Premier contact (2016) / Denis Villeneuve

Des vaisseaux spatiaux apparaissent sur différents endroits du globe. Une linguiste (Amy Adams excellente) est chargée d’interpréter le langage de ces visiteurs …

Ultra attendu, le film de Villeneuve est un drôle d’objet qui ne tient pas toutes ses promesses.

Très (trop ?) ambitieux, « Premier Contact » mêle une grande histoire et l’intime dans un ensemble qui peut en décontenancer certains, mais dont la partie SF est très réussie et magnifiquement mise en image.

Le soucis du film se trouve, pour moi, dans l’absence totale d’émotion ressentie alors que certaines séquences devraient être bouleversantes.

Alors même si on peut gloser des heures sur la grosse ficelle scénaristique qui est le pivot du film, il n’en reste pas moins que l’oeuvre de Villeneuve est un objet filmique assez unique qui hante le spectateur longtemps après sa vision.

CAB

La guerre selon Charlie Wilson (2007) / Mike Nichols

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Charlie Wilson (Tom Hanks impeccable), membre du congrès américain, fait voter des fonds secrets pour aider les moudjahidines afghans contre les envahisseurs soviétiques.

Cette comédie dramatique, politique et réjouissante de l’excellent Nichols est portée par le script très malin de Sorkin.

Tom Hanks, Julia Roberts, Philip Seymour Hoffman, Ned Beatty et Amy Adams y sont excellents.

De la belle ouvrage qui nous éclaire sur le monde actuel.

Et ce carton de fin ….

Vraiment sympathique et drôle.

CAB

American Bluff (2013) / David O. Russell

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Un couple d’escrocs est « recruté » par le FBI pour piéger des mafieux et des politiciens corrompus.

Russel tente de faire son Paul Thomas Anderson et c’est beaucoup moins bien.

Artificiel et toc, le film sonne faux de bout en bout et se résume à une succession de numéros d’acteurs en pleine impro, qui sont d’ailleurs plutôt très mal dirigés.

La mise en scène de Russel se limite à des travellings avant à la steadycam tout du long de cette arnaque pas vraiment passionnante.

La séquence « live and let die » est déjà au panthéon des pires scènes de cette année.

Dire que ce film a eu 10 nominations aux Oscars !

Bref ce n’est pas grand chose.

CAB

Man of Steel (2013) / Zack Snyder

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Nolan produit et écrit avec le terrible Goyer le re-reboot de « Superman » pour le plus grand malheur du spectateur.

En gros c’est un « Independance Day » qui se prend très au sérieux.

Le début sur Krypton est grotesque et donne le ton (mention spéciale à l’espèce de dragon volant totalement ridicule) ce sera un film pédant ne mettant en avant que ses prouesses techniques.

Snyder use et abuse de sa shaky cam et échoue à rendre lisible ses innombrables séquences d’action. Le scénario de Goyer est débile et ne caractérise absolument pas ses personnages aux comportements idiots (Michael Shannon est catastrophique dans le rôle du méchant Zod, il doit toujours chercher le pourquoi du comment de son personnage). Les dialogues franchement très drôles (malgré eux) finissent de prouver que Nolan et Goyer sont des imposteurs.

Pour la postérité on citera quelques séquences d’anthologies : la mort de Costner (mais que vient-il faire dans cette galère ?) sauvant le petit chienchien de la famille sous les yeux d’un Superman qui n’agit bien évidemment pas (c’est plus pratique pour les scénaristes), l’insipide Loïs Lane trouvant par miracle la solution pour sauver le monde, le bus scolaire en pleine route de campagne se trouvant par magie, dans le plan suivant, sur un pont parce que pour un accident c’est mieux coco, Superman dans un église clamant qu’il doit se sacrifier pour sauver le monde avec un GROS vitrail représentant Jésus en arrière plan, le héros annoncera quelques scènes plus tard qu’il est sur terre depuis 33 ans (tu la vois ma grosse symbolique) ou encore les atterrissages miraculeux du héros systématiquement à côté des personnages secondaires.

Pour être gentil on sauvera les SFX assez spectaculaires ainsi que la photo du film et on passera sous silence la performance de Henry Cavill.

Singer avait fait beaucoup mieux avec son « Superman returns« .

Mais la référence reste toujours le magnifique film de Donner.

CAB

The Master (2012) / Paul Thomas Anderson

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Freddie Quell (Joaquin Phoenix habité) erre et cherche sa place dans la société jusqu’au jour où il rencontre le Maître (Philip Seymour Hoffman, génial) et la Cause.

Un très grand film sur le mouvement, sur la dépendance et l’amour impossible.

La mise en scène de PTA est brillantissime, extrêmement intelligente et le film est visuellement somptueux (la photo de Mihai Malaimare Jr. est sublime).

Les acteurs sont tous formidables (mention aussi à Amy Adams géniale en épouse du maître aussi calculatrice qu’implacable).

Un film passionnant et impressionnant.

CAB