preuve d’une alchimie rarement vue sur grand écran et Vilmos Zsigmond signe une magistrale photo.

Une grande fresque extrêmement dense sur l’amitié, l’Amérique, la foi en l’autre bref un des plus grand film de l’histoire du cinéma.

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Le sucre (1978) / Jacques Rouffio

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Courtois (Jean Carmet) retraité des impôts place toute la fortune de sa femme sur le cours du sucre en bourse sur les conseils de d’Hornécourt de la Vibraye (Depardieu). Mais tout ceci est une vaste arnaque…

Rouffio dénonce un monde de la finance corrompu où personne n’assume ses responsabilités en cas de krach et où ce sont les petits porteurs qui trinquent.

Bon c’est un film très lourd dans lequel le jeu constamment hystérique des acteurs est insupportable (la plupart du temps les répliques sont hurlées).

Il y avait un sujet intéressant en le traitant de manière plus pondérée.

La mise en scène peu inspirée de Rouffio achève de rendre ce film raté.

Dommage.

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Les moissons du ciel (1978) / Terrence Malick

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Richard Gere, sa sœur (géniale Linda Manz) et sa compagne (Brooke Adams) errent de ville en ville dans une Amérique en crise jusqu’au jour où ils sont embauchés pour la récolte du fermier (Sam Shepard immense) c’est le début d’un dramatique trio amoureux.

Pour son second film, Malick signe un premier bijou et gomme les défauts de « Badlands ».

Sa mise en scène aérienne englobe ses magnifiques paysages sublimement photographiés par le duo Almendros Wexler (à l’heure magique comme le dit la légende).

Totalement ancré dans le cinéma américain des années 70 tant par sa forme que son fond, le film est d’une infinie poésie et contient des séquences inoubliables (l’incendie ou l’attaque des sauterelles).

Malick est définitivement un magicien et un poète.

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Ces garçons qui venaient du Brésil (1978) / Franklin J. Schaffner

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1978 : le sinistre docteur Mengele (Gregory Peck terrifiant) met en œuvre un terrible complot avec le concours de l’organisation nazie « les camarades » dirigée par le général Seibert (James Mason). Mais le chasseur de nazis Ezra Lieberman (Sir Laurence Olivier dans une performance dont il a seul le secret) veille.

Cette adaptation du roman d’Ira Levin (auteur notamment de « Rosemary’s baby ») est un excellent thriller d’anticipation dans lequel de vieux ennemis livrent leur ultime combat.

Schaffner met en scène intelligemment et signe de très jolies séquences (l’apparition de Mengele, la nurserie, les jeux de miroir ou encore le génial affrontement final).

Henri Decaë offre au film une très belle photo, Peter Lamont une très belle et subtile direction artistique et Jerry Goldsmith signe une nouvelle partition majestueuse.

Une nouvelle réussite de Schaffner.

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La nuit des masques (1978) / John Carpenter

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Souvent copié, jamais égalé.

De son ouverture géniale à sa fin mythique, Halloween restera une pure merveille qui a redéfinit le genre.

La caméra aérienne de Carpenter y fait des merveilles, sa musique est inoubliable et ce jeu du chat et de la souris reste brillant de bout en bout.

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Driver (1978) / Walter Hill

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Le conducteur (Ryan O’Neal, très bien) est en expert dans son domaine. L’inspecteur (Bruce Dern) essaye de le coincer tandis que la joueuse (Isabelle Adjani) ramasse l’argent.

Hill signe ce petit polar plus que classique à la mise en scène ultra sobre.

C’est bien dans son genre mais pas révolutionnaire.

Visiblement Nicolas Winding Refn l’a vu et en a pompé (en partie) la scène d’ouverture.

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Furie (1978) / Brian de Palma

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Un père (Kirk Douglas) part à la recherche de son fils, doté de formidables pouvoirs télékinésiques, enlevé par l’horrible Childress (John Cassavetes machiavélique). En parallèle, l’adolescente Gillian découvre qu’elle aussi possède de remarquables facultés.

De Palma renoue avec  » Carrie  » dans ce film à mi chemin entre le film fantastique et le thriller.

Comme souvent avec de Palma la mise en scène est brillantissime et les séquences d’anthologies s’enchainent (le train, la vision dans l’escalier, l’évasion de Gillian et bien sûr le fameux final).

C’est efficace, surprenant parfois, mais aussi bancal à cause d’un scénario qui ne tranche pas vraiment entre les genres et les personnages.

Et puis la musique Herrmanienne de John Williams est géniale.

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Le seigneur des anneaux (1978) / Ralph Bakshi

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Une madeleine de mon enfance.

Ce dessin animé fut révolutionnaire en son temps, aujourd’hui le « rotoscoping » fait très daté mais malgré tout il y a un certain charme et une forme de poésie dans ce film.

Mai où est la suite !!!

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L’argent des autres (1978) / Christian de Chalonge

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Rainier (Jean-Louis Trintignant) sert de bouc émissaire dans la banque dirigée par Miremont (Michel Serrault) suite aux escroqueries de Chevalier d’Aven (Claude Brasseur).

Un film incroyablement moderne sur les malversations bancaires, d’une écriture vraiment originale (le centre de reclassement des chômeurs est une idée géniale).

Les acteurs sont tous excellents.

Un très bon film français.

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Le retour (1978) / Hal Ashby

Après une première séquence d’une lourdeur infinie, Ashby reprend les rênes de son film pour nous offrir un très beau film et une belle histoire d’amour autour de la guerre du Vietnam vue d’Amérique.

Porté par un formidable trio d’acteurs (Jane Fonda, Bruce Dern et surtout Jon Voight) ce film évite (heureusement) la plupart des clichés du film anti-guerre.

Oliver Stone l’a probablement visionné souvent avant de réaliser « Né un 4 Juillet« .

Une belle réussite.

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Graffiti Party (1987) / John Milius

Probablement le meilleur film de Milius (avec « Conan » bien sûr).

Une multitude de trouvailles (le personnage de Bear, l’entrée de la plage ressemblant aux portes d’un théâtre antique …), la superbe musique de Poledouris et les meilleures séquences de surf jamais filmées.

Émouvant et trop méconnu.

CAB