L’amour à mort (1984) / Alain Resnais

Un homme (Pierre Arditi) meurt, puis ressucite sous les yeux de sa compagne (Sabine Azéma). Leur vie en est bouleversée …

Resnais signe une oeuvre à la forme quasi expérimentale (avec ses intermèdes musicaux sur fond de neige qui tombe la nuit) où il oppose deux visions du couple l’une mortifère (Azéma et Arditi) et l’autre lumineuse (Fanny Ardant et André Dussollier en pasteurs).

Parfois un peu trop théorique, voire théologique, « L’Amour à mort » n’en est pas moins très beau et envoûtant.

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Razorback (1984) / Russell Mulcahy

Un monstrueux sanglier sauvage terrorise l’outback australien.

Mulcahy, petit génie du vidéoclip dans les années 80, réalisait sur ses terres d’origine cet énième ersatz de « Jaws » où un sanglier remplace le requin.

A sa sortie, le film avait fait son petit effet avec ses jeux de lumières et sa mise en scène tapageuse.

33 ans plus tard, c’est terriblement daté et complètement bordélique malgré les effets spéciaux réussis de la créature.

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L’addition (1984) / Denis Amar

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Emprisonné pour un délit mineur, Richard Berry devient la victime du vilain maton interprété par Richard Bohringer.

Cette tentative française de film carcéral pâtit d’un scénario qui ne cesse d’accabler artificiellement le pauvre Berry (qui n’a décidément jamais de chance) et de séquences d’ouverture et de fin qui sonnent terriblement faux.

Amar, derrière la caméra, assure le strict minimum.

Sinon, Bohringer est parfait, dans un rôle à sa mesure, et Farid Chopel campe un terrifiant méchant au côté duquel, on trouve un tout jeune Vincent Lindon.

Mouais.

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Rue barbare (1984) / Gilles Béhat

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Un ancien malfrat (Bernard Giraudeau) secourt une jeune fille qui vient de se faire agresser par des truands, à la tête desquels se trouve l’impitoyable Hagen (Bernard-Pierre Donnadieu).

Un an avant « Urgence » , Donnadieu campait déjà un rôle de méchant d’anthologie dans cette adpatation d’un roman de David Goodis.

Dans un décor de banlieue (déjà) abandonnée où règnent les voyous, un homme seul va oser résister.

Véritable western urbain, « Rue barbare » se rattache à la tradition du genre tout en ayant un côté BD assez sympathique (les looks des personnages).

Son casting est aussi une vraie réussite (Jean-Pierre Kalfon en rocker coké sur le retour, Jean-Pierre Sentier et ses couteaux, Christine Boisson ou encore Corinne Dacla).

Malgré ses maladresses et son côté assez daté, le film de Béhat reste néanmoins une tentative originale pour le cinéma français.

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Le meilleur (1984) / Barry Levinson

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Un joueur de Baseball au talent incroyable (Robert Redford) tente un come-back après avoir interrompu une carrière qui s’annonçait exceptionnelle.

Levinson convoque les mythologies et réalise son meilleur film en adaptant le roman de Bernard Malamud, habile transposition de la légende de Perceval le Gallois et de l’Odyssée d’Homère dans le monde du Baseball et donc dans l’Americana (la batte de Baseball figurant Excalibur, l’équipe qui s’appelle Knights, Glenn Close en Pénélope etc …) .

Caleb Deschanel signe une photo de toute beauté et Randy Newman une de ses plus belle partition.

La distribution (Glenn Close, Robert Duvall, Kim Basinger, Barbara Hershey, Wilford Brimley …) est au diapason d’un Redford parfait (même s’il est beaucoup trop vieux pour les scènes de sa jeunesse).

Un très beau film.

CAB.

La diagonale du fou (1984) / Richard Dembo

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Le titre de champion du monde d’échecs oppose un vieil apparatchik juif (Michel Piccoli, parfait) soutenu par Moscou à un jeune dissident (Alexandre Arbatt).

Couvert de récompenses (Oscar du film étranger, prix Louis Delluc et Golden Globe), ce premier film se suit comme un thriller dans lequel s’affronte deux mondes où le jeu est un acte politique et où il faut gagner quelqu’en soient le prix ou les moyens.

Pas mal du tout.

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Ronde de nuit (1984) / Jean-Claude Missiaen

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Deux policiers (Gérard Lanvin et Eddy Mitchell) enquêtent sur la mort d’un député.

Ancien journaliste de cinéma et grand cinéphile devant l’éternel, Missiaen signe ici un polar engagé, bourré de clins d’œil où Eddy Mitchell donne l’impression de sortir de la dernière séance.

Les dialogues sont passablement ringards (mais drôles), les bagarres pas très bien chorégraphiées mais il y a aussi plusieurs séquences vraiment mises en scène et surtout, derrière l’humour pointe aussi une noirceur qui baignera toute la fin du film.

Face au duo de stars, Lisette Malidor campe une tueuse au sang froid terrifiante.

Comme très souvent à cette époque il y a un petit fond politique pas désagréable et malgré le côté bâclé de l’ensemble on ne peut que saluer l’ambition de Missiaen qui rend son film fort sympathique.

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Birdy (1984) / Alan Parker

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Deux amis (Matthew Modine et Nicolas Cage) reviennent du Vietnam traumatisés, l’un physiquement, l’autre psychologiquement.

Ce très beau film, du trop sous estimé Parker, est une superbe ode à l’amitié et au merveilleux.

On retiendra, entre autre, les séquences filmés à la skycam (du point de vue d’un oiseau) qui sont de purs moments de poésie visuelle, l’alchimie entre les deux principaux interprètes et cette dernière réplique d’anthologie.

Très beau.

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Terminator (1984) / James Cameron

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Un vilain robot vient du futur tuer la mère de celui qui deviendra le chef de la résistance dans la guerre contre les machines.

Cameron inventait un mythe dans cet excellent film violent, rythmé et mis en scène avec intelligence.

Arnold monolithique (à juste titre) est parfait dans le rôle titre.

Bref un classique dans le genre.

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Runaway – L’évadé du futur (1984) / Michael Crichton

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Dans un futur proche, peuplé de robots, un inspecteur de police Tom « Magnum » Selleck) est chargé de désactiver ceux qui ont des dysfonctionnements. Un jour apparaissent des robots tueurs…

Comme toujours avec Crichton le postulat de base est intéressant, malheureusement le film ne rempli pas ses promesses.

Les robots ne servent que de prétexte à un thriller somme toute assez banal.

Selleck est sympathique et Gene Simmons (le chanteur de KISS) campe un méchant très méchant.

Crichton sait toujours s’entourer d’excellents collaboratuers, ici il s’agit de Jerry Goldsmith qui signe son premier score électronique et de John Alonzo à l’image.

Gentillet.

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L’enfer de la violence (1984) / J. Lee Thompson

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Un ancien tueur à gages (Bronson monolithique) sort de sa retraite pour venger le meurtre d’un de ses amis sauvagement torturé par le Docteur Molloch, une sorte de consultant en torture pour tous les dictateurs du monde.

Si le titre du film fait référence à Shakespeare, on est ici très très loin de « Jules César ».

Tout à la gloire de Bronson, le papy flingueur, le film enchaine mollement de vagues séquences d’action très pépères.

Ce qui surprend le plus c’est l’incroyable violence du film (notamment la séquence de torture bien crade) qui frôle parfois le gore.

Pas mis en scène et mal joué, bref pas terrible du tout.

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Spinal Tap (1984) / Rob Reiner

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Un faux documentaire sur le groupe de metal le plus bruyant d’Angleterre en tournée aux États-Unis.

Ce premier film, Reiner est plutôt réussi et drôle. Son portrait d’un groupe de hard rocker en pleine déliquescence est assez savoureux et surement beaucoup plus proche de la réalité qu’on le pense.

C’est assez malin, novateur, bien fait et surtout servi par ses excellents acteurs (dont Anjelica Huston et Billy Crystal dans des cameos).

Sympathique.

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Les griffes de la nuit (1984) / Wes Craven

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Une bande de teenagers fait de drôles de rêves; mais qui est ce Freddy qui hante leur sommeil ?

Craven inventait le croque mitaine moderne dans ce très sympathique film d’horreur qui donnait à Robert Englund un rôle dont il ne pourra jamais se séparer.

On louera l’inventivité des meurtres grâce aux allers retours entre rêve et réalité.

A noter que c’est le premier rôle de Depp au cinéma et la présence de Ronee Blakley inoubliable actrice du « Nashville » de Altman.

Sympathique et fun.

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Greystoke, la légende de Tarzan (1984) / Hugh Hudson

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Les aventures de Tarzan (ChristopheR Lambert excellent si, si, si) entre l’Afrique et l’Angleterre.

Hudson confirmait son talent avec cette adaptation de Edgar Rice Burroughs signée Robert Towne et Michael Austin.

Son Tarzan devient un film violent où la mort est constamment présente. C’est aussi et surtout un très beau film sur la filiation bien plus qu’une critique du comportements d’humains violents et idiots.

Dans Greystoke, la société anglaise est aussi violente que la jungle africaine et Tarzan, quel que soit l’endroit où il se trouve, ne cesse de revivre les mêmes choses. On sent probablement la patte de Towne dans ce scénario extrêmement riche.

La mise en scène est sublime dans un scope magnifique de John Alcott. Rick Baker invente des maquillages de singes invisibles (donc géniaux) et John Scott une splendide partition. Les acteurs sont tous parfaits (mention à Ralph Richardson décédé peu de temps après le tournage en émouvant grand père qui retrouve une seconde jeunesse).

Un très très beau film.

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Starman (1984) / John Carpenter

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Après avoir essuyé un flop monumental avec « The Thing », Carpenter réalise son antithèse avec ce film aussi sensible que poétique, véritable road movie dans l’Amérique des sans grades.

Le couple Jeff Bridges / Karen Allen est extraordinaire.

Poétique et christique le Starman de Carpenter nous montre un monde meilleur et nous révèle une humanité qui nous a abandonné.

Le final de ce très grand film est tout simplement grandiose.

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Un dimanche à la campagne (1984) / Bertrand Tavernier

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Monsieur Ladmiral (Loui Ducreux fabuleux) reçoit, un dimanche à la campagne donc, son fils (Michel Aumont parfait) et sa fille (Sabine Azéma pas insupportable pour une fois).

Tavernier adapte le roman de Pierre Bost « Monsieur Ladmiral Va Bientot Mourir » et signe un très joli film sur la vieillesse, la mort et les rapports parents / enfants.

Ce dimanche lumineux est éclairé comme les tableaux impressionnistes et parsemé de flash back (ou de fantasmes) d’une mère / épouse décédée dont la douce présence baigne le film et le conclut d’une très jolie manière.

Tavernier relate aussi un monde au bord de la première guerre mondiale et dessine un joli personnage de femme moderne qui apparaît telle une tornade au volant de son automobile.

La mise en scène est très belle faite d’ample mouvements d’appareils gracieux.

Un très joli film.

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Il était une fois en Amérique (1984) / Sergio Leone

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Noodles (de Niro grand) retourne sur les lieux de son enfance pour affronter les fantômes de son passé et ses regrets.

Pour son ultime réalisation, Leone signe une film-somme.

Un grand film sur l’enfance et l’amitié.

La mise en scène est totalement maitrisée avec ses transitions éblouissantes (qui nous font penser au génial « Parrain II ») et Leone s’autorise de très audacieux aller-retours entre différentes époque.

Et puis il y a aussi l’un des plus beau plan de fin de l’histoire du cinéma.
Bouleversant et monstrueusement génial.

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Indiana Jones et le temple maudit (1984) / Steven Spielberg

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Un roller coaster d’une incroyable drôlerie (Spielberg a totalement intégré la grande comédie US des années 40) mis en scène magistralement.

Le duo Capshaw / Ford fonctionne à merveille et la multitude de sous entendus est assez réjouissante.

L’épisode atypique de la saga avec ses fameuses séquences gore et une noirceur inhabituelle (mais pas trop) pour ce genre de film.

Du pur plaisir.

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Sang pour sang (director’s cut) (1984) Joel Coen & Ethan Coen

Coup de maître pour le premier film des frères Coen (un polar assez classique et son triangle amoureux).

Cadrages superbes, acteurs parfaits, scénario s’appropriant les codes du genre pour les transcender bref une réussite.

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Wolf (1994) / Mike Nichols

La lycanthropie comme métaphore de la société avec Nicholson aux commandes ce n’était pas une mauvaise idée mais malheureusement le dernier tiers du film calamiteux balaye toutes ces bonnes intentions.

Et ces ralentis …

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