Hôtel Terminus: Klaus Barbie, sa vie et son temps (1988) / Marcel Ophüls

Ophüls retrace, dans son style inimitable, et sur 4h27, la vie de Klaus Barbie jusqu’à son procès en 1987.

Avec sa mine facétieuse et ses questions toujours pertinentes, le réalisateur se promène dans son film, et aux quatre coins du monde, et livre une oeuvre somme sur la résistance, la collaboration, les pays d’Amérique Latine où se sont réfugiés les bourreaux avec le concours des services secrets américains.

Non dénué d’humour, « Hôtel Terminus » est aussi un film touchant où l’on croise Bertrand Tavernier et son résistant de père et où a lieu la rencontre au sommet entre Lanzmann et Ophüls.

Comme toujours avec Ophüls, le choix de la musique (ici une comptine allemande qui ponctue le film) est remarquable.

Génial.

CAB

La loi criminelle (1988) / Martin Campbell

Un avocat (Gary Oldman) obtient l’acquittement d’un homme soupçonné d’être un serial killer (Kevin Bacon).Mais est-il vraiment innocent ?

Énième film sur la conscience d’un avocat, cette « Loi criminelle » est très belle, très propre mais aussi assez chiante.

Restent une très belle partition synthétique de Jerry Goldsmith et deux excellents comédiens.

Bof.

CAB

Masquerade (1988) / Bob Swaim

Une richissime héritière (Meg Tilly) tombe amoureuse d’un skipper (Rob Lowe) qui a plutôt l’air de lorgner sur sa fortune …

Auréolé du succès international de « La balance » , Bob Swaim retournait aux Etats-unis pour y poursuivre sa carrière et y signait ce petit thriller.

Cousu de fil blanc, « Masquerade » enchaîne les twists sans jamais être palpitant.

Les filles se consoleront avec Rob Lowe (assez monolithique, mais au fessier musculeux) et Doug Savant (le Matt de « Melrose Place ») dans deux contre emplois et les garçons avec Meg Tilly et Kim Cattrall.

Le meilleur du film reste la très belle musique de John Barry.

Bof.

CAB

Flic ou zombie (1988) / Mark Goldblatt

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Deux policiers enquêtent sur un gang de braqueurs de banque particulièrement résistants aux balles…

Golblatt, monteur star de films d’action, passe à la réalisation avec ce polar fantastique mâtiné de blagues bien lourdes.

Le film est souvent très con (surtout les dialogues), mais il y a un zeste de conscience politique bienvenu, des effets spéciaux vraiment bien foutus pour l’époque, mais aussi Vincent Price dans un rôle de méchant qui illumine l’écran à chacune de ses (courtes) apparitions et Treat Williams qui prend très au sérieux son rôle de flic ressuscité.

Mais surtout, il y a une séquence complétement délirante dans un restaurant chinois où les canards laqués, porcs au caramel et autres mets reviennent à la vie et attaquent le duo de flics. Rien que pour cette scène le film mériterait d’être vu.

Sympa.

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L’homme qui voulait savoir (1988) / George Sluizer

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Trois ans après la disparition de sa femme, sur une aire d’autoroute, une homme cherche à savoir ce qui s’est passé.

Jusqu’où un homme peut-il aller pour connaître la vérité ? Tel est le postulat du film de Sluizer.

Grâce à une déconstruction habile du récit mélangeant les temporalités, et sans jamais perde le spectateur, le réalisateur nous entraîne dans la quête éperdue de son héros.

Bernard-Pierre Donnadieu y est fabuleux dans un rôle glaçant.

Une très bonne surprise.

CAB

Le général (1998) / John Boorman

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Le destin (tragique) de Martin Cahill, voleur irlandais au grand cœur, qui joua au chat et à la souris avec la police et s’attira les foudres de l’IRA.

Après un « Rangoon » de sinistre mémoire, Boorman revenait aux affaires avec ce superbe film.

Son « gentil » bandit évolue dans une Irlande des sans grades mais sera vite rattrapé par le contexte politique d’un pays coupé en deux.

Le film ne manque pas d’humour et est porté par la remarquable performance de Brendan Gleeson entouré de non moins excellents seconds rôles.

La mise en scène de Boorman est extrêmement inventive (l’introduction du film, les raccords entre les différentes époques etc.) dans un superbe noir et blanc.

Excellent.

CAB

Le plus escroc des deux (1988) / Frank Oz

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Deux escrocs (Michael caine et Steve Martin) s’affrontent sur la côte d’azur pour voler (et conquérir) Jane Colgate (Glenne Headly).

Cette comédie réalisée par Frank Oz est aussi drôle que très bien écrite et filmée.

La réussite du film tient aussi beaucoup au très savoureux tandem Caine / Martin (qui parfois en fait un peu trop) qui reprennent les rôles initialement tenus par Marlon Brando et David Niven dans « Les séducteurs » en 1964.

Oz ne verse jamais dans les clichés sur la France et signe un film très efficace.

Sympathique.

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Futur immédiat, Los Angeles 1991 (1988) / Graham Baker

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En 1991 des extra-terrestres ont atterri sur terre et vivent depuis plus ou moins bien intégrés à la population humaine. Un inspecteur de police (James Caan, complètement à la masse) va devoir faire équipe avec un alien (Mandy Patinkin, très bien) pour démanteler un gang de trafiquants à la tête duquel se trouve Terence Stamp venu cachetonner.

Le postulat de départ était plutôt intéressant (les alien sont victimes de racisme) mais à l’arrivée on se retrouve avec un buddy cop movie assez banal au scénario extrêmement plat.

Le film est plutôt réussi visuellement (la photo de Greenberg est très belle) et le look des alien crée par Stan Winston est pas mal (à part après l’overdose où là on est en plein ridicule).

Raté.

CAB

Maniac Cop (1988) / William Lustig

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Un policier serial killer sévit dans les rues de New York. Comment l’arrêter ?

La fine fleur de la série B des 80’s (Larry Cohen, William Lustig et James Glickenhaus) se réunit pour ce polar versant dans la petite bande horrifique.

Bon c’est juste un banal psycho killer dans lequel le psychopathe est remplacé par un policier. Ce qui aurait pu être une bonne idée ouvrant des pistes thématiques intéressantes n’est pas du tout exploitée par le réalisateur qui se contente du service minimum.

Les meurtres ne sont même pas originaux et la mise en scène est paresseuse (à part un flashback plutôt bien fichu).

On a juste le plaisir de voir Bruce Campbell, Jake LaMotta, Sam Raimi et le terrifiant Robert Z’Dar dans le rôle titre.

Pas terrible.

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Invasion Los Angeles (1988) / John Carpenter

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Et si la classe dirigeante était en fait des extra terrestres exploitant les humains comme un sous prolétariat ?

Carpenter est très en colère et signe ce pamphlet qui est son film le plus ouvertement politique.

Alors oui le casting est faiblard mais les travellings sont toujours aussi beaux, la rage communicative, l’idée des lunettes brillante et finalement l’ensemble est ultra plaisant.

Un vrai film « libre ».

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Colors (1988) / Dennis Hopper

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Petit film quasi documentaire et trop didactique sur les gangs de Los Angeles et accessoirement buddy cop movie entre Sean Penn (sobre pour une fois) et Robert Duvall (parfait comme toujours).

Dès le début du film, la couleur (sic) est annoncée et le dernier plan n’en sera que plus fort.

Bon, le film est très daté et peu mis en scène. Il a plus valeur de reflet d’une époque que d’œuvre cinématographique en tant que telle.

Dennis Hopper n’a jamais été un grand metteur en scène et ça se confirme une fois de plus.

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Willow (1988) / Ron Howard

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Les aventures du nain Willow devant sauver un bébé des griffes des sbires de la vilaine reine Bavmorda.

Howard (et surtout George Lucas) s’approprient les grands mythes (Moïse, le seigneur des anneaux etc.) pour signer un grand film d’aventure (une sorte de « Star Wars » (en moins bien quand même) dans un univers d’heroïc fantasy) de la fin des années 80 à la mode Lucasfilm.

Le film fut une révolution en son temps pour la première utilisation du morphing. Il faut dire que Phil Tippett, Dennis Murren et ILM s’en donnent à cœur joie avec le bestiaire du film.

Le personnage de Willow est attachant et le film se suit sans déplaisir même s’il est parfois un peu enfantin.

Peter Jackson s’en est plus qu’inspiré pour sa trilogie du « Seigneur des anneaux ».

Très efficace avec un petit côté madeleine …

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Talk Radio (1988) / Oliver Stone

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Stone adapte avec Eric Bogosian (qui porte tout le film) sa pièce et en profite pour retracer les derniers jours de Alan Berg.

Un exercice de style plutôt intéressant qui permet à Stone de révéler, une fois de plus, les facettes les plus sombres de l’Amérique.

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Nico (1988) / Andrew Davis

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Purée c’est historique, ceci est le PREMIER film de Steven Seagal !

Une histoire de complot politique post vietnam avec de la baston et des fusillades dedans mais aussi Sharon Stone et Pam Grier

Bon c’est un vrai nanar au scénario confus et globalement assez chiant (un comble pour un film d’action).

En plus « Nico » (le film pas Steven) n’est même pas beau à regarder et est filmé sans aucune inspiration.

Un ratage.

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Rambo III (1988) / Peter MacDonald

Commencé par l’éphémère Russel Mulcahy (remember « Highlander ») qui a tourné la plupart des scènes de l’attaque du camp Russe, ce troisième opus se distingue par sa volonté de faire plus : plus de muscles pour Sly, plus de figurants, plus de budget et des cheveux bien plus longs aussi pour Stallone ;o).

Parsemé de répliques d’un humour foireux, Rambo III se perd en Afghanistan et devient une caricature de lui même.

Un bon gros nanar dont on ne sauve que le score de Goldsmith évidemment.

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La Main droite du diable (1988) / Costa-Gavras

Plongée chez les redneck racistes de l’Amérique profonde sur un scénario de Joe « Basic Instinct » Eszterhas.

Debra Winger et Tom Berenger forment un très beau couple, Costa-Gavras signe un nouveau film politique et confronte ses personnages à d’impossibles dilemmes.

Une réussite à rapprocher de « Music Box » du même réalisateur.

CAB