The Act of Killing (2012) / Joshua Oppenheimer, Anonymous & Christine Cynn

En 1965, les militaires Indonésiens ont utilisé de petits voyous comme escadrons de la mort pour éliminer les communistes. Quarante ans plus tard, le réalisateur fait rejouer ces scènes de massacres par les bourreaux dans le genre cinématographique de leur choix.

Qui pourrait croire que le sympathique papy du film ait été un meurtrier sanguinaire, imaginant des techniques de mise à mort plus efficaces que tirer une balle dans la tête. C’est ce « bourreau ordinaire », et ses acolytes, que nous font rencontrer les réalisateurs de ce documentaire hors norme.

Mais ce film dresse aussi le portrait d’un pays où un groupe paramilitaire compte trois millions de membres, où le rédacteur en chef d’un journal collecte des informations pour les militaires et les escadrons de la mort et le raconte sans ciller… , un pays où la plupart des techniciens indonésiens du film ne veulent pas que leur nom apparaisse au générique et surtout un pays où la corruption est partout.

Dommage que toute la partie reconstitution soit assez artificielle et relève beaucoup plus du gimmick pour film qui n’en avait pas besoin.

La dernière séquence où le papy/bourreau tente d’expier physiquement ses péchés est un moment de cinéma totalement hallucinant.

Un film complètement dingue.

CAB

Poklosie (2012) / Wladyslaw Pasikowski

Émigré aux Etats-Unis, Franciszek revient en Pologne revoir son frère après le décès de leur père. Les habitants du village, où se trouve la demeure familiale, semblent tous s’être ligués contre son frère. Pourquoi ?

Tel le personnage principal, qui traverse une forêt sombre au début, le film plonge la Pologne contemporaine dans son passé le plus noir (ce qui a entraîné de grosses polémiques au moment de sa sortie).

« Poklosie » est un film sur la mémoire, sur la prise de conscience des drames du passé, et sur comment essayer de se faire pardonner.

Ici, celui par qui le drame arrive, n’est pas l’expatrié mais le paisible paysan Polonais qui fait une découverte qui changera sa vie à tout jamais.

Les deux comédiens principaux sont formidables et Pawel Edelman (chef op des derniers Polanski ou de « Katyn » ) signe une très belle photo, en scope, de la campagne polonaise et de ses champs cimetières …

Une très bonne surprise.

CAB

Prometheus (2012) / Ridley Scott

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L’humanité serait-elle la création d’extra-terrestres ? Un équipage s’envole pour une planète très lointaine pour répondre à cette question…

33 ans après « Alien » , Ridley Scott revenait aux affaires pour cette nouvelle suite que tout le monde attendait avec (beaucoup trop d’) impatience.

Malgré un premier tiers très réussi et une direction artistique somptueuse, « Prometheus » se vautre malheureusement par la suite.

Son scénario se délite au fur et à mesure, pour devenir un gros bordel qui emprunte des raccourcis hallucinants sans jamais apporter la moindre réponse et on se dit que avec tout le blé qu’il y a sur l’écran ils auraient pu bosser un peu plus le script.

A vouloir trop en faire Scott nous assène une multitude de péripéties (dont le ridicule crash du vaisseau ou l’affrontement final, avec une créature ratée, digne de l’affreux « Alien 4 » de Jeunet) et ne traite même pas son (éventuel) sujet, qui se perd dans l’espace (ou dans sa suite).

Fassbender est une fois de plus impeccable et est un des rares à émerger de ce fatras.

In fine, « Prometheus » n’est ni un remake, ni une prequel, c’est un film qui s’inscrira (peut être un jour) dans la trilogie (le film de Jeunet étant une bouse) et qui recèle néanmoins quelques trop rares séquences très réussies qui nous rappellent que Scott était un sacré metteur en scène.

CAB

Les chevaux de Dieu (2012) / Nabil Ayouch

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Le parcours de quatre amis, issus du bidonville de Sidi Moumen, à Casablanca, qui, adolescents, basculèrent dans le radicalisme puis le terrorisme jusqu’aux attentats de Casablanca en 2003.

Trois ans avant « Much loved » , Nabil Ayouch retraçait, sur 20 ans et par petites touches subtiles (la séquence du mariage, l’apparition des burka en arrière plan etc.), la montée de l’intégrisme et raccrochait les époques de son film aux grands évènements historiques (le 11 septembre, la mort de Hassan II etc.).

Placé sous le signe de l’amitié et de la fraternité, le film nous décrit de manière glaçante, et avec un certain lyrisme, le processus d’embrigadement de jeunes désœuvrés victimes de leur condition sociale.

Les acteurs sont tous excellents et participent beaucoup à l’attachement que l’on éprouve pour les personnages.

Les séquences finales sont très réussies.

Une bonne surprise.

CAB

Zero Dark Thirty (2012) / Kathryn Bigelow

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Un nouveau coup de poing de Bigelow.

Sec, sans fioritures, passionnant de bout en bout (malgré ses 2h37), viscéral, évitant tous les écueils et nous assénant quelques séquences mémorables (dont ces « fameuses » trente dernières minutes au suspense étouffant alors que l’on connait la fin).

Du casting parfait on ressortira bien sûr Chastain, parfaite dans un très beau rôle.

Bigelow filme remarquablement l’excellent scénario de Mark Boal découpé intelligemment en chapitres.

Bref c’est tout ce que « Homeland » n’est pas (et ne sera jamais).

Top.

CAB

Cloclo (2012) / Florent-Emilio Siri

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La vie et l’œuvre de Claude François.

Si on passe outre les 15 premières minutes franchement pas terrible, Cloclo se révèle être un film ambitieux et mis en scène (Siri s’autorise quelques plans séquences brillants qui ont du sens), plutôt bien interprété (Magimel excellent en Paul Lederman, les rôles féminins et Jérémie Rénier pour le meilleur, Marc Barbé épouvantable pour le pire), qui dresse le portrait, sans concession, d’un artiste égocentrique. Et en plus, les chansons sont parfaitement intégrées au récit.

On regrettera les quelques incursions d’images d’archives malvenues.

Un vrai bon film Français !

CAB

Passion (2012) / Brian De Palma

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De Palma réalise le remake du « Crime d’amour » de Alain Corneau avec Rachel McAdams et Noomi Rapace.

La critique avait salué le retour du vrai de Palma avec ce film et bien, une fois de plus, elle s’est plantée. Cette « Passion » est tout d’abord extrêmement laide (la photo du chef op d’Almodovar est d’un terne), terriblement mal interprétée par les deux actrices principales (Rapace est tellement surcotée) et globalement grotesque.

Papy Brian se fait plaisir dans une séquence de split screen totalement gratuite et inutile (on est tellement loin de « Sisters » ou de « Snake eyes »), nous ressert des décadrages lourdingues et joue les vieux libidineux avec ses actrices. Alors oui il y a toujours ce discours sur le voyeurisme et les images sous toutes leurs formes mais ici ça ne passe pas du tout.

Les séquences de fin, démarquant « Carrie », sont totalement crétines.

On sauvera la jolie partition de Pino Donaggio qui tente d’insuffler un peu du romanesque totalement absent du film.

Aurait-on définitivement perdu de Palma ?

CAB

Blue Jasmine (2013) / Woody Allen

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Jasmine (ex-épouse d’une sorte de Madoff) ruinée et dépressive, débarque chez sa sœur à San Francisco pour tenter de reconstruire sa vie. Après ça il ne se passe pas grand chose.

En scope, Allen filme les errances d’une femme déchue de tous ses attributs sociaux (à part son sac et sa veste Chanel designed by Karl Lagerfeld spécialement pour Cate Blanchett (ça sert aussi à ça les génériques de fin)).

Alors il y a des flash backs pour insuffler un peu de rythme et comprendre le pourquoi du comment mais c’est quand même assez lent et bavard et plutôt très méchant surtout pour ses personnages féminins et comme toujours avec Allen les acteurs sont parfaits.

Passable et ne servant pas à grand chose.

CAB

Camille redouble (2012) / Noémie Lvovsky

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Camille, actrice quarantenaire, redouble une partie de sa vie (ses 16 ans, ses premiers émois amoureux, et la perte de sa mère ).

Lvovsky remake le « Peggy Sue … » de Coppola la « french touch » (sic) en plus…

Le meilleur du film réside dans l’interprétation formidable de sa réalisatrice dans le rôle principal. Son partenaire Samir Guesmi est tout aussi bien comme les parents joués par Yolande Moreau et Michel Vuillermoz.

En revanche les caméos des potes de passage sur le tournage sont épouvantables mention particulière à Amalric grotesque et Léaud en caution « auteurisante » en totale roue libre.

Il y avait quelque chose d’intéressant à raconter sur cette fille qui revient dire au revoir à ses parents décédés dans sa vie future et qui fuit son amour de jeunesse. Malheureusement Lvovsky passe à côté du sujet (en témoigne la scène de la mort de la mère totalement ratée). Alors oui elle s’intéresse aussi et surtout aux prémices de la relation avec celui qui sera le père de son enfant mais cet enjeu me semble vraiment bien moins intéressant voire anecdotique.

Le gros hic du film réside dans l’absence totale de mise en scène et de direction artistique faisant plus penser à un téléfilm qu’à un film de cinéma. On notera aussi une utilisation hors sujet et totalement incongrue de chansons (pas terribles pour être poli) de Gaétan Roussel. Et pour parachever le tout une fin complètement bâclée.

Alors oui il y a quelques rares moments touchants voire drôles (surtout les séquences de lycée avec les copines) et la nostalgie fonctionne à plein mais ils sont trop peu nombreux pour rendre ce film autre que tout juste sympathique.

CAB

The Bay (2012) / Barry Levinson

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Après une catastrophe écologique, une épidémie se déclenche dans une petite ville côtière du Maryland. L’histoire est racontée par le biais de toutes les sources d’images (vidéosurveillance, skype, reportages etc.) retrouvées 4 ans après le drame

Papy Levinson s’attaque au film d’horreur à base de « found footage »; on est bien loin de « Blair Witch » pour notre plus grand plaisir.

Remarquablement écrit (et se situant dans le Maryland région de cœur de Levinson) , le film s’attache à une galerie de personnages attachants dans un crescendo inéluctable.

L’utilisation des différentes sources d’images est plutôt maligne (même s’il y a parfois triche) et Levinson réussit la gageure de faire oublier assez vite son dispositif.

Les effets spéciaux (discrets) sont très réussis et utilisés avec parcimonie renforçant ainsi l’impression de peur sourde qui imprègne le film.

Une belle réussite pour un film qui est aussi très politique.

CAB

Red Tails (2012) / Anthony Hemingway

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L’histoire (vraie) d’une escadrille de pilotes noirs en 1944 en Italie.

Voulu et produit par George Lucas ce film ne vaut que pour ses magnifiques combats aériens qui sont une nouvelle preuve du savoir faire de ILM.

Pour ce qui est du reste … le scénario est calamiteux et enfile les perles entre la romance idiote ou la séquence grande évasion qui n’a rien à faire dans ce film … sans parler de l’épouvantable musique de Terence Blanchard qu’on a connu bien plus inspiré.

Quel dommage.

CAB

Jack Reacher (2012) / Christopher McQuarrie

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Un sniper abat cinq personnes sans aucunes raisons visibles. Jack Reacher mène l’enquête.

Produit et interprété par Tom Cruise, ce thriller nerveux et remarquablement photographié par Caleb Deschanel est plutôt réussi.

Le début du film est est tonitruant (10 minutes sans dialogues durant lesquelles l’action avance à toute vitesse) et la suite ne faiblit pas même si parfois on a l’impression d’être devant un Cruise show.

Le scénario est assez malin et bascule d’un genre à un autre sans désarçonner le spectateur.

On peut regretter encore et toujours que le film soit trop long et la longue séquence avec Rober Duvall est trop artificielle pour s’intégrer dans le reste du récit.

McQuarrie derrière la caméra signe une très belle mise en scène et Werner Herzog est un remarquable méchant.

Un bonne surprise.

CAB

The Place Beyond the Pines (2012) / Derek Cianfrance

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Alors c’est un film dans lequel Ryan Gosling est blond peroxydé, a plein de tatouages et une grosse moto. Il y a aussi Eva Mendes en micro short en jean et débardeur et Bradley Cooper dans un rôle très sérieux. C’est surtout un (mélo)drame en trois parties autour de la filiation.

Bon 2h20 c’est une fois de plus trop long pour ces films car oui ce n’est pas un seul film mais trois que réalise Cianfrance.

La première partie est plutôt pas mal même si elle frôle souvent le ridicule (Gosling et le chien en étant le parfait exemple) elle souffre surtout du non-jeu habituel de ce dernier et d’une mise en scène lourdingue.

Ensuite ça devient beaucoup plus classique pour finir en eau de boudin.

On voit bien les intentions du metteur en scène qui fait tout pour ne pas rentrer dans les cases des films de genres pour donner un cachet auteurisant à son œuvre et c’est bien là l’erreur.

Correct sans plus.

CAB

Hunger Games (2012) / Gary Ross

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Je n’en attendais rien et bien c’est plutôt une bonne surprise.
La description d’un monde fasciste et soumis aux règles de la télé réalité est très réussie.

Gary Ross (réalisateur des excellent « Pleasantville » et « Seabiscuit » ) n’y est surement pas pour rien.

En revanche, le derniers tiers est assez raté avec ses concessions commerciales (et très grand public).

Pas mal.

CAB

Des hommes sans loi (2012) / John Hillcoat

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Un nouveau film sur la fratrie de Hillcoat (très proche de l’excellent « The Proposition« ).

Pas mal du tout, même si le filme se traîne un peu vers la fin.
Il est surtout servi pas un excellent casting (Tom Hardy en tête).

Gros bémol, d’insupportables chansons parsèment tout le film.

Classique (dans le bon sens du terme).

CAB

Mud – Sur les rives du Mississippi (2012) / Jeff Nichols

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Ellis et Neckbone ont 14 ans et découvrent sur une île perdue du Mississippi un bateau accroché dans les arbres dans lequel vit Mud (McConaughey excellent).

Nichols confirme avec ce très joli film qu’il va falloir compter avec lui.

Son « Mud » est extrêmement dense (à la fois film sur la famille, les relations paternelles, la perte de l’innocence ou encore le passage à l’âge adulte) et recèle des trésors.

Et puis il y a le plaisir de revoir Sam Shepard et cette indéfectible foi dans le merveilleux et le magique.

Un très beau film.

CAB

Sous surveillance (2012) / Robert Redford

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Un groupe d’anciens activistes , vivant sous de nouvelles identités, accusé d’un meurtre voit un de ses membre arrêté 40 ans plus tard. En parallèle, un jeune journaliste mène l’enquête.

Redford signe un thriller politique qui se veut aussi un passage de témoin entre sa génération et la nouvelle (incarnée par Shia LaBeouf, très bon).

Malheureusement son scénario ne va pas au bout des promesses que le début du film laissait augurer.

Restent quelques très belles scènes (notamment avec Susan Sarandon) mais on préfèrera revoir le sublime  » A bout de course  » de Sidney Lumet sur le même sujet.

Vraiment décevant, mais pas honteux non plus.

CAB

Savages (2012) / Oliver Stone

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L’histoire d’un trio amoureux sur fond de drogues, de cartel, de Salma Hayek perruquée et de Benicio del Toro grimaçant.

Les gentils dealers bobos humanistes de Stone sont vraiment très très sympathiques avec leur jolie copine blonde et tout le monde s’aime très beaucoup avant que tout ceci vole (un peu) en éclats.

Bon au début on se dit que Stone a recommencé à prendre de la coke et puis finalement non il ne nous refait pas le coup de l’horrible « Natural born killers ».

Le film est une espèce de thriller ultra classique, parfois drôle, assez beau et somme toute assez vain et comme toujours beaucoup trop long.

En fait c’est un peu du Tarantino mais en mieux.

Honorable sans plus.

CAB

Hannah Arendt (2012) / Margarethe von Trotta

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Hannah Arendt est engagée par le New Yorker pour suivre le procès Eichmann à Jérusalem. Récit de cet épisode et de la controverse qui s’ensuivit …

La célèbre philosophe est brillamment incarnée par Barbara Sukowa malheureusement le film ressemble beaucoup trop à un petit « Arendt pour les nuls » à cause d’un didactisme trop appuyé.

C’est vraiment dommage car la photo de Champetier est magnifique, la réalisation inspirée et l’interprétation parfaite.

L’utilisation des images d’archives est plutôt intelligente (à travers les écrans de télé qui retransmettaient le procès dans la salle de presse) mais von Trotta ne peut s’empêcher de rentrer dans la salle d’audience réduisant à néant son dispositif.

Le film n’est pas mauvais mais très décevant.

CAB

The Dark Knight Rises (2012) / Christopher Nolan

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Mais comment peut on foutre autant de fric dans un blockbuster sans avoir un scénario digne de ce nom (incohérences, confusions à gogo, ellipses pour sortir de situations foireuses et tutti quanti).

Le film est une fois de plus beaucoup trop long, la Catwoman version Hattaway n’éclipse pas Pfeiffer (et de loin) et les séquences avec mon amie Marion Cotillard sont vraiment embarrassantes (je ne mentionne même pas sa célèbre mort qui restera à tout jamais une séquence d’anthologie).

Le personnage de Bane est en revanche un superbe « vilain ».

Sinon Nolan fait le minimum syndical (à part la séquence d’ouverture) et le film n’est même pas beau contrairement aux deux précédents opus.

Bof, bof et re-bof (et merci Monsieur Nolan pour le mal de crane en sortant de la salle).

CAB

The Pact (2012) / Nicholas McCarthy

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Après le décès de sa mère, une de ses files se rend dans la maison de famille où sa sœur a mystérieusement disparue. De drôles d’évènements s’y produisent ….

On dirait un énième film de maison hantée mais ce n’est pas le cas, McCarthy, avec ce premier long, réussit à être novateur dans un genre qui nous a donné dernièrement quelques belles bouses.

Assez esthétisant (sans trop l’être), le metteur en scène tire, ingénieusement, partie de son petit décor qu’il transforme en labyrinthe.

Sans révolutionner le genre, ce « Pact » est une réussite portée de bout en bout par son excellente actrice : Caity Lotz.

CAB

Django Unchained (2012) / Quentin Tarantino

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L’esclave Django (Jamie Foxx monolithique) est libéré par Schultz (Christoph Waltz qui nous refait le numéro d' »Inglorious basterds » mais en gentil) et va libérer sa femme des mains de l’affreux Candie (di Caprio impeccable).

Bon ben comme d’habitude Tarantino se regarde filmer et nous ressert, une fois de plus, ses looooooooooongues scènes de dialogues soporifiques. (cf la fameuse, et soit disant, géniale séquence du KKK totalement ratée)

Le système Tarantino n’oublie pas de nous offrir son lot de chansons toutes plus incongrues les unes que les autres, et déplacées dans un western (mention aux raps totalement à côté de la plaque mais il faut vendre des disques coco).

Grâce aux effets numériques, les gerbes de sang sont encore plus énOrmes et la violence gratuite (on est loin de Peckinpah).

Bon ça se laisse voir mais c’est surtout beaucoup trop long.

CAB

Dredd (2012) / Peter Travis

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Le juge Dredd se retrouve coincé avec une rookie dans un immense immeuble et doit affronter la terrible Ma-ma et son armée de gangsters.

Précédé d’une réputation moins que flatteuse, « Dredd » s’avère être une excellente surprise.

95 minutes au cordeau pour un excellent film d’action soigné au script très malin qui décline avec intelligence « Die hard » et « Blade Runner ».

Il faut saluer la performance de Karl Urban dans le rôle titre qui ne quitte jamais son casque.

Réjouissant.

CAB

Flight (2012) / Robert Zemeckis

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Whip Whitaker (Denzel pas mal pour une fois) pilote d’avion et accessoirement alcoolique notoire et drogué (tant qu’à faire) évite un grave accident d’avion mais pas de se crasher lui même.

Bon ok les intentions du film sont très claires (voire parfois lourdes) et Zemeckis (bien aidé par la magnifique photo de Burgess) filme ça efficacement (le travelling avant sur Denzel prenant un rail de coke étant à mettre sur le compte d’un léger emballement du cadreur, en tout cas c’est très drôle).

Don Cheadle et Bruce Greenwood sont vachement bien et on aimerait vraiment voir John Goodman dans un autre type de rôle que celui d’éternel rigolo assénant deux ou trois punchlines (scènes d’ailleurs totalement ratées dans le film).

On nous avait vendu le meilleur crash d’avion au cinéma et bien il faut reconnaître qu’il est assez réussi (surtout la partie sans sons) mais celui de « The Grey » reste quand même superbe.

Mais pourquoi finir le film dans une horrible guimauve qui colle aux doigts ?

Un film efficace donc mais un peu lourd quand même.

CAB

À la merveille (2012) / Terrence Malick

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Après avoir abordé son enfance dans l’immense « Tree of life« , Malick continue de se raconter à travers cette histoire d’indécision amoureuse.

Malick abandonne quasiment toute trame narrative classique dans ce film, quasi expérimental, qui tente d’explorer les ressorts de l’Amour et qui finalement, plus qu’un film, est une expérience sensorielle.

Lui seul est capable de nous offrir des moments de pure beauté comme l’arrivée aux États-Unis, la séquence de la fête foraine ou encore celles avec Rachel McAdams.

Malheureusement Kurylenko, aussi belle soit-elle, n’habite pas du tout son personnage et à la dixième séquence d’errance dans la nature on peut comprendre que le spectateur puise se lasser.

Un minuscule Malick.

CAB

The Master (2012) / Paul Thomas Anderson

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Freddie Quell (Joaquin Phoenix habité) erre et cherche sa place dans la société jusqu’au jour où il rencontre le Maître (Philip Seymour Hoffman, génial) et la Cause.

Un très grand film sur le mouvement, sur la dépendance et l’amour impossible.

La mise en scène de PTA est brillantissime, extrêmement intelligente et le film est visuellement somptueux (la photo de Mihai Malaimare Jr. est sublime).

Les acteurs sont tous formidables (mention aussi à Amy Adams géniale en épouse du maître aussi calculatrice qu’implacable).

Un film passionnant et impressionnant.

CAB

Argo (2012) / Ben Affleck

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L’incroyable opération menée par la CIA (et Ben Affleck) pour sauver 6 otages américains retenus en Iran et ce grâce au cinéma.

Plus qu’un thriller un film sur le puissance du cinéma.

Affleck mène joliment sa barque, c’est vraiment de la belle ouvrage, la reconstitution est très réussie et le film se suit sans ennui grâce à son scénario très habile.

Néanmoins on ne sent pas trop le danger qui plane sur les fameux 6 otages (hormis dans les dernières séquences) et l’enchainement des faux suspenses à la fin est un peu artificiel.

En gros c’est bien mais pas transcendant non plus.

CAB

Universal Soldier: le jour du jugement (2012) John Hyams

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John (Scott Adkins plutôt bon pour un bourrin et sosie de Ben Affleck) assiste au meurtre de sa femme et de sa fille par l’ignoble Luc Deveraux (JCVD qui se bonifie avec le temps). Ça sent la vengeance ! (et il y a aussi du  Dolph Lundgren dedans).

John Hyams confirme (en partie) son talent visuel dans cette série B pas cheap. Bon visiblement il a vu « Enter the Void » de Noé et s’en inspire beaucoup dans la séquence d’ouverture en caméra subjective. Il nous refait aussi le coup du long plan séquence (comme dans le précédent opus) mais en moins bien.

Le film souffre malheureusement d’un scénario totalement abscons qu’ont du mal à sauver la séquence du combat à la machette et la fin qui en ferait presque le film d’auteur dans le genre.

CAB

Lincoln (2012) / Steven Spielberg

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La bataille (politique) de Lincoln pour faire passer le fameux treizième amendement de la constitution américaine alors que la guerre de sécession touche à sa fin.

Spielberg continue d’explorer le cinéma de John Ford dans ce film politique captivant entre corruption et petits arrangements.

Daniel Day-Lewis y est monstrueusement génial campant une figure qui est déjà une statue, un mythe et filmé comme tel par un Spielberg en pleine possession de son talent.

D’une sobriété absolue, le film évite toutes les facilités.

Spielberg est un très grand metteur en scène.

CAB

Cogan – Killing Them Softly (2012) / Andrew Dominik

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Deux petits malfrats commandités par un truand dévalisent un cercle de jeu. Un tueur à gages est à leur poursuite sur fond de crise et d’élection d’Obama.

Dire que j’ai résumé 97% du film avec ces deux phrases …

Une fois de plus Dominik se regarde filmer (oh les jolis filtres, oh les jolis ralentis) dans ce polar ultra bavard et interminable (et pourtant il ne dure que 87 minutes). Il invente un nouveau genre : le thriller chiant, prétentieux et auteurisant.

Il ne se passe presque rien et le discours pseudo politique est ultra lourd (oui la crise touche aussi les truands) sans parler de l’utilisation de chansons absolument pas subtil.

Un naufrage.

CAB

Cosmopolis (2012) / David Cronenberg

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Cronenberg nous refait le coup de l’adaptation d’un livre inadaptable.

Autant le « Festin Nu » était une catastrophe autant « Cosmopolis » est … aussi un naufrage.

Malgré ses 108 minutes le film est d’un chiant, qui culmine lors de son interminable séquence de fin.

Et pourtant le début était prometteur…

J’aurai du me méfier le film est co-produit par des français …

CAB

Looper (2012) / Rian Johnson

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Un tueur à gages (Joseph Gordon-Levitt) exécute froidement ses victimes envoyées du futur jusqu’au jour où il se trouve confronté à lui même (Bruce Willis).

Johnson tente de moderniser voire révolutionner le thème des paradoxes temporels et signe un film habile avec quelques séquences très réussies et d’autres toutes pourries.

Le film à vouloir traiter trop de thématiques part un peu dans tous les sens mais est assez efficace dans l’ensemble.

Les effets numériques sur le visage de Joseph Gordon-Levitt pour le faire ressembler à Willis jeune ont super gênants.

Pas mal mais pas génial non plus.

CAB

End of Watch (2012) / David Ayer

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Un film sur l’amitié de deux policiers du LAPD (Jake Gyllenhaal et Michael Peña, tous les deux parfaits) et ausi une chronique de la vie des forces de l’ordre à LA.

Ayer (scénariste de « Training Day ») continue d’explorer les affres de la police américaine dans cette plutôt bonne chronique policière.

Malheureusement son dispositif de mise en scène (paluches et caméras vidéo portées par certains personnages) est ultra lourd.

Au final les personnages emportent l’adhésion du spectateur ainsi que la conclusion coup de poing.

CAB

Le Hobbit: Un voyage inattendu (2012) / Peter Jackson

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On a vraiment l’impression de voir un remake (pour enfants) de la « Communauté de l’anneau » mêmes enjeux, mêmes scènes, mêmes acteurs etc.

Certaines séquences sont beaucoup trop longues et on sent que Jackson se fait plaisir.

Le problème c’est que l’ensemble n’est pas vraiment mis en scène, n’a pas du tout de souffle épique et n’est même pas très beau.

Ce n’est pas infamant non plus, c’est même pas mal, en fait c’est juste du Jackson.

CAB

Expendables 2: unité spéciale (2012) / Simon West

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Un festival de dialogues foireux et de dégommages à la pelle.

Les « acteurs » ne cessent de faire des clins d’œil à leur filmo et c’est super lourd.

Certes le rassemblement d’action stars est impressionnant mais encore eusse t’il fallu avoir un scénario digne de ce nom et un metteur en scène derrière la caméra.

Bon Van Damme est quand même hyper cool.

A oublier.

CAB

De rouille et d’os (2012) / Jacques Audiard

Audiard devrait se débarrasser de ses tics de mise en scène (caméra qui tremble, soleil dans l’objectif etc.) et de son afféterie visuelle.

Il lui faudrait surtout un vrai scénario pour que ses excellents acteurs (même Cotillard oui oui) puissent vraiment exister.

Le film se laisse néanmoins voir et le fait qu’Audiard soit systématiquement encensé prouve une nouvelle fois dans quel désert se trouve le cinéma Français contemporain.

A noter quand même le plan le plus ridicule de l’année (une dent qui tombe et tourne au ralenti !).

CAB

Avengers (2012) / Joss Whedon

Du super vilain avec sa lance ridicule toute pourrie aux interminables dialogues et disputes entre les super héros en passant par la bataille « Independance day » rencontre Marvel, le film est totalement raté.

En plus il fait, de bout en bout, ultra « cheap », un comble pour une méga superproduction !

A oublier.

CAB

Total Recall – mémoires programmées (extended director’s cut) (2012) / Len Wiseman

La version de Verhoeven n’était pas un très grand film (surtout à cause de la présence de Schwarzie et des codes que cela impliquait) alors le remake signé par le tâcheron Wiseman faisait très très peur.

La première heure du film est vraiment réussie sorte de course poursuites sans fin dans un univers visuellement chiadé mais bien trop copié sur tous les grands films de SF (merci Blade Runner).

Malheureusement les incohérences scénaristiques et thématiques s’enchainent alors pour finalement perdre le spectateur. Et où est cette ambiguïté finale que le sujet exigeait ???

Colin Farrell est plutôt pas mal mais la réussite du film est sans conteste Kate Beckinsale absolument géniale (et belle) dans un rôle de méchante.

Divertissant mais aussi vite vu, aussi vite oublié.

CAB

Skyfall (2012) / Sam Mendes

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« Bonjour madame la caissière, j’aimerai me faire rembourser ma place de cinéma »

« Et pourquoi donc Monsieur ? »

« Et bien je n’ai pas vu un James Bond mais un vague remake des « Chiens de Paille » ».

Bon, la photo de Deakins est magnifique, la séquence à Singapour époustouflante mais elles ne compensent pas une séquence d’ouverture ratée (un comble), Bardem en follasse peroxydée (au secours !!) des James Bond girls insignifiantes, un final prévisible et un Mendes assurant le minimum.

Un tout petit Bond (mieux que « Quantum of Solace » quand même mais bon ça c’était facile).

CAB