N’oublie pas que tu vas mourir (1995) / Xavier Beauvois

Benoît (Xavier Beauvois himself), étudiant en histoire de l’art, apprend qu’il est séropositif lors de son incorporation pour le service militaire. Refusant la maladie, il plonge dans l’enfer de la drogue …

Métaphoriquement, Beauvois entraîne son petit bourgeois de héros à la découverte d’un monde qui’il ne voyait pas et qui débute par une très parlante scène de suicide raté dans des toilettes (tel un camé se shootant).

Divisé en trois parties, le film fait enchaîne à la descente aux enfers de son héros, sa rédemption par l’amour et l’art, dans une Italie lumineuse, où se situent les plus belles séquences avant une fin toute aussi déconcertante que son héros.

Beauvois soigne sa mise en scène et s’entoure d’excellents partenaires parmi lesquels Roschdy Zem, Chiara Mastroianni, Emmanuel Salinger, Bulle Ogier ou encore Cédric Kahn et Jean Douchet.

On citera aussi la superbe musique de John Cale qui reprend la construction de film (piano pour la première partie et quatuor à cordes pour l’Italie).

Toujours aussi atypique et singulier, 22 ans après sa première vision.

CAB

Sous le soleil de Satan (1987) / Maurice Pialat

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Donissan (Depardieu habité) jeune prêtre doute de sa vocation, son chemin vers la sainteté sera rempli d’obstacles.

Pialat adapte génialement l’œuvre de Bernanos dans ce film âpre, exigeant mais magnifique.

Comme toujours les comédiens sont formidables (Bonnaire en jeune fille libre dans la continuité de « A nos amours ») et le réalisateur en directeur de conscience de Donissan est génial.

La photo du film de Willy Kurant est une splendeur (commencée par Luciano Tovoli qui fut viré) et l’utilisation de la musique de Dutilleux parfaite.

Les séquences du maquignon ou avec l’enfant sont deux immenses morceaux de cinéma.

Un très grand film.

CAB