Le choc (1982) / Robin Davis

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Un tueur à gages (Alain Delon) veut se retirer après un dernier contrat. Mais l’organisation pour laquelle il travaille n’est pas du même avis.

Delon peut s’en donner à cœur joie dans ce nanar de luxe, adapté de Manchette, aux dialogues souvent rigolos (mais est-ce volontaire ?)

Catherine Deneuve tente d’y interpréter une paysanne mariée à un Philippe Léotard alcoolique (comme dans la vraie vie, ce qui procure un certain malaise).

Davis filme avec les pieds et ose même la scène d’amour sur peaux de bêtes devant la cheminée.

On sauvera le thème musical de Philippe Sarde.

Naze.

CAB

Fanny et Alexandre (1982) (version télévision) / Ingmar Bergman

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En 5h12, Bergman convoque les fantômes de son enfance dans ce film qui se voulait être son testament.

S’ouvrant sur un prologue ludique qui foisonne d’allusions à son oeuvre (notamment « Le Septième sceau » ou « Les Fraises sauvages » ), « Fanny et Alexandre » nous invite littéralement à partager la vie (et la table) de la famille Ekdhal.

Somptueux de bout en bout, le film enchaîne les séquences brillantes et défend le pouvoir de l’imaginaire face à la mort dans un vrai chant d’amour aux saltimbanques (ici les acteurs de théâtre).

Pour cette oeuvre somme, Bergman fait revenir ses acteurs fétiches (Erland Josephson, Gunnar Björnstrand, Harriet Andersson ou encore Jan Malmsjö, terrifiant dans le rôle de l’évêque).

Bergman signe une mise en scène discrète mais constamment inventive (les cris de la mère, l’absence de couleurs chez l’évêque, son personnel traité comme des morts vivants, la punition d’Alexandre ou encore le montage parallèle de la dernière partie conférant au film un rythme de quasi thriller …) et convoque avec brio le fantastique (la caverne d’Ali baba d’oncle Isak ou les bouleversantes apparitions du père).

Une merveille absolue et un film très cher à mon cœur que ma mère m’avait fait regarder quand il fut diffusé sur FR3 dans les années 80.

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Le grand pardon (1982) / Alexandre Arcady

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Le « Parrain » chez les séfarades.

En toute modestie (sic), Alexandre Arcady plagie allègrement le chef d’œuvre de Coppola.

Malgré son gros budget, son succès populaire (2 millions d’entrées) et son casting maousse costaud (Gainsbourg fait même une apparition), le réalisateur, qui n’a pas une seule idée de mise en scène, ne fait jamais décoller son film qui se traine tout autant que sa poussive poursuite en voiture.

Hanin en fait des caisses et le film devient franchement douteux quand, dans les dernières séquences, on découvre que le méchant, campé par Bernard Giraudeau, est gay…

Parfois ridicule voire même drôle malgré lui, « Le grand pardon » est un bon gros nanar (culte pour beaucoup).

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La balance (1982) / Bob Swaim

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Une prostituée (Nathalie Baye Césarisée©) et son truand de fiancé (Philippe Léotard Césarisé©) sont forcés par la police à devenir des balances afin de coincer un caïd (Maurice Ronet).

Grand vainqueur des Césars 1983, et gros succès public, le film de Swaim a très mal vieilli.

Ultra décousu et pas très bien filmé, « La Balance » ne vaut que pour sa dénonciation de certaines méthodes policières.

Son casting royal est très inégal (Ronet est parfait, Berry à côté de la plaque).

Bof.

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Que les gros salaires lèvent le doigt! (1982) / Denys Granier-Deferre

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Andre Joeuf (Jean Poiret, merveilleux), chef d’entreprise, invite ses employés à un weekend à la campagne dans sa maison. Lum (Daniel Auteuil) découvre qu’à la fin du séjour Joeuf doit licencier plusieurs de ses salariés.

D’un point de départ plutôt intéressant, Granier-Defferre ne fait malheureusement pas grand chose et le film se caractérise surtout par son dilettantisme et son scénario ultra bancal alors qu’il aurait pu être un terrible jeu de massacre.

On se contente simplement d’une belle galerie d’acteurs dont un Piccoli qui nous sert un numéro de haut vol totalement en roue libre et d’une dernière séquence qui montre ce que le film aurait du être.

Il y a quand même une réplique totalement culte : « Les femmes c’est comme les timbres, il a les neufs et les oblitérés ».

Dommage.

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Missing – Porté disparu (1982) / Costa-Gavras

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Durant le coup d’état des militaires au Chili en 1973, un écrivain américain disparaît. Sa femme et son père partent à sa recherche.

Costa-Gavras entremêle la petite et la grande histoire dans ce film qui n’est pas que politique.

Tout en dénonçant le rôle des États-Unis dans le coup d’état Chilien, le réalisateur s’intéresse aussi, et surtout, à la relation naissante entre le père (magnifique Jack Lemmon) et la femme (Sissy Spacek) du disparu que tout oppose.

Superbe.

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Pink Floyd The Wall (1982) / Alan Parker

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Le chanteur Pink enfermé dans sa chambre sombre dans la folie et se remémore son enfance …

Parker met en image le célèbre album de Pink Floyd et signe un très grand film sur l’aliénation sous toutes ses formes.

Sans presque aucun dialogues, grâce à la force de ses images et de sa mise en scène, Parker nous plonge dans les méandres du cerveau de son personnage principal.

Le film n’est absolument pas un long clip mais une œuvre maitrisée de bout en bout.

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Poltergeist (1982) / Tobe Hooper

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Une famille typique américaine voit se produire de drôles de phénomène dans sa maison…

C’est le plus gros succès de Tobe Hooper au box office sous le patronage de Saint Steven Spielberg.

Quoi de plus Spilbergien que ce portrait d’une famille américaine typique dans une banlieue qui rappelle terriblement celle de « E.T. » tournée à la même époque dans les mêmes décors.

La patte de Spielberg est omniprésente à telle point que l’on dit que c’est lui qui l’a réalisé.

Artistiquement c’est très beau et soigné et ILM signe des magnifiques effets spéciaux. Le scénario est habile et les personnages existent (mention à Zelda Rubinstein).

Et puis il y a une séquence avec deux magnifiques travelling compensés.

Une belle réussite et sans morts (ce qui est très rare pour le genre).

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Ténèbres (1982) / Dario Argento

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Un écrivain américain est menacé à Rome par un serial killer qui s’inspire de son dernier roman à succès « Tenebrae ».

Après un « Inferno » plutôt raté, Argento signe un excellent film avec son comparse Tovoli derrière la caméra.

Cette fois ci, le scénario tient la route et n’est pas un prétexte à un enchainement de scènes de meurtres.

Inspiré, le réalisateur signe plusieurs séquences superbes dont ce fameux et génial plan séquence à la louma sur la façade d’un immeuble. Alors oui il peut paraître gratuit mais il est hyper cool. On citera aussi un meurtre en plein jour sur une place de Rome qui est un modèle de découpage.

Même les séquences du trauma originel sont très réussies et le score des Goblin est grandiose (notamment le mythique « main title » repris par Justice).

Bref c’est un excellent film où l’on retrouve toutes les obsessions d’Argento.

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Le choix de Sophie (1982) / Alan J. Pakula

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Stingo jeune écrivain fait la rencontre de Nathan et de Sophie survivante d’Auschwitz dans la pension de famille où il vit.

Pakula réussit le pari insensé d’adapter l’œuvre de Styron.

Prodigieusement dirigés, les trois acteurs principaux (Peter MacNicol, Kevin Kline (qui débutait) et bien sûr Meryl ‘Oscar’ Streep) au sommet de leur art donnent vie à ce trio tout aussi magnifique que tragique.

Par sa mise en scène exempte de tout effet, Pakula arrive à filmer l’inimaginable et nous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine.

Almendros signe une sublime photo pastel pour les séquences contemporaines contrebalancée par les teintes bleues et grises des flashbacks.

Marvin Hamlisch compose une très belle partition romanesque.

Un film d’apprentissage, sur la vie, la mort, l’amour bref une œuvre essentielle.

Le visage de Sophie lors de sa « confession » hantera longtemps notre mémoire.

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Creepshow (1982) / George A. Romero

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Romero adapte avec Stephen King au scénario le fameux comic book éponyme qu’ils ont eux mêmes créé.

Bon c’est un film totalement culte mais cela n’empêche pas qu’il soit très inégal.

Les scénarios de King sont plutôt sympathiques et efficaces mais pas tous du même niveau. On retiendra surtout l’épisode « The Crate » aussi drôle que terrifiant.

Romero filme avec beaucoup d’inspiration en jouant avec les codes de la bd et c’est très réussi.

Les effets de Tom Savini sont parfaits tout comme l’excellente musique de John Harrison et le casting est ultra savoureux avec Leslie Nielsen, Hal Holbrook, Adrienne Barbeau, Ed Harris et Ted Danson et Stephen King himself.

Sympathique.

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Une chambre en ville (1982) / Jacques Demy

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Demy réalise un grand mélodrame sur fond de grève à Nantes (bien sûr).

Une fois de plus une histoire d’amours déçus chantée sur une partition de Michel Colombier bien inférieure à celles de Michel Legrand dans les autres films de Demy.

Un assez beau film un peu lourd dans son discours politique mais finalement bien moins réussi que « les Parapluies de Cherbourg« .

Seconde vision : 12/10/2013

Cette version restaurée est magnifique et avec du grain !

Le film reste le même, visuellement superbe avec ses jeux de couleurs et très bien mis en scène. En revanche il est d’un tel romanesque qu’il peut paraître excessif à beaucoup (comme aux blaireaux dans la salle riant totalement à contre temps).

Le discours politique reste toujours aussi lourdaud. Les acteurs sont vraiment bons (Piccoli en « diable » est génial).

La musique de Colombier est finalement très réussie et reste gravée dans la mémoire longtemps après la fin de la projection (la chanson de Violette est un grand moment culcul terriblement efficace).

Pas le meilleur Demy mais un vrai bon film pour peu qu’on se laisse emporter.

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La créature du marais (1982) / Wes Craven

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Le docteur Holland a mis au point une formule qui pourra éradiquer la faim dans le monde mais le redoutable Arcane (Louis Jourdan) est prêt à tout pour s’en emparer. Après l’attaque de son laboratoire il est laissé pour mort et devient la terrible créature des marais.

Craven adapte le fameux DC Comics éponyme et malheureusement on est loin de « L’étrange créature du lac noir ».

Le scénario est assez bordélique et se cantonne d’être pendant les 2/3 du film une interminable course poursuite entre les sbires de Arcane et la créature, avec Adrienne Barbeau (et ses décolletés vertigineux) au milieu.

Alors oui il y a des transitions sympathiques, des effets rigolos mais surtout très « cheap ».

Le combat final entre deux cascadeurs affublés de costumes grotesques est totalement ridicule.

Culte donc ;).

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Espion, lève-toi (1982) / Yves Boisset

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Grenier (Lino Ventura) banquier vivant à Zurich est un espion dormant qui est « réveillé » après le meurtre d’un de ses comparses. Il rencontre l’étrange Chance (Piccoli génial). Qui manipule qui et pourquoi ?

Boisset réalise un thriller aussi embrouillé qu’un roman de John le Carré.

Avec Audiard (pas Jacques, le vrai) au scénario et aux dialogues, savoureux mais ne cherchant pas à faire constamment de bons mots, Boisset tricote un thriller paranoïaque assez emblématique d’un cinéma engagé français des années 80.

C’est plutôt réussi et les deux plans séquences à la steadycam (tenue par Pierre William Glenn) sont très bien foutus.

Un bel exemple de cinéma populaire et ambitieux.

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La permission (1982) / Serif Gören, Yilmaz Güney

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Dans une Turquie sou le joug des militaires, cinq prisonniers bénéficient d’une permission et rentrent chez eux, mais la véritable prison c’est la société Turque.

Réalisé depuis sa cellule par Güney ce film (palme d’or à Cannes en 1982) est un véritable coup de poing.

Très fort.

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L’année de tous les dangers (1982) / Peter Weir

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En 1965 en Indonésie un jeune reporter (Mel Gibson) assiste à la chute de Sukarno et accessoirement tombe amoureux de Sigourney Weaver.

A mi-chemin entre le film sur les journalistes et la romance, « l’année … » ne trouve jamais le ton juste et se perd en cours de route.

Linda Hunt, en revanche, est parfaite dans un rôle d’homme (sic) qui lui a valu un oscar amplement mérité.

Dommage il y avait de quoi faire beaucoup mieux.

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Un justicier dans la ville 2 (1982) / Michael Winner

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Bronson erre dans un Los Angeles truffé de voyous à la recherche de ceux qui ont tué sa fille.

Paul Kersey revient dans ce second opus plus revenge movie que vigilante movie.

Le film est vraiment bien mise en scène mais il ne possède pas la profondeur du premier épisode et le début est quand même assez dégueulasse.

A noter la musique de Jimmy Page et un certain Laurence Fishburne III dans un petit rôle.

Sympathique (sic).

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Travail au noir (1982) / Jerzy Skolimowski

Nowak (Jeremy Irons), contremaitre Polonais et seul à parler anglais, et 3 maçons arrivent à Londres pour rénover une maison. Apprenant qu’un coup d’état à eu lieu en Pologne, il décide de leur cacher la vérité.

Skolimowski signe un très grand film politique et sur l’incommunicabilité (les dialogues en polonais du film n’étant pas traduit).

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Rambo (1982) / Ted Kotcheff

Ted Kotcheff réalise un film formidable superbement éclairé par Andrew Laszlo et porté par la magnifique musique de Jerry Goldsmith .

Métaphore de la guerre du Vietnam et de ses conséquences aux Etats Unis, Rambo, machine de guerre se retrouve rejeté par le pays pour lequel il s’est battu.

Une œuvre brillante portée par un Stallone au meilleur de sa forme et qui vaut bien plus que certaines de ses suites.

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L’honneur d’un capitaine (1982) / Pierre Schoendoerffer

Film de procès sur la guerre d’Algérie à travers les 19 derniers jours d’un capitaine brillamment interprété par Jacques Perrin.

Schoendoerffer poursuit une œuvre singulière et continue d’imbriquer ses films les uns avec les autres.

Un film passionnant et dense à l’écriture très réussie.

Nicola Garcia, Georges Wilson, Claude Jade et Georges Marchal sont parfaits, Charles Denner lui est catastrophique.

Pour l’anecdote la présence de deux jeunes acteurs Christophe Malavoy et un certain Florent Pagny.

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Meurtres en direct (1982) / Richard Brooks

 

Satire qui annonce la situation actuelle au Moyen Orient dans laquelle Sean Connery interprète un journaliste de la télévision.

Critique des médias, du gouvernement américain, des agences gouvernementales, Brooks s’en donne à cœur joie.

Savoureux et un peu bordélique quand même.

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Rencontres du troisième type (director’s cut) (1977) / Steven Spielberg

Un grand film sur la communication.

Servi par de magnifiques comédiens (François Truffaut, Richard Dreyfuss, Bob Balaban, Teri Garr et Melinda Dillon), entouré d’une équipe technique de rêve (John Williams, Vilmos Zsigmond, Roy Arbogast, Carlo Rambaldi, Douglas Trumbull, John A. Alonzo, László Kovács, William A. Fraker, Douglas Slocombe, Allen Daviau etc.) Spielberg signe une pure merveille.

Les trente dernières minutes de ce film sont tout simplement magiques.

Un bonheur de cinéma.

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E.T., l’extra-terrestre (20th anniversary cut) (1982) / Steven Spielberg

 

E.T. vient sur terre, meurt, ressuscite et repart. Le film le plus personnel de Spielberg, mais aussi un grand film sur le divorce, un score somptueux de Williams, un immense double travelling compensé, l’homme aux clés etc. etc.

Génial et totalement émouvant.

PS : Quelle connerie d’avoir effacé les flingues dans cette version !!! et la CGI n’était pas nécessaire le film était déjà magique sans.

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The Thing (1982) / John Carpenter

 

Il n’y a qu’un « The Thing » et c’est celui-là.

Maitrisé de bout en bout par un Carpenter au sommet de son art.

Un film dont le final dément nous hantera encore et encore à chaque nouvelle vision.

Grandiose et en plus c’est un parfait film de Noël.

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Coup de coeur (1982) / Francis Ford Coppola

Ce film maudit de Coppola est un enchantement du début à la fin.

Visuellement époustouflant, d’une incroyable créativité, Teri Garr et Frederic Forrest s’aiment et se séparent dans un Las Vegas entièrement recréé en studio.

Une merveille.

CAB

L’usure du temps (1982) / Alan Parker

Chronique d’une rupture.  Le film que tous les détracteurs de Parker devraient voir pour se rendre compte que c’est un grand cinéaste;).

Albert Finney et Diane Keaton se déchirent sur l’écran dans ce magnifique film qui contient sont lot de séquences d’anthologie et de moments bouleversants (le repas au restaurant, les scènes autour de la machine à écrire…) et quel dernier plan !!!

Le tout grâce à une mise en scène subtile et sans effets tapageurs.

Un grand film.

CAB