Un Faux mouvement (1991) / Carl Franklin

Trois criminels dérobent et massacrent des dealers à Los Angeles. Ils prennent la route pour l’Arkansas où les attendent le shérif local (Bill Paxton, remarquable) et deux policiers de Los Angeles…

Sur un scénario de Billy Bob Thornton (qui joue d’ailleurs un des criminels), Carl Franklin réalise un polar autour l’attente, dont le récit suit en parallèle ses protagonistes jusqu’à l’inéluctable confrontation finale.

Au delà des conventions du genre, Franklin injecte dans son film des considérations raciales qui, loin de le détourner de son sujet, lui confèrent une profondeur insoupçonnée.

La fin est magnifique.

Top.

CAB

Un baiser avant de mourir (1991) / James Dearden

Un arriviste (Matt Dillon) camoufle en suicide l’assassinat de la fille d’un riche industriel (Max von Sydow). Sa sœur jumelle (Sean Young) mène l’enquête ne croyant pas à la version officielle.

Dearden (scénariste de « Liaison Fatale » ) remake un film de 1956 d’après un roman de Ira Levin.

Dès sa fracassante séquence inaugurale, on se dit que le film sera bien meilleur que tous ces petits thrillers qui sont apparus à la fin des années 80 et au début des années 90.

Dearden mène très habilement son récit, en y injectant une petite touche sociale, sans user de twists superflus jusqu’à une conclusion presque touchante.

Dillon en crapule est excellent et Howard Shore signe une superbe BO.

Vraiment pas mal.

CAB

Boyz’n the Hood, la loi de la rue (1991) / John Singleton

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La vie de trois jeunes dans le quartier de Crenshaw dans le Los Angeles des années 80 et 90.

Singleton débutait sa carrière avec cette fresque lyrique pas toujours très fine.

Très (trop ?) didactique, le film accompagne ses personnages archétypaux (le bon élève, le sportif, le dealer) victimes de la spirale de violence générée par leur environnement.

Le casting est très réussi (Cuba Gooding Jr. et Ice Cube dont c’était le premier rôle) mais l’ensemble manque d’ampleur.

Pas mal quand même pour ce film précurseur d’un nouveau genre.

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Timebomb (1991) / Avi Nesher

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Un réparateur de montres sans histoires (Michael Biehn) est victime d’une tentative d’assassinat. Mais pourquoi cherche t’on à le tuer ?

Avec sa caméra ultra mobile Nesher nous entraîne dans un film d’action sans temps morts.

Ses combats sont nerveux et surtout lisibles contrairement à beaucoup de ses contemporains.

Bref un bon petit film d’action sympatoche.

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Aux cœurs des ténèbres – l’apocalypse d’un metteur en scène (1991) / Fax Bahr & George Hickenlooper

Un documentaire génial sur le tournage d’ « Apocalypse Now » grâce aux images tournées par Eleanor Coppola elle-même.

Comme le résume Francis Ford Coppola lui-même : «Nous étions trop nombreux, nous avions trop d’argent, trop de matériel et petit à petit, nous sommes devenus fous ».

Bahr et Hickenlooper nous plonge dans la folie de ce tournage monumental entre un Dennis Hopper complètement stone, un typhon qui détruit les décors, un Brando passant une semaine à se faire expliquer son personnage par Coppola avant de tourner la moindre scène ou encore Martin Sheen ayant une crise cardiaque sur le plateau …

En filigrane, les réalisateurs montrent qu’au milieu de cet immense bordel, Eleanor Coppola reste stoïque et en ressort comme étant le personnage le plus fort.

Remarquable.

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Les Commitments (1991) / Alan Parker

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Ou comment monter un groupe de soul music à Dublin.

Après un passage réussi à Hollywood, Parker revenait en Europe (en Irlande ici) avec ce « petit » film interprété par des acteurs non-professionnels tous bluffants.

Sans jamais oublier son contexte social, Parker signe une comédie douce amère dont les séquences musicales sont réjouissantes (« destination anywhere » donne toujours des frissons).

Parker s’amuse beaucoup à se citer ( « Fame » et « Mississipi burning » ) et s’offre même un petit cameo.

La conclusion du film est un très joli moment.

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Le silence des agneaux (1991) / Jonathan Demme

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Une jeune rookie du FBI, Clarice Starling (Jodie Foster oscarisée®), doit se faire aider par le terrible serial killer Hannibal Lecter (Anthony Hopkins oscarisé®) pour arrêter le non moins terrifiant Buffalo Bill (Ted Levine pas oscarisé®).

Carton planétaire et multi Oscarisé® donc (meilleur acteur, meilleure actrice, film, réalisateur et scénario) le thriller de Jonathan Demme supporte plutôt bien l’épreuve du temps.

Grâce au très efficace roman de Thomas Harris, Demme met élégamment en scène la plongée (cf la séquence d’ouverture) dans l’horreur de son héroïne.

La BO de Shore est top et on regrettera juste que les deux tueurs soient ultra caricaturaux (surtout Bill).

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Troubles (1991) / Wolfgang Petersen

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Amnésique à la suite d’un terrible accident de la route, Dan Merrick (Tom Berenger) doit réapprendre sa vie auprès de son épouse (la ravissante Greta Scacchi). D’étranges flashs back reviennent à sa mémoire, mais que s’est il passé avant son accident ?

Petersen signe un hommage appliqué à Hitchcock et au film noir en général. Tous les codes du genre sont réunis : l’action se situe à San Francisco, autour du héros gravitent plusieurs femmes fatales (dont Joanne Whalley) , il y est question d’adultère etc…

Typique de la vague de thriller sortis à la même époque, « Troubles » a lui aussi son scénario (adapté d’un livre) à rebondissements multiples et énormes.

Artistiquement, c’est soigné (Kovacs à l’image et Silvestri au score) et Bob Hoskins dans un rôle de détective privé propriétaire d’une animalerie est savoureux.

Sympathique malgré son script rocambolesque.

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Terminator 2 – Le jugement dernier (1991) (extended director’s cut) / James Cameron

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Les machines envoient dans le passé un nouveau terminator, beaucoup plus évolué, pour tuer John Connor, mais Arnold veille….

Sept ans après le premier opus, James Cameron remet le couvert, avec beaucoup plus de moyens, dans cette suite, qui tient plus du remake.

ILM perfectionne ses effets spéciaux numériques, utilisés dans « Abyss », pour créer ce qui fut une petite révolution à l’époque et donner vie à un magnifique T1000 tout en métal liquide.

Malheureusement, dans sa quête d’un plus large public, le film perd de sa violence originelle et surtout transforme sa figure mythique en un jouet d’enfant. La méga star Arnold devenant une machine (sic) à punchlines défaisant ainsi l’excellent premier opus.

Ce n’est pas non plus une daube et de nombreuses séquences sont remarquables grâce à la mise en scène de Cameron.

Cette version extended director’s cut n’apporte vraiment rien de plus et les rajouts sont pour la plupart soit inutiles soit gênants (la séquence avec Kyle).

Du popcorn, parfois fun.

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La fin de Freddy – L’ultime cauchemar (1991) / Rachel Talalay

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Dans cet avant dernier opus, Freddy retrouve sa fille, tue des ados (pour ne pas changer) et meurt (non ce n’est pas un spoiler c’est écrit dans le titre du film).

Seul film de la franchise en 3D (du moins dans les dernières séquences) cette fin de Freddy se démarque des autres épisodes par son ton résolument comique et assumé comme tel. On pourrait crier à l’hérésie mais ça fonctionne pas mal.

Bon le scénario est assez bordélique même si cette nouvelle exploration du personnage apporte son petit lot de nouveautés.

Comme toujours les séquences de rêves permettent tous les délires (ici un jeu vidéo ou encore Freddy en sorcière sur son balai), les effets mécaniques sont plutôt pas mal et Englund donne libre cours à un cabotinage de haut vol.

Le final en 3D qui devait être une séquence inoubliable de la série est particulièrement raté voire vraiment nulle. Talalay n’apporte finalement pas grand chose à part l’idée de la ville sans enfants très inspirée de « Twin Peaks ».

Un honnête épisode de la saga, sans plus.

CAB

Simple mortel (1991) / Pierre Jolivet

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Stéphane, linguiste, entend des voix qui s’adressent à lui dans une langue morte que lui seul peut comprendre et l’invitent à sauver le monde. C’est le début d’une lente descente aux enfers.

Avec une économie de moyens certaine Jolivet arrive à distiller une angoisse de plus en plus présente grâce à une mise en scène intelligente et efficace et quelques idées intéressantes : parallèlement à sa déchéance psychologique, le « héros » (le regretté Philippe Volter excellent) est de plus en plus marqué par des blessures physiques et ne cesse de rencontrer des individus dont les dialogues contiennent aussi des mots en langues étrangères.

Il y a un certain jusqu’auboutisme intéressant dans le film même si parfois il souffre d’un côté un peu « cheap ».

Une incursion réussie du cinéma français dans le fantastique.

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November Days (1991) / Marcel Ophüls

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En partant d’un reportage de la BBC, dont il retrouve tous les protagonistes, Ophüls dresse un portrait de l’Allemagne juste après la chute du mur de Berlin.

Avec beaucoup d’humour et d’ironie le réalisateur brosse en filigrane un état de l’Allemagne du début des années 90.

Les interviews d’anciens dirigeants communistes, de citoyens lambda, d’un général de la Stasi, de la fille de Brecht et même d’un néonazi sont toujours brillamment menées et les inserts d’extraits de films ou d’archives ainsi que l’utilisation de chansons sont formidables, souvent drôles et viennent souvent contrarier les propos des intervenants. A cet égard l’utilisation du « Jules Cesar » de Mankiewicz est un petit bijou.

Et bien entendu Marcel fait encore et toujours référence à Max cette figure paternelle écrasante.

Remarquable.

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Bugsy (extended edition) (1991) / Barry Levinson

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Ce film retrace une partie de la vie du célèbre gangster Bugsy Siegel, et plus particulièrement sa relation tumultueuse avec l’actrice Virginia Hill.

Le couple Beatty / Benning fait le job sans plus.

Ni biopic, ni film de gangster, « Bugsy » peine à trouver un véritable ton peu aidé par la mise en scène très très sobre de Levinson.

On retiendra la splendide photo de Allen Daviau et Richard C Sarafian (cinéaste culte) dans un rôle de gangster.

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Justice sauvage (1991) / John Flynn

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Un très vilain mafieux sous crack a tué le meilleur ami de Seagal ça va chier !

Un film de Seagal qui s’ouvre par une citation d’Arthur Miller on croit rêver !

Steven balade son rictus, et son accent Italien pour l’occasion, dans Brooklyn et trucide tous ceux qui se dressent sur son chemin (et accessoirement sauve un chien et tombe sur Gina Gershon).

Le tout est pas mal filmé par le vétéran John Flynn et joliment mis en images une fois de plus par Ric Waite.

Assez efficace (la scène du billard nottament) et drôle malgré les monologues de Seagal hyper saoulants.

Se laisse voir.

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Un été en Louisiane (1991) / Robert Mulligan

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Un été en Louisiane d’une adolescente (Reese Witherspoon parfaite) qui découvre l’amour, la mort, la vie …

Un film sensible, fin, pudique, émouvant et délicat sur ce moment particulier entre l’enfance et l’adolescente.

Mulligan poursuite l’exploration de se thématiques abordées dans « Un été 42« , « Du silence et des ombres » et même « L’autre« .

Et en plus il y a une très belle photo de Freddie Francis.

Un très joli film.

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Les Doors (1991) / Oliver Stone

Un incroyable casting (et pas uniquement Val Kilmer aussi allumé que son modèle) à l’exception de Meg Ryan qui ne cesse de cacher sa poitrine dans sa seule scène de nu ! (Stone reconnait d’ailleurs s’être trompé avec elle).

Comme la plupart des films de Stone il y a de très bons moments (toutes les séquences en studio ou autour de « Light my Fire ») et comme d’habitude le réalisateur se laisse aller dans ses délires et ne tient plus trop son film.

Bref du Stone tout autant plaisant que énervant.

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Dans la peau d’une blonde (1991) / Blake Edwards

 

Avant dernier film de Blake Edwards, cette comédie doit beaucoup à l’interprétation d’Ellen Barkin.

Pas aussi abouti et profond que d’autres films de Edwards, « Switch » est néanmoins une intéressante réflexion sur ce qu’est être une femme.

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JFK (director’s cut) (1991) / Oliver Stone


C’est du Stone donc assez putassier, ultra démonstratif, démago au possible, manipulateur …
Ça se laisse voir malgré l’extrême longueur du film.
Costner est impeccable et la distribution éblouissante.

CAB