Le battant (1983) / Alain Delon

Condamné pour vol à main armée et meurtre d’un bijoutier, Alain Delon, sort de prison bien décidé à récupérer les diamants volés huit ans auparavant.

Cette deuxième réalisation de Delon est largement supérieure à « Pour la peau d’un flic » .

Plus ludique, le film (dédié à René Clément) enchaîne les clins d’œil : la cage d’oiseau, la musique et le décor de l’appartement du « Samouraï« , ou encore l’insupportable et omniprésente chanson de « Pour la peau d’un flic » diffusée par un auto radio et coupée tout de suite alors que le personnage dit « ah non merde pas encore ! ».

Delon campe un personnage anachronique seul survivant d’une caste dont la plupart de ses membres sont soit morts, soit retirés des affaires.

Le scénario de Christopher Frank est complexe comme il faut et ménage ses surprises.

François Périer est une fois de plus parfait et Anne Parillaud joue une hallucinante femme objet.

Un film reflet d’une une époque.

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L’indic (1983) / Serge Leroy

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Le bras droit (Thierry Lhermitte) d’un parrain Corse en cavale (Bernard-Pierre Donnadieu), rencontre une jeune femme (Pascale Rocard) à l’enterrement d’un truand. Un inspecteur de police (Daniel Auteuil) va tenter de la faire devenir une indic…

Bien filmé (l’assassinat de la séquence d’ouverture), « L’indic » tient à la route et enchaîne ses multiples péripéties.

On regrettera néanmoins le côté bluette d’une partie du film (surement une concession commerciale pour ne pas faire de Lhermitte un personnage trop négatif).

Donnadieu est encore une fois excellent dans un rôle de méchant prêt à tout pour venger son frère.

Sympa.

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Le bal (1983) / Ettore Scola

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Du front populaire aux années 80, la grande histoire vue à travers le prisme d’une salle de bal.

Scola adapte un spectacle de théâtre et en fait un superbe objet cinématographique sans paroles, qui n’est ni une comédie musicale, ni du théâtre filmé.

Il nous entraine dans un voyage à travers l’histoire de France en musique(s) et (un peu) en danse et rend hommage au septième art (les séquences avec un Gabin période « Pépé le moko » ou encore celle citant « Top hat » ).

Il n’omet surtout pas de traiter les pages sombres de l’histoire comme la seconde guerre mondiale (avec son allemand dansant avec un collaborateur) ou bien la guerre d’Algérie.

Le choix des chansons est toujours remarquable et dit beaucoup plus que n’importe quel dialogue.

Un petit bijou d’originalité brillamment mise en scène dans cet espace confiné.

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Vidéodrome (1983) / David Cronenberg

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Max Renn (James Woods), programmateur d’une chaine de télévision, voit sa vie bouleversée après avoir visionné un programme ultra violent nommé Videodrome.

Après son excellent « Scanners » , Cronenberg poursuite l’exploration de ses thèmes de prédilection et signe un de ses meilleurs films.

Réflexion sur la violence et le pouvoir des images, « Videodrome » est aussi un thriller haletant et un film fantastique à l’élégante mise en scène.

Rick Baker nous gratifie de superbes effets spéciaux mécaniques toujours aussi impressionnants (à part le bras de Woods dans la fameuse séquence du « magnétoscope humain »).

Bref c’est excellent et en plus il y a Debbie Harry qui prouve qu’elle peut aussi être une excellente actrice.

« Death to Videodrome, long lives the new flesh ».

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Under Fire (1983) / Roger Spottiswoode

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Trois journalistes américains (Gene Hackman, Nick Nolte et Joanna Cassidy) couvrant la révolution au Nicaragua se retrouvent impliqués dans les évènements.

Dans les années 80, pris dans la tourmente d’un conflit qui n’est pas le sien, le journaliste idéaliste doit prendre position et franchir la ligne pour faire triompher la vérité; mais à quel prix ?

Spottiswoode filme brillamment le périple de ses personnages sans oublier de donner aussi chair à un touchant triangle amoureux.

Les trois interprètes principaux sont parfaits tout comme l’excellent Ed Harris dans un rôle de mercenaire cynique et Jean-Louis Trintignant en espion mondain.

Pour couronner le tout la musique de Jerry Goldsmith est un classique et John Alcott signe une très belle photographie.

Top.

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Les fantômes du chapelier (1982) / Claude Chabrol

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Le tailleur (Charles Aznavour), soupçonne le chapelier (Michel Serrault) d’être l’étrangleur qui sévit dans sa ville.

Hitchockien en diable ce film de Chabrol vaut beaucoup pour la performance de haut vol de Michel Serrault qui, parfois, tutoie le cabotinage..

Grâce à son élégante mise en scène le réalisateur oppose, dans un jeu du chat et de la souris, les univers de ses deux principaux protagonistes .

Une réussite.

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Tchao pantin (1983) / Claude Berri

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Lambert (Coluche en mode César) pompiste dépressif et alcoolique rencontre un jour Bensoussan (Anconina) petit dealer sans envergure.

Coluche enfermé dans la cahute de son garage comme dans sa culpabilité et ses addictions (l’alcool dans le film, la drogue dans sa vie) habite son personnage et le film, revenge movie à la française plutôt bien foutu par un Berri en forme.

Avec Nuytten à la photo et Trauner aux décors, il confère, à son film, un très beau look, aussi crépusculaire que son scénario.

De la belle ouvrage.

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Bad Boys (1983) / Rick Rosenthal

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Un adolescent délinquant (Sean Penn) est envoyé en maison de redressement après avoir tué accidentellement le frère d’un membre d’un gang rival.

Rosenthal signe un film coup de poings en utilisant les codes du film de prison classique, et dresse le portrait d’une jeunesse qui n’obéit qu’à ses instincts.

Il y a une quantité de belles idées de mise en scène et même si le film se déroule de manière plutôt classique, il le fait avec une certaine efficacité.

Une bonne surprise.

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Gorky Park (1983) / Michael Apted

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Avant la glasnost, trois cadavres, sans visages, sont retrouvés à Moscou. L’enquête de l’inspecteur Renko (William Hurt, très bon) démarre mal d’autant plus que le KGB et un riche américain (Lee Marvin, dans un de ses dernier rôle) entrent dans la danse.

La principale originalité de ce petit polar est de se situer en Union Soviétique et d’avoir un héros russe. A part cela, c’est un film policier assez classique mêlant guerre froide (mollement) et enquête. Le « whydunit », bien qu’original, n’en reste pas moins un peu vain.

Apted, derrière la caméra, fait le job sobrement et signe de jolis flashbacks de la scène du triple meurtre telle que se l’imagine Hurt au fur et à mesure de ses investigations.

Le meilleur restant l’excellente partition de Horner.

Pas mal.

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La quatrième dimension (1983) / Joe Dante, John Landis, George Miller & Steven Spielberg

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Spielberg, Landis, Dante et Miller rendent hommage à la fameuse série télé éponyme.

Le prologue et le premier segment sont signés John Landis. Dans le premier, Dan Aykroyd et Albert Brooks font un savoureux duo de qui fera le plus peur à l’autre. Dans le second, le spectateur assiste à l’éprouvante odyssée d’un raciste dans la peau de ceux qu’il stigmatise dont les derniers plans sont magistraux. Cet épisode est resté tristement célèbre pour l’accident d’hélicoptère qui causa la mort de Vic Morrow et de deux enfants.

Le second segment, signé Spielberg, est une très émouvante fable sur la vieillesse portée par un magnifique Scatman Crothers qui me fait toujours verser ma petite larme.

Le troisième épisode, réalisé par Joe Dante, est une sympathique satire de l’enfant roi américain très acerbe aux superbes créatures signées Rob Bottin.

Le dernier segment est une géniale leçon de mise en scène de George Miller sur un passager d’avion en pleine crise d’angoisse. John Lithgow dans le rôle titre est parfait.

L’épilogue permet de boucler la boucle avec le retour de Dan Aykroyd.

La grande réussite du film tient dans le fait que chacun des réalisateurs impliqué signe un opus qui s’inscrit parfaitement dans son univers.

La musique de Goldsmith parachève le succès de cette entreprise.

Une réussite dans un genre (le film à sketchs) qui compte beaucoup de raté.

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Le prix du danger (1983) / Yves Boisset

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François (Gérard « cabot » Lanvin) participe au jeu télévisé le prix du danger animé par Mallaire (Piccoli) dans lequel il faut survivre à cinq tueurs lancés à ses trousses.

En 1983 Boisset adaptait une nouvelle de Robert Sheckley et donnait vie à la télé poubelle.

Les dialogues de Jean Curtelin sont savoureux (surtout dans la bouche d’un génial Piccoli en maître de cérémonie) et la fine fleur des acteurs français des années 80 est présente (Marie-France Pisier, Gabrielle Lazure, Bruno Cremer, Catherine Lachens …)

Le film est ultra efficace, très politique (comme toujours avec Boisset) et plutôt pas mal foutu.

Un bel exemple d’un cinéma français qui était autrefois ambitieux.

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Le retour du Jedi (special edition) (1983) / Richard Marquand

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Troisième opus de la première trilogie « Star Wars » ou comment l’empire chute.

Très décrié en son temps pour ses intentions très commerciales (et surtout pour ses nounours les ewoks), « Le retour » n’en reste pas moins un film dans la continuité des deux précédents même si la mise en scène de Marquand est plutôt effacée.

Alors oui le passage du temps commence à se faire sentir sur nos héros (surtout sur Luke et Leia) mais l’ensemble se suit avec toujours autant de plaisir et les morceaux de bravoure se succèdent.

Les séquences avec l’empereur sont toujours aussi géniales et son thème musical reste une des grandes réussites de John Williams.

Pour l’anecdote un certain David Fincher était assistant cameraman chez ILM sur ce film.

Et pour finir ces Special Edition sont vraiment emmerdantes avec leurs ajouts absolument pas raccords et surtout inutiles.

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Christine (1983) / John Carpenter

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Arnie, souffre douleur de son collège, achète Christine (une vieille Plymouth décatie). A son contact il change …

Un Carpenter, certes mineur, sur l’adolescence mais quelle classe dans la réalisation.

L’image de Christine en flammes poursuivant sa victime restera longtemps gravée dans nos mémoires.

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Tonnerre de feu (1983) / John Badham

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Murphy (Roy Scheider parfait) est un pilote d’hélicoptère de la police de Los Angeles traumatisé par la guerre du Vietnam. Il va mettre un jour un complot impliquant le fameux « Blue Thunder » (un hélicoptère ultra moderne) du titre.

Badham signe un film post Vietnam et Watergate dans la lignée des grands films conspirationnistes mais aussi anticipe la venue de Big Brother.

La présentation du « Blue Thunder » (magnifiée par la photo de Alonzo) est toujours une séquence aussi géniale tout comme les 30 dernières minutes dans les airs.

Warren Oates et Malcolm McDowell y sont parfaits et sobres.

Culte.

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WarGames (1983) / John Badham

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Un petit génie de l’informatique (Matthew « Ferris Bueller » Broderick) va t’il déclencher la troisième guerre mondiale.

Badham (qui a remplacé Martin Brest viré au début du tournage) réalise un film intelligent et même drôle dans lequel le NORAD et le W.O.P.R sont aussi des personnages à part entière.

La séquence d’ouverture est toujours aussi géniale.

Un réussite.

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Les copains d’abord (1983) / Lawrence Kasdan

Suite au suicide de l’un d’entre eux, un groupe d’amis, qui se sont connus à l’université, se retrouve le temps d’un week-end.

Maintes fois copié, ce film doux amer dresse le bilan des désillusions d’une jeunesse qui fut engagée et a reniée ses idéaux.

Drôle et émouvant, au casting brillantissime (Glenn Close, Kevin Kline, Tom Berenger, Jeff Goldblum, William Hurt, Mary Kay Place, Meg Tilly, JoBeth Williams et même Kevin Costner (si, si ce sont ses cheveux au début du film)) une très belle réussite de Kasdan.

Et quelle BO !

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Retour vers l’enfer (1983) / Ted Kotcheff

Un an après « First Blood » Kotcheff envoie Gene Hackman au Laos récupérer son fils  prisonnier pendant la guerre du Vietnam.

Kotcheff s’embourbe dans ce récit tarabiscoté et raté produit par John Milius.

Pour les filles il y a Patrick Swayze tout jeune.

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Carmen (1983) / Carlos Saura

 

Seconde collaboration entre Antonio Gades et Carlos Saura, cette version de « Carmen » est magnifique.

Un film dans lequel réalité et fiction ne cessent de s’imbriquer avec beaucoup plus de subtilité que dans « Black Swan » par exemple.

Gades cherche sa Carmen et se brûle de jalousie pour la superbe Laura del Sol.

Une très très grande réussite.

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Le Mystère Silkwood (1983) / Mike Nichols

 

Film engagé Américain basé sur le destin tragique (et réel) de la syndicaliste Karen Silkwood.

Le trio d’acteurs principal (Meryl Streep, Curt Russel et Cher) est formidable et le film réussi.

Un peu long néanmoins.

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L’étoffe des héros (1983) / Philip Kaufman

 

Adaptation brillante du roman éponyme de Tom Wolfe.

La course pour la conquête de l’espace vue à hauteur d’hommes et de femmes.
Une très belle réussite.

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Brainstorm (1983) / Douglas Trumbull

Ovni cinématographique à la distribution 4 étoiles (Christopher Walken, Cliff Robertson, Louise Fletcher et Nathalie Wooddont c’est le dernier film.

Un film à voir en salles absolument pour ses séquence en 70mm.

Le scénario est un peu alambiqué (dû en grande partie au décès en cours de tournage de Wood) mais le film contient plusieurs moments très beaux.

A noter l’excellente BO de James Horner.
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