La bande à Baader (2008) / Uli Edel

Récit de la création et des attentats de la fraction armée rouge en RFA à la fin des années 60 jusqu’à 1977.

Avec d’assez gros moyens, Uli Edel signe ce biopic de la première époque de cette tristement célèbre organisation terroriste qui ensanglanta l’Allemagne pendant de longues années.

La reconstitution est très soignée, les acteurs bons mais le film est assez répétitif, très didactique et surtout manque de point de vue.

Dommage car c’était un sujet en or bien mieux traité par Margarethe von Trotta et Volker Schlöndorff pour ne citer qu’eux.

CAB

Straight Outta Compton (director’s cut) (2015) / F. Gary Gray

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Naissance et vie du groupe de hip-hop NWA dans l’amérique des années 80.

Ce biopic très hagiographique, car produit par Ice Cube et Dr Dre, se laisse regarder sans déplaisir malgré sa longueur (près de 3h00).

F. Gary Gray derrière la caméra n’apporte malheureusement pas grand chose au récit malgré une reconstitution hyper soignée et une direction artistique impeccable (mention à la très belle photo de Matthew Libatique).

Le casting est remarquable excepté un Paul Giamatti pas du tout à l’unisson de ses excellents partenaires.

Pas mal mais ça manque de cinéma.

CAB

Steve Jobs (2015) / Danny Boyle

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Trois moments clés dans la vie de Steve Jobs.

Le principal problème du film réside dans son écriture ultra théâtrale en trois actes qui donne l’impression d’assister toujours à la même chose. Dispositif qui d’ailleurs a ses limites puisqu’il y a aussi des flash-back et une voix off explicative.

Ce n’est pas le Jobs businessman qui semble intéresser les auteurs mais plutôt sa relation avec sa fille qui, d’ailleurs, fait beaucoup penser à l’excellent « Stratège » .

Mais surtout on se demande pourquoi tout le monde vient emmerder Jobs pile poil dans les minutes précédant des présentation hyper importantes pour la survie de ses diverses entreprises.

Trop mécanique, le film donne à voir de très beaux numéros d’acteurs (même Winslet joue bien) devant la caméra enfin sobre d’un Danny Boyle qui essaye de se prendre pour Fincher.

Bref c’est vraiment pas top et surtout terriblement chiant.

CAB

American Sniper (2014) / Clint Eastwood

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La vie de Chris Kyle (Bradley Cooper, parfait), soldat américain membre des Navy Seal, mais surtout sniper légendaire en Irak.

Papy Clint prouve qu’il est toujours en forme et qu’il possède toujours un indéniable sens de la mise en scène.

Loin de la polémique débile qui a accompagné la sortie du film, Eastwood signe un film sur un drogué de la guerre qui a pour seul défaut d’arriver après le génial « Démineurs » .

Classique et efficace.

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Citizen Kane (1941) / Orson Welles

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A la mort du magnat de la presse Charles Foster Kane, un journaliste enquête sur sa vie et sur la signification de « rosebud » qui fut son dernier mot sur son lit de mort.

Sous la forme d’une enquête, Welles signe un vrai faux biopic mais surtout invente toute une nouvelle grammaire cinématographique.

Prodigieusement novateur, le film n’en est pas moins passionnant et même déchirant dans ses derniers instants.

Très, très grand.

CAB

Cloclo (2012) / Florent-Emilio Siri

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La vie et l’œuvre de Claude François.

Si on passe outre les 15 premières minutes franchement pas terrible, Cloclo se révèle être un film ambitieux et mis en scène (Siri s’autorise quelques plans séquences brillants qui ont du sens), plutôt bien interprété (Magimel excellent en Paul Lederman, les rôles féminins et Jérémie Rénier pour le meilleur, Marc Barbé épouvantable pour le pire), qui dresse le portrait, sans concession, d’un artiste égocentrique. Et en plus, les chansons sont parfaitement intégrées au récit.

On regrettera les quelques incursions d’images d’archives malvenues.

Un vrai bon film Français !

CAB

Le général (1998) / John Boorman

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Le destin (tragique) de Martin Cahill, voleur irlandais au grand cœur, qui joua au chat et à la souris avec la police et s’attira les foudres de l’IRA.

Après un « Rangoon » de sinistre mémoire, Boorman revenait aux affaires avec ce superbe film.

Son « gentil » bandit évolue dans une Irlande des sans grades mais sera vite rattrapé par le contexte politique d’un pays coupé en deux.

Le film ne manque pas d’humour et est porté par la remarquable performance de Brendan Gleeson entouré de non moins excellents seconds rôles.

La mise en scène de Boorman est extrêmement inventive (l’introduction du film, les raccords entre les différentes époques etc.) dans un superbe noir et blanc.

Excellent.

CAB

Michael Collins (1996) / Neil Jordan

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Le destin de Michael Collins (Liam Neeson) dans les années 20 qui fut un des artisan de l’indépendance de l’Irlande.

Après le succès d’ « Entretien avec un vampire » Jordan réalisa ce projet qu’il avait écrit 12 ans auparavant et qui lui tenait beaucoup à cœur, étant lui même irlandais.

Cette fresque sur l’indépendance irlandaise est une nouvelle très belle réussite de son réalisateur malgré son canevas assez classique pour ce genre de film (l’escalade de la violence, les trahisons, le prix à payer pour la liberté etc.).

La mise en scène est brillante (les séquences d’assassinats avec leur montage alterné, Michael Collins rejouant la première scène du film, à l’inverse, dans la deuxième partie du récit etc.) et la distribution parfaite (même Julia Roberts). Jordan évite l’écueil de l’histoire d’amour beaucoup trop présente et ce malgré sa star dans le seul rôle féminin.

CAB

Le loup de Wall Street (2013) / Martin Scorsese

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L’ascension et la chute du trader Joran Belfort (DiCaprio).

Papy Scorsese revient (enfin) en forme avec ce film fleuve mais prenant de bout en bout.

DiCaprio dans le rôle titre donne la pleine mesure de son talent, épaulé par l’épatant Jonah Hill et une myriade d’excellents acteurs dans des rôles secondaires.

Jean Dujardin vole à DiCaprio ses scènes (nan je déconne) en revanche Matthew McConaughey, lui, est une nouvelle fois parfait.

Le film est extrêmement drôle de bout en bout et contient quelques moments d’anthologie.

Scorsese fait du monde de la finance une sorte de secte dont DiCaprio est le gourou (les séquences de « prêches » sont à ce titre édifiantes)

On regrettera néanmoins la filiation formelle avec « les Affranchis » et « Casino » qui n’apporte pas grand chose de nouveau même si thématiquement les films ne se ressemblent pas.

CAB

L’extase et l’agonie (1965) / Carol Reed

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Ou comment Michel-Ange (Charlton Heston) peint le plafond de la chapelle Sixtine et sa relation conflictuelle avec le pape Jules II (Rex Harrison).

Le film est une grosse machine qui oscille constamment entre ses deux personnages principaux : le pape Jules II plus guerrier qu’homme d’église et Michel-Ange en artiste tourmenté par les affres de la création.

A l’arrivée, Carol Reed n’arrive pas vraiment à trouver le ton juste entre les séquences de foules et les moments plus intimistes (la peinture de la fresque) et signe un très surprenant prologue documentaire sur l’œuvre sculptée de Michel-Ange.

Il y a des moments de pur kitsch (Michel-Ange au somment de la montagne trouvant l’inspiration pour « Dieu donnant la vie à Adam ») et aussi quelques sympathiques séquences humoristiques mais qui n’ont pas vraiment grand chose à faire ici.

Il manque surtout une structure narrative au film qui n’est souvent qu’une répétition des mêmes scènes.

Malgré tout, les séquences avec Michel-Ange peignant sont réussies et le film dégage un charme certain même s’il est un peu trop académique (dans le mauvais sens du terme).

CAB

Yves Saint Laurent (2014) / Jalil Lespert

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Le biopic, très officiel, de la vie de Yves Saint Laurent ou plutôt de sa relation avec Pierre Bergé.

C’est aussi un excellent film de promotion pour la comédie française.

Le gros problème du film est qu’il est totalement vampirisé par la performance impressionnante de Niney (Gallienne est pâle à côté) à chacune de ses apparitions, et elles sont nombreuses bien sûr, on ne peut s’empêcher de se dire « c’est incroyable il est Saint Laurent ». Que ce soit dans les gestes ou les intonations de voix c’est saisissant. Mais cela fait systématiquement sortir du récit.

A cela, on peut ajouter l’absence criante de mise en scène de Lespert qui illustre platement les divers épisodes de son récit (notamment les défilés filmés comme à la télé (sic)) et ne s’attache jamais à nous montrer ce qu’était le génie de Saint Laurent.

Lespert ne doit pas beaucoup aimer les femmes quand on voit ce qu’il fait des ses personnages féminins cantonnés à des rôles caricaturaux et surtout interprétés de manière désastreuse par le duo Marie de Villepin / Charlotte le Bon, l’une plus nulle que l’autre.

Sinon le film est très beau et on ne s’ennuie pas mais tout ça manque de vie, de chair et d’émotion et ne reste qu’une succession de séquences.

Les dernières séquences sont ce qu’il y a de plus réussi.

On attend donc le film de Bonello (ou pas).

CAB

Le sicilien (1987) / Michael Cimino

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Salvatore Giuliano, bandit et idéaliste, s’oppose à la mafia, au gouvernement et à la noblesse Sicilienne pour pouvoir donner de la terre aux pauvres.

Cimino adapte le roman de Puzo, qui était une histoire secondaire de la saga du Parrain, pour en faire une fresque romanesque narrant le destin d’un homme qui s’est opposé à tous. Il marche ainsi dans les pas de Francesco Rosi qui dirigea en 1962 un film sur le même personnage.

Surfant sur le succès de « Highlander », Christophe Lambert fut engagé pour jouer le rôle titre et Cimino a toujours reconnu que c’était sa plus grande erreur. On ne peut pas vraiment le contredire même si son jeu, avec le recul, n’est pas si catastrophique mais il n’incarne jamais véritablement son personnage.

Le film, si souvent dénigré, n’est pas le naufrage annoncé et contient de nombreux très beaux moments.

Cimino filme son héros christique, pris dans une spirale de violence qu’il ne peut contrôler, avec lyrisme dans de magnifiques paysages Siciliens magnifiés par la caméra d’Alex Thomson. Il dresse aussi le constat d’un monde qui change.

Une nouvelle fois Mansfield signe une très belle BO aussi tragique que le destin du personnage principal.

Néanmoins, on peut effectivement critiquer le scénario qui dans la deuxième moitié du film opère un revirement assez incompréhensible du héros.

Malgré tout, le film fonctionne et vieillit plutôt bien.

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Che – 2ème partie – Guerilla (2008) / Steven Soderbergh

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Soderbergh rate un film sur deux, celui est effectivement (un peu) plus réussi que le précédent opus.

En abandonnant son scope et en adoptant un style semi documentaire, Soderbergh saisit enfin l’essence de son personnage et de son inévitable chute.

Cette photocopie en négatif du premier film est tout de même beaucoup trop longue et lente.

Et filmer la mort du Che en caméra subjective c’est VRAIMENT pas possible !

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Che – 1ère partie – L’Argentin (2008) / Steven Soderbergh

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Benicio Del Toro incarne (habite même) le personnage du Che dans cette « sorte » de biopic.

En scope pour cette première partie qui narre la révolution Cubaine avec de gros moyens et de manière très « classique ».

Malheureusement l’absence de point(s) de vue et de mise en perspective politique rendent le film très très chiant.

Les inserts en noir et blanc filmés façon « arty » achèvent un film qui pète plus haut que sa pseudo ambition.

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Bugsy (extended edition) (1991) / Barry Levinson

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Ce film retrace une partie de la vie du célèbre gangster Bugsy Siegel, et plus particulièrement sa relation tumultueuse avec l’actrice Virginia Hill.

Le couple Beatty / Benning fait le job sans plus.

Ni biopic, ni film de gangster, « Bugsy » peine à trouver un véritable ton peu aidé par la mise en scène très très sobre de Levinson.

On retiendra la splendide photo de Allen Daviau et Richard C Sarafian (cinéaste culte) dans un rôle de gangster.

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Hannah Arendt (2012) / Margarethe von Trotta

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Hannah Arendt est engagée par le New Yorker pour suivre le procès Eichmann à Jérusalem. Récit de cet épisode et de la controverse qui s’ensuivit …

La célèbre philosophe est brillamment incarnée par Barbara Sukowa malheureusement le film ressemble beaucoup trop à un petit « Arendt pour les nuls » à cause d’un didactisme trop appuyé.

C’est vraiment dommage car la photo de Champetier est magnifique, la réalisation inspirée et l’interprétation parfaite.

L’utilisation des images d’archives est plutôt intelligente (à travers les écrans de télé qui retransmettaient le procès dans la salle de presse) mais von Trotta ne peut s’empêcher de rentrer dans la salle d’audience réduisant à néant son dispositif.

Le film n’est pas mauvais mais très décevant.

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Truman Capote (2005) / Bennett Miller

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Capote est un manipulateur prêt à tout pour écrire LE livre mais cela n’ira pas sans conséquences.

Philip Seymour Hoffman habité par sa performance EST Truman Capote.

Pour son premier film Miller signe déjà un coup de maître, essai transformé quelques années plus tard avec le magnifique « Stratège« .

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Larry Flynt (1996) / Milos Forman

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La vie et l’œuvre (sic) du célèbre pornographe (Woody Harrelson tout en mâchoire) mais aussi (et surtout) son combat contre la censure et les puritains.

Entre biopic et film de procès, le film souffre de la prestation de Courtney love en roue libre (tout comme celle de Woody) et finalement c’est Edward Norton qui vole la plupart des scènes dans lesquelles il apparait.

Forman filme l’ensemble sans génie (il a fait beaucoup mieux), à part dans la très jolie séquence finale.

Pas mal.

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Lincoln (2012) / Steven Spielberg

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La bataille (politique) de Lincoln pour faire passer le fameux treizième amendement de la constitution américaine alors que la guerre de sécession touche à sa fin.

Spielberg continue d’explorer le cinéma de John Ford dans ce film politique captivant entre corruption et petits arrangements.

Daniel Day-Lewis y est monstrueusement génial campant une figure qui est déjà une statue, un mythe et filmé comme tel par un Spielberg en pleine possession de son talent.

D’une sobriété absolue, le film évite toutes les facilités.

Spielberg est un très grand metteur en scène.

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Lawrence d’Arabie (1962) / David Lean

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Un des plus beau film de tous les temps habité par un magnifique Peter O’Toole, la science prodigieuse de la mise en scène de Lean (ah ces transitions !) et le superbe thème musical de Maurice Jarre.

Le Blu-ray est impressionnant et on a l’impression de redécouvrir le film.

Pour l’anecdote le motard à la fin du film est interprété par David Lean.

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Lucky Luciano (1973) / Francesco Rosi

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Rosi (contrairement au titre de son film) ne réalise pas un biopic sur Luciano mais dresse un portrait et une histoire de la mafia.

Gian Maria Volonte habite remarquablement son personnage et Rosi donne un ton semi documentaire plutôt intéressant dans ce film traversé de fulgurances.

Intéressant.

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Braveheart (1995) / Mel Gibson

Pour sa deuxième réalisation, Gibson livre un film, sauvage, lyrique, romanesque, christique (déjà) et signe les plus belles batailles à l’écran depuis « Spartacus« .

5 Oscar mérités pour ce très grand film.

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Entre ciel et terre (1993) / Oliver Stone

Dernier volet du triptyque de Stone sur le Vietnam (et probablement le moins connu).

Un film d’un lyrisme incroyable (parfois too much) habité par l’incroyable performance de l’inconnue Hiep Thi Le et un Tommy Lee Jones parfait de sobriété.

Stone ne nous épargne (quasiment) rien du calvaire (véridique) de son héroïne. (l’ellipse a parfois du bon)…

Néanmoins cela reste un très bon Stone.

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Les Doors (1991) / Oliver Stone

Un incroyable casting (et pas uniquement Val Kilmer aussi allumé que son modèle) à l’exception de Meg Ryan qui ne cesse de cacher sa poitrine dans sa seule scène de nu ! (Stone reconnait d’ailleurs s’être trompé avec elle).

Comme la plupart des films de Stone il y a de très bons moments (toutes les séquences en studio ou autour de « Light my Fire ») et comme d’habitude le réalisateur se laisse aller dans ses délires et ne tient plus trop son film.

Bref du Stone tout autant plaisant que énervant.

CAB