Quo Vadis (1951) / Mervyn LeRoy

Un commandant romain succombe aux charmes d’une esclave convertie au christianisme tandis que le terrible Néron règne sans partage sur Rome.

Au premier abord, ce qui marque le plus, c’est l’opulence des moyens à l’image : les cohortes de figurants, les décors gigantesques, la très belle direction artistique de Cedric Gibbons.

Mais c’est surtout Peter Ustinov qui vampirise totalement le film, incarnant un Néron complètement barré dans un énorme numéro de cabotinage. Il faut dire que le fade Robert Taylor ne fait pas le poids face à un tel monstre; contrairement à Leo Genn campant un génial Petronius ou encore Patricia Laffan incarnant une Poppée lascive et diabolique.

Les dialogues, truffés d’allusions sexuelles et souvent à double sens sont assez savoureux et les deux grands morceaux de bravoure (l’incendie de Rome et le massacre des chrétiens) sont très réussis.

Un vrai film de Noël.

CAB

La dame du lac (1947) / Robert Montgomery

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Phillip Marlowe est engagé pour retrouver la femme du directeur d’un magazine.

Ce sympathique petit polar, adapté d’un livre de Raymond Chandler, est surtout célèbre pour avoir été le premier film tourné (quasiment) intégralement en caméra subjective.

L’intention était révolutionnaire et est techniquement réussie. Malheureusement ce dispositif enferme le récit et en fait une succession de séquences de dialogues (après ouvertures de portes systématiques).

A noter l’excellente partition de David Snell faite de chœurs et quasi expérimentale.

Ultra répétitif.

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Un homme est passé (1955) / John Sturges

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1945 : Un manchot (Spencer Tracy magnifique) débarque dans la petite ville de Black Road perdue au milieu du désert. Que vient-il faire ici ?

Dès le superbe générique avec son train fonçant dans le désert, Sturges annonce, avec fracas, l’arrivée de Tracy.

Avec une économie remarquable le réalisateur signe un sublime film où un homme, seul contre tous, redonne son humanité à une bourgade et à ses habitants. Le scénario de Millard Kaufman (« The war lord, « Take the High Ground! » …) est formidablement intelligent distillant au fur et à mesure les réponses aux questions qui se posent.

Le casting est éblouissant et réunit, outre Spencer Tracy, Robert Ryan, Walter Brennan, Lee Marvin, Ernest Borgnine et Anne Francis.

Et puis il y a, aussi, une scène de bagarre démente entre Tracy et Borgnine.

Un très grand film humaniste.

CAB

Chantons sous la pluie (1952) / Stanley Donen & Gene Kelly

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LA comédie musicale par excellence.

Kelly et Donen dressent un portrait sans concessions du Hollywood de la fin des années 20 et nous offrent les plus beaux numéros dansés et chantés qui soient.

Kelly est immense, Reynolds époustouflante, O’Connor épatant et Charisse sublimissime.

Un film étourdissant, jubilatoire qui donne la patate.

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Sergent la terreur (1953) / Richard Brooks

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Richard Widmark (excellent) vétéran de la guerre de Corée entraine des recrues avec son fidèle compagnon Karl Malden.

Brooks dresse le portrait d’un homme dur dont le seul but est de faire de ses recrues des soldats qui ne se feront pas abattre au front.

Le film sous des dehors très classique transcende son genre dans quelques séquences remarquables (la séance de tir, la séquence du motel à la lumière fabuleuse ou bien lors de son génial final).

Une réussite.

La dernière chasse (1956) / Richard Brooks

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Un superbe western méconnu de l’excellent Richard Brooks.

Robert Taylor et Stewart Granger y campent deux chasseurs de buffalos aux caractères diamétralement opposés qui s’affrontent dans de magnifiques paysages recouverts des squelettes des animaux massacrés (la direction artistique est de Cedric Gibbons).

Dénonciation du racisme contre les indiens et de cette folle chasse, portrait d’un psychopathe, ce film est un bijou complexe qui transcende son genre.

Et en plus il y a Debra Paget !

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Ben-Hur (1925) / Fred Niblo

Première version muette de la fameuse épopée de Judah Ben Hur avec quelques séquences en technicolor dignes de tableaux de grands maitres.

Niblo dirige avec talent, et beaucoup plus de sauvagerie et de nudité (si, si) que la version de Wyler, cette énorme superproduction et signe d’incroyables séquences dont une bataille navale bien plus impressionnante que celle de 1959 et une course de char qui dut être un vrai tour de force en 1925.

Le film souffre néanmoins de certaines maladresses notamment dans son final qui prouvent que les aménagements de Wyler sont excellents.

CAB