Le mystère Von Bulow (1990) / Barbet Schroeder

Accusé de tentative d’homicide sur sa riche épouse (Glenn Close), Klaus Von Bulow (Jeremy Irons) engage l’avocat Alan Dershowitz (Ron Silver) pour renverser le jugement en appel.

Basé sur une histoire vraie, Schroeder et Nicholas Kazan (qui signe l’ingénieux script) ne font pas un classique film de procès mais racontent surtout la lente désagrégation d’un couple.

C’est diablement efficace et porté par trois acteurs en état de grâce.

Vraiment bien.

CAB

Bad Influence (1990) / Curtis Hanson

Alors qu’il allait se faire agresser dans un bar, un yuppie (James Spader) est défendu par un homme (Rob Lowe) qui va bouleverser sa vie…

On a connu Curtis Hanson plus inspiré que dans ce thriller où Rob Lowe reprend son rôle de bad boy inauguré dans « Masquerade » et entraîne James Spader dans une spirale qui l’amènera à se révéler.

Le film est très daté et franchement pas très passionnant.

Bof.

CAB

La servante écarlate (1990) / Volker Schlöndorff

Dans un futur proche, les Etats-Unis sont sous le joug d’une dictature religieuse où les femmes fertiles deviennent des servantes (esclaves), vêtues de rouge, en charge d’assurer la pérennité de la race humaine…

27 ans avant la série éponyme, le roman de Margaret Atwood était adapté par Harold Pinter et porté sur le grand écran par Volker Schlöndorff.

Avec, en outre, un casting XXL (Faye Dunaway, Robert Duvall, Elizabeth McGovern, Natasha Richardson) on pouvait s’attendre à un excellent brûlot politique, malheureusement ce n’est pas le cas.

Le film est terriblement bancal et navigue sans cesse entre la dénonciation et le thriller et, in fine, ne traite pas vraiment son passionnant postulat de départ.

Schlöndorff ne montre son talent qu’à de trop rares occasions (tout le début du film et la séquence d’exécution).

Dommage.

CAB

Uranus (1990) / Claude Berri

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A la fin de la seconde guerre mondiale, dans un petit village, communistes, résistants et collabos règlent leurs comptes.

Berri convoque le ban et l’arrière ban des acteurs français, Depardieu (dans un grand numéro de cabotinage), Noiret, Marielle, Michel Blanc, Galabru (qui prouve qu’il pouvait être excellent dans le registre dramatique), Gérard Desarthe (génial en collabo), Danièle Lebrun et même Luchini et Daniel Prévost dans cette chronique, sans concession, de l’après-guerre.

Berri renvoie tout le monde dos à dos (les communistes en prennent pour leur grade et le collaborateur est presque le personnage le moins antipathique du film) et pointe la lâcheté et l’hypocrisie de ses personnages.

C’est du bel ouvrage mais Berri n’est pas très inspiré en terme de mise en scène.

Pas si mal.

CAB

Fenêtre sur Pacifique (1990) / John Schlesinger

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Un couple (Matthew Modine et Melanie Griffith) achète une maison à San Francisco et décide d’en louer une partie pour rembourser leur prêt. Un de leur locataire (Michael Keaton) s’évertue à leur rendre la vie bien compliquée …

Schlesinger s’amuse beaucoup avec ce thriller pas très finaud mais drôlement efficace surtout lorsqu’il dépeint l’engrenage dans lequel sont pris ses héros.

Par la suite le film bascule malheureusement dans un grand guignol qui n’était pas forcément nécessaire, même si on peut comprendre cette intention de catharsis finale.

Mineur, pour Schelsinger, mais remarquablement mis en scène.

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La mort sera si douce / After Dark, My Sweet (1990) / James Foley

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Un ancien boxeur un peu simplet (Jason Patric), échappé d’un hopital psychiatrique rencontre une très jolie veuve ruinée (Rachel Ward) et son oncle (Bruce Dern).

Foley adapte Jim Thompson et se plante dans les grandes largeurs.

Son film est très lent et surtout très chiant ce qui est plutôt embêtant pour un polar. Le scénar est en outre totalement décousu. En pour finir Jason Patric en roue libre est à la limite du supportable.

Bref, malgré sa petite réputation, c’est un foirage total.

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Hidden Agenda (1990) / Ken Loach

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Une organisation de défense des droits de l’homme tient une conférence de presse en Irlande sur les tortures pratiquées par l’armée Britannique. Il est aussi question d’un meurtre et d’une mystérieuse cassette.

Sous couvert d’un thriller sur l’Irlande et l’IRA, Loach signe un grand film politique et une féroce attaque contre les conservateurs.

C’est parfois un peu trop manichéen mais l’enquête policière menée par les excellents Brian Cox et Frances McDormand n’a rien à envier aux grands films politique du cinéma américains des années 70.

Diablement efficace.

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Bons baisers d’Hollywood (1990) / Mike Nichols

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Suzanne Vale (Meryl Streep) est une actrice qui sort de désintoxication après une overdose. Pour pouvoir jouer dans son prochain film, elle doit retourner vivre chez sa mère (Shirley McLaine) ancienne star Hollywoodienne.

Mike Nichols adapte le roman, semi autobiographique, de Carrie Fisher et signe un beau film sur les rapports mère/fille.

Les deux actrices principales sont remarquables Streep (dans le rôle de Carrie Fisher) en fille dévorée par sa mère et McLaine (dans le rôle de Debbie Reynolds mère de Fisher à la ville) en vieille star alcoolique étouffant sa fille.

Nichols prouve, une fois de plus, qu’il est un excellent directeur d’acteur et un metteur en scène talentueux notamment dans la très belle séquence d’ouverture.

Richard Dreyfuss, Gene Hackman, Annette Bening et Dennis Quaid encadrent parfaitement le duo de stars qui vampirisent littéralement l’écran.

Drôle et touchant même si ce n’est pas le meilleur film de Nichols.

CAB

Misery (1990) / Rob Reiner

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L’écrivain Paul Sheldon est secouru par sa plus grande fan après un grave accident de la route.

Reiner adaptait une nouvelle fois Stephen King quatre ans après son magnifique « Stand by me« . Dans un genre totalement différent, cette Misery est une véritable réussite.

Sans esbroufes, Reiner mène son récit brillamment grâce à une mise en scène intelligente et sans effets aidé aussi par l’adaptation habile de William Goldman.

James Caan et Kathy Bates dans les deux rôles principaux sont époustouflants. L’oscar de la meilleure actrice donné à Bates n’est absolument pas usurpé. Elle habite le film et son personnage passant d’une émotion à l’autre en un clignement de l’œil et réussissant la prouesse de rendre son personnage émouvant dans les dernières minutes du film.

Une franche réussite.

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Desperate Hours / (1990) Michael Cimino

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Un dangereux criminel (Mickey Rourke pour une fois très bon) s’évade avec la complicité de son avocate (Kelly rhaaaa Lynch) et trouve refuge avec ses comparses (David Morse et Elias Koteas) dans la maison d’Anthony Hopkins et Mimi Rogers.

Cimino réalise le remake du classique de William Wyler avec Bogart produit une nouvelle fois par Dino de Laurentis.

D’un huis clos très théâtral, Cimino en fait un exercice de style brillant à la mise en scène virevoltante toute en mouvements d’appareils. Les rares escapades hors de la maison sont absolument magnifiques dans des paysages de westerns rappelant John Ford (la séquence d’ouverture ou la mort de David Morse) sublimés par la splendide photo de Milsome.

Le casting prestigieux (auquel on peut ajouter Lindsay Crouse) est parfait et David Mansfield signe probablement sa plus belle composition.

Alors certes ce n’est qu’un film de genre qui n’a pas la profondeur d’autres films de Cimino mais sacrément bien foutu.

CAB

L’échelle de Jacob (1990) / Adrian Lyne

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Un vétéran du Vietnam (Tim Robbins, excellent) traumatisé par la guerre a des visions d’enfer. Mais que lui arrive t’il ?

Cet article contient des spoilers.

Bruce Joel Rubin (scénariste de « Ghost », « L’amie mortelle » et « Deep Impact ») , la Carolco et Adrian Lyne surfent sur le succès des films à twist final, comme « Angel Heart » , pour signer un remake (en bien plus horrifiant) de « Ghost » ou un « Sixième sens » de Shyamalan bien avant l’heure.

Ce n’est pas forcément très subtil (les personnages n’ont que des prénoms bibliques et la symbolique est ultra visible) et on peut deviner la fin dès les premières séquences. Tout ce qui concerne l’utilisation de drogues au Vietnam n’est qu’un artifice scénaristique et n’apporte pas grand chose.

Néanmoins l’univers visuel du film est très réussi (la photo de Jeffrey Kimball est superbe), les visions de Tim Robbins sont assez spectaculaires (inspirées de Francis Bacon ou William Blake) et une émotion certaine affleure tout du long du chemin de croix du personnage principal.

C’est un film typique des années 90, assez rentre dedans mais beaucoup moins clipesque que d’autres réalisations de Lyne.

Les acteurs sont très bons (mention spéciale à Danny Aiello en chiropracteur/ange gardien et à Macaulay Culkin bizarrement non crédité dans un rôle important) et la musique de Maurice Jarre, quasi expérimentale, est très jolie.

Pour finir il y a une séquence d’explosion de voiture génialement mise en scène.

Ni réussi, ni totalement raté.

CAB

À la poursuite d’Octobre Rouge (1990) / John McTiernan

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Le sous-marin Octobre Rouge part en mer sous les ordres de Sean Connery mais quel est sa véritable mission. Jack Ryan (Alec Baldwin maigre) enquête …

Cette première adaptation des best seller de Tom Clancy est donc un thriller techno honorable. On attendait quand même plus de Mc Tiernan mais le matériel de base ne permet pas trop les prouesses. En effet, il ne se passe pas grand chose durant le film les enjeux étant très rapidement explicités et les quelques séquences d’action font très rajoutées.

Une fois de plus l’utilisation de l’espace (l’intérieur du sous marin) par le réalisateur est très réussie.

Le final est assez raté (sans parler de l’horrible fond vert de la dernière séquence).

Il y a quand même une super musique de Poledouris et un début de film qui laissait augurer autre chose.

CAB

Revenge (director’s cut) (1990) Tony Scott

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Le Mexique est décidément une terre de violence pour les cinéastes américains (Tu la vois ma thématique du moment là ?).

Triangle amoureux entre Madeleine Stowe (sublime) Kevin Costner et Anthony Quinn qui finira bien sûr en revanche !

Le film débute plutôt sans trop de tics de mise en scène mais malheureusement la vraie nature de Scott reprend très (trop) vite le dessus tandis que le scénario emprunte des chemins ridicules (l’apparition de Miguel Ferrer et John Leguizamo).

Un film très 80’s mais surtout un film raté.

Dommage.

Le parrain 3 (1990) Francis Ford Coppola

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Le chant du cygne d’une saga et d’un réalisateur.

Maladroit la plupart du temps, peu inspiré, soulignant tout, Coppola réalise l’épisode de trop alors que tout était déjà dit.

La plupart des acteurs cabotinent (Pacino et Sofia Coppola sont difficilement supportables) malgré tout les 30 dernières minutes sont superbes.

Quel gâchis.

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Docteur Petiot (1990) / Christian de Chalonge

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Michel Serrault incarne le sinistre Docteur Petiot qui défraya la chronique entre 1942 et 1945 en assassinant (au moins) une cinquantaine juifs auxquels il promettait de les faire passer en Espagne.

Chalonge signe un hommage à l’expressionnisme allemand et au cinéma en général (la première séquence lorsque Petiot rentre dans l’écran de cinéma et littéralement dans le film projeté et sa version négative à la fin du film où il déchire l’écran et se fait arrêter).

Mais c’est aussi aussi un film sur l’occupation et la collaboration.

Parfois outrancier (le jeu de Serrault dans certaines séquences y est pour beaucoup) le film est très réussi et courageux dans ses partis pris esthétiques.

Les dernières séquences sont prodigieuses tout comme le travail sur le son. .

Une réussite. (et en plus mon pote Cyril a bossé dessus).

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Désigné pour mourir (1990) / Dwight H. Little

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Steven Seagal (le monolithe) décime à lui tout seul un gang de dealer Jamaïcains dirigé par un très méchant rasta adepte du vaudou.

C’est avec une émotion certaine que j’ai regardé mon premier Seagal.

Un festival d’acteurs à la ramasse, de punchlines plus ou moins réussies, de combats foireux, de moments très drôles (involontairement ou pas), bref un bon nanar.

Le film est quand même très bien produit, pas mal filmé, la photo de Waite est superbe et le méchant très réussi.

Ah les années 90 …

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L’enfant miroir (1990) / Philip Ridley

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Un des films fétiche de Starfix au début des années 90.

Malgré un magnifique sens visuel et du cadre ce salmigondis sur la fin de l’enfance d’un petit garçon de 9 ans est difficilement regardable.

Assez (voire très) chiant le film traine sa symbolique lourdingue de bout en bout.

Un des premiers rôles de Viggo Mortensen.

On ne sauvera que la magnifique partition de l’inconnu Nick Bicât.

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Darkman (1990) / Sam Raimi

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Raimi, faute d’avoir acquis les droits de « The Shadow », invente un « super héros » sombre et romanesque interprété par Liam Neeson.

Filmé comme une BD avec une incroyable inventivité, « Darkman » est une grand réussite lyrique et poignante.

Du passage à tabac bouleversant de Peyton à la découverte de sa nouvelle apparence, le film enchaîne les moments forts sans parler de sa géniale dernière séquence.

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Aux sources du Nil (1990) / Bob Rafelson

L’histoire vraie des explorateurs britanniques Richard Francis Burton et John Hanning Speke partis à travers l’Afrique pour trouver les sources du Nil.

Un histoire d’amitié et de trahison mais aussi un grand film d’aventures dont les vingt premières minutes sont d’une foudroyante violence.

Touffu, mal foutu parfois mais toujours passionnant un film à découvrir.

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Présumé Innocent (1990) / Alan J. Pakula

 

Porté par un Harrison Ford impeccable, un Raul Julia jubilatoire, une Bonnie Bedelia glaçante et une Greta Scacchi superbe, « Présumé Innocent » est un excellent thriller judiciaire.

La musique de John Williams et le photo de Gordon Willis enrobent magnifiquement le tout.

Un Pakula certes mineur mais surtout un très bon film ultra efficace.

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Le Bûcher des vanités (1990) / Brian de Palma

 

Adaptation du roman éponyme de Tom Wolfe signée de Palma au casting impressionnant qui fut un gros bide à sa sortie.

Comme toujours avec de Palma, la mise en scène est brillante et le film d’un cynisme absolu malgré le discours moralisateur de Morgan Freeman à la fin.

Un film bien meilleur que dans mon souvenir même s’il est un peu trop outrancier par moment.

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Le Seul témoin (1990) / Peter Hyams

Excellent thriller ferroviaire de Hyams (remake d’un classique de Richard Fleischer « L’énigme du Chicago Express ») porté par un Gene Hackman parfait et une très belle mise en scène.

Mention spéciale à la partition « Michael Smallesque » de Bruce Broughton et à l’interprétation de James Sikking en tueur à santiag.

CAB