Le fils de Saul (2015) / László Nemes

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Saul (magnifique Géza Röhrig), Sonderkommando à Auschwitz, décide de donner une sépulture à un enfant mort dans les chambres à gaz…

Nemes, s’appuyant sur un incroyable travail de documentation, plonge son spectateur dans l’enfer des camps de concentration sans jamais céder au voyeurisme ou à la complaisance.

La prouesse du film réside dans son dispositif de mise en scène totalement justifié et maîtrisé (de longs plans séquences). Son cadre carré nous met à la place de ce que voit, ou plutôt refuse de voir, Saul qui pour survivre dans cet enfer doit faire abstraction de ce qui l’entoure et se donner un but à atteindre / une raison de (sur)vivre.

Saul est dépeint comme un ouvrier d’une machine de mort, immense usine de la destruction à la mécanique implacable, un être déshumanisé qui ne peut plus rien ressentir.

Le travail sur la bande son est stupéfiant.

On a rarement vu un premier film aussi impressionnant.

CAB

Taj Mahal (2015) / Nicolas Saada

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Novembre 2008 : une jeune fille (Stacy Martin) se retrouve coincée dans sa chambre de l’hôtel Taj Mahal à Bombay pendant une attaque terroriste.

A trop vouloir intellectualiser son sujet, Saada se perd en route et n’arrive pas à maintenir son parti pris de l’événement vu à travers les yeux de son héroïne (les péripéties des parents sont très ratées et Louis-Do de Lencquesaing un miscast absolu). En outre, pour aérer son film, Saada nous sert de manière répétitive des « beauty shots » d’indiens qui donnent vraiment l’impression d’être là pour faire du minutage.

En revanche tout ce qui concerne le hors champs est vraiment réussi et l’apparition finale des terroristes sur les écrans des caméras de surveillance est une excellente idée.

Dommage car il y avait matière pour faire bien mieux.

CAB

De Palma (2015) / Noah Baumbach & Jake Paltrow

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Brian de Palma se raconte dans ce documentaire qui n’est pas avare en extraits de films.

C’est toujours intéressant, voire passionnant, d’entendre un réalisateur se confier sur son travail et de Palma est un excellent client.

Dommage que ce documentaire ne soit que ça et que ses auteurs n’apportent rien de plus.

CAB

Spectre (2015) / Sam Mendes

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James Bond est sur la piste d’une mystérieuse organisation criminelle nommée Spectre.

Après le plan séquence d’ouverture bien foutu, le film bascule très vite dans le ridicule avec une improbable séquence d’hélicoptère ou encore une poursuite en voiture mollassonne dans Rome qui fait plus penser à un circuit touristique.

Comme la plupart des nouveaux films de super-héros, le film se prend beaucoup trop au sérieux et son scénario enchaîne les incohérences.

Cerises sur le gâteau, Léa Seydoux a une tronche de travesti dans la séquence du train et Waltz nous ressort une fois de plus un grand numéro de cabotinage.

Bref c’est pas terrible du tout.

CAB

Green Room (2015) / Jeremy Saulnier

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Un groupe de rock se retrouve piégé dans un bar appartenant à un groupuscule néo-nazi.

A mi-chemin entre le survival et l’horreur, Saulnier signe un film haletant et éprouvant de bout en bout à la mise en scène ultra maitrisée.

Patrick Stewart y campe remarquablement un méchant d’anthologie.

Une excellente surprise.

CAB

Straight Outta Compton (director’s cut) (2015) / F. Gary Gray

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Naissance et vie du groupe de hip-hop NWA dans l’amérique des années 80.

Ce biopic très hagiographique, car produit par Ice Cube et Dr Dre, se laisse regarder sans déplaisir malgré sa longueur (près de 3h00).

F. Gary Gray derrière la caméra n’apporte malheureusement pas grand chose au récit malgré une reconstitution hyper soignée et une direction artistique impeccable (mention à la très belle photo de Matthew Libatique).

Le casting est remarquable excepté un Paul Giamatti pas du tout à l’unisson de ses excellents partenaires.

Pas mal mais ça manque de cinéma.

CAB

Relève (2015) / Thierry Demaizière & Alban Teurlai

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La création du ballet « Clear, Loud, Bright, Forward » par Benjamin Millepieds, éphémère directeur du ballet de l’Opéra de Paris.

Ce documentaire est une belle plongée dans le processus de création et se distingue surtout pas sa magnifique image.

La meilleure partie montre un Millepieds confronté à la grosse machine administrative qu’est l’Opéra de Paris avec toutes les contraintes qui vont avec.

Dommage que certaines séquences soient beaucoup trop artificiellement mises en scène et cassent la fluidité du récit.

Passionnant néanmoins.

CAB

Les cowboys (2015) / Thomas Bidegain

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1992 : un père part à la recherche de sa fille qui a mystérieusement disparue, entrainant dans sa quête son fils.

Bidegain (scénariste attitré de Jacques Audiard) passe derrière la caméra avec ce film extrèmement ambitieux.

Relecture contemporaine de « La prisonnière du désert » (ici les indiens sont les musulmans), « les Cowboys » possède d’indéniables qualités formelles.

Dans son récit, Bidegain ose d’audacieuses ellipses et de surprenantes ruptures (donnant lieu à une séquence mémorable) qui enracinent son film dans tout un pan de l’histoire contemporaine.

Parfois bouleversant, « Les cowboys » brasse malheureusement un peu trop de thèmes pour séduire totalement.

Finnegan Oldfield est une véritable révélation et François Damiens prouve qu’il peut aussi être un remarquable acteur dramatique.

Une bonne surprise.

CAB

Area 51 (2015) / Oren Peli

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Trois jeunes décident d’infiltrer la base militaire de la mythique zone 51 où se serait écrasé un ovni.

Encore un found footage tout pourri où le spectateur se tape 45 interminables minutes d’exposition (sur les 90 du film) avant de pénétrer enfin dans la base.

Oren Peli réussit même l’exploit de ne pas rendre un minimum palpitante l’exploration du lieu et tout ce qu’il pouvait receler.

Bref c’est tout naze.

CAB

JeruZalem (2015) / Doron Paz & Yoav Paz

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Deux américaines, en villégiature à Jérusalem, se retrouvent en plein apocalypse.

Encore un found footage cette fois ci au travers des Google Glass™ de son héroïne.

C’est du grand n’importe quoi à base de fin du monde, d’anges maléfiques qui n’est même pas sauvé par sa fin qui se voulait grandiose et n’est que ridicule.

J’aurais du me méfier il y a un grand Z dans le titre.

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Made in France (2015) / Nicolas Boukhrief

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Un journaliste infiltre les milieux intégristes jusqu’au jour où il apprend que sa cellule djihadiste, préparant des attentats, va passer à l’acte.

Boukhrief n’a pas voulu faire un film à thèse mais un thriller et malheureusement ce n’est pas très réussi.

A ne jamais vouloir se mouiller, le réalisateur plombe son sujet et déroule un script sans surprises au contraire de l’excellent « La désintégration » de Philippe Faucon qui abordait en sus les aspects sociétaux d’un même sujet.

C’est vraiment dommage parce qu’artistiquement le film est très réussi, qu’il est ambitieux et que les acteurs principaux sont excellents (à part Dimitri Storoge).

Une déception.

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Sicario (2015) / Denis Villeneuve

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Une agent du FBI (Emily Blunt) est détachée dans une unité spéciale pour lutter contre les narcos à la frontière des États-Unis et du Mexique.

Villeneuve confirme tout le bien que l’on pensait de lui après l’excellent « Prisoners » .

Au delà de ses trois géniales séquences phares (l’ouverture du film, la frontière et le tunnel), Villeneuve livre une trés grande leçon de mise en scène renvoyant dos à dos les trafiquants et les forces de l’ordre.

La photo de Deakins est d’une beauté époustouflante et Benicio Del Toro n’a pas été aussi bon depuis très longtemps.

Toujours aussi puissant à la deuxième vision.

CAB

Bone Tomahawk (2015) / S. Craig Zahler

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Un groupe de cowboys part à la poursuite d’indiens qui ont capturés la femme d’un des leurs.

Ce premier film de l’inconnu S. Craig Zahler, est une excellente surprise.

Malgré un début un peu lent, mais qui permet de faire exister ses personnages et de rendre ainsi le dernier tiers encore plus percutant, « Bone Tomahawk » arrive à mélanger les genres (western, survival, horreur et même le gore) avec brio.

On a plaisir à retrouver Kurt Russel en shérif, entouré de Matthew Fox, Richard Jenkins, Patrick Wilson et même la revenante Sean Young.

Seul (petit) bémol, le film aurait pu être plus court de 20 bonnes minutes.

On attend avec impatience le prochain film de Zahler.

Double top.

CAB

Star Wars: Le réveil de la Force (2015) / J.J. Abrams

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Trente ans après la défaite de l’Empire, une nouvelle menace plane sur la galaxie.

Lucas passe la main et malheureusement cela se ressent.

Malgré la présence de Kasdan à l’écriture, le scénario du film se résume à une succession de redites pour n’être, in fine, qu’un (très) pâle remake de l’épisode IV.

Bourré d’incohérences (Han Solo préfère subitement refaire de la contrebande, John Boyega maitrise le sabre laser en deux secondes, Daisy Ridley est une pilote hors pair par l’opération du saint esprit etc.) le film souffre surtout d’un cruel manque d’ampleur et de magie et n’est qu’une version light sans odeur et sans saveur de ses prédécesseurs auxquels il tente de se raccrocher par tous les moyens.

On rajoutera le fort mauvais goût de faire de Kylo Ren un psychopathe, Daisy Ridley et ses deux expressions ou encore les décors affreusement cheap.

Abrams fait son possible derrière la caméra (faisant trop rarement preuve de son talent) mais avec un tel script, difficile de faire des miracles.

Même John Williams se met au diapason avec une BO totalement neutre.

Assez insignifiant.

CAB

Manuel de survie à l’apocalypse zombie (2015) / Christopher Landon

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Trois scouts doivent survivre dans une petite ville envahie par les zombies.

Comme souvent dans la comédie américaine contemporaine, la finesse n’est pas de mise et c’est bien le cas ici.

Pourtant, le film se révèle sympathique (grâce à son quatuor d’acteurs) et contient quelques séquences mémorables (comme la fameuse scène du trampoline) sans jamais oublier d’être drôle et de remplir son cahier des charges « zombiesque ».

Sympathique donc.

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Mission: Impossible – Rogue Nation (2015) / Christopher McQuarrie

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L’IMF doit affronter le terrible Syndicat dans une mission encore plus périlleuse que les autres.

Ce cinquième opus de la franchise est surtout une ode à la gloire d’un Cruise tout en muscles.

McQuarrie derrière la caméra fait vraiment bien le job.

Malheureusement le scénario a quelques faiblesses (comment se fait-il que Rebecca Ferguson survive à ses nombreux échecs ?)

Un divertissement sympatoche et spectaculaire.

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Terminator Genisys (2015) / Alan Taylor

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Bon ben il y a des voyages dans le temps, des terminator et de la Sarah Connor dedans.

Reboot de remake de suite sans en être une, ce nouveau Terminator est du grand n’importe quoi.

Shwarzie fait un peu peine dans des gags répétitifs et l’ensemble est peu captivant.

Le pire étant que le film nie totalement ses prédécesseurs tout en les copiant allègrement.

Pour le Samedi soir (et encore).

CAB

Un Français (2015) / Diastème

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L’itinéraire d’un skinhead des années 80 à nos jours.

Ce qui frappe de prime abord c’est l’interprétation magistrale d’Alban Lenoir dans le rôle titre (le reste du casting oscille entre le correct et le très mauvais).

Pour son premier long métrage, Diastème se montre très (trop ?) ambitieux.

Beaucoup trop répétitif, son film se limite trop à une succession de plans séquences (plutôt bien foutus d’ailleurs) menant à la rédemption de son « héros ».

On peut néanmoins saluer son ambition formelle assez rare dans le cinéma français contemporain malgré un discours politique un peu simpliste.

Pas mal malgré tout.

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Jurassic World (2015) / Colin Trevorrow

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Nouveau parc, nouveaux dinosaures, dont un très méchant génétiquement modifié, et bien sûr nouvelle catastrophe en prévision.

Dès l’apparition des vélociraptors dressés, on se dit que Colin Trevorrow a tout faux et la suite ne fait que le confirmer.

Détruisant méticuleusement les mythes créés dans les excellents premiers opus de Spielberg et sans aucune magie, le film enchaine les séquences poussives sans la moindre idée de mise en scène.

Le casting est à la rue (il faut dire qu’il n’y a pas de personnages) et les dinosaures semblent bien moins beaux que dans les films d’origine.

Dire qu’ils se sont mis à quatre pour écrire ça …

CAB

Dheepan (2015) / Jacques Audiard

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Dheepan, ancien combattant des tigres tamouls, accompagné d’une femme et d’une enfant qu’il fait passer pour sa famille, quitte le Sri Lanka pour la France après avoir tout perdu.

Après l’affreux « De rouille et d’os » Audiard revient avec ce film, palmé à Cannes, qui est un très bonne surprise.

Débarrassé de la plupart de ses oripeaux visuels, Audiard suit le parcours de ses personnages passant d’un enfer à l’autre tout en tentant de recréer une cellule familiale basée sur un mensonge.

La France terre d’asile et d’espoir n’est qu’une nouvelle zone de guerre avec ses cités désincarnées livrées aux mains des dealers et où tout le monde baisse les bras.

Ancrée dans une réalité que beaucoup ne veulent pas voir, Dheepan dépasse largement son statut de vigilante movie à la française pour devenir une œuvre singulière dans le paysage cinématographique français.

Les trois acteurs principaux sont formidables et font presque passer le reste du casting pour des amateurs.

On regrettera juste la sur-stylisation de la séquence d’action finale qui commençait pourtant de manière remarquable.

L’épilogue , rejetée par beaucoup, n’est que la suite logique du propos du film.

Une réussite.

CAB

Mad Max: Fury Road (2015) / George Miller

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Fury Road c’est le film qui te donne envie d’applaudir après la (démente) première séquence et ça, ça n’a pas de prix.

Miller conserve tous les codes de sa saga et fait preuve d’une inventivité constante tout du long de cette merveille.

Sa mise en scène renvoie à leurs études tous les tacherons qui sévissent aujourd’hui (Zack et Christopher si vous nous entendez).

Seul bémol, Tom Hardy à côté de la plaque (alors que Charliez Theron est parfaite) mais à sa décharge son rôle est ingrat et secondaire finalement.

Et ce putain de dernier plan qui dit tout.

Master George reste au firmament.

CAB