I… comme Icare (1979) / Henri Verneuil

Le président d’un état fictif est assassiné. Un procureur (Yves Montand) rejette les conclusions de la commission d’enquête dont il était membre. La vérité serait-elle autre ?

Verneuil s’empare de l’assassinat de JFK (la commission Warren, le film de Zapruder etc.) pour un faire un excellent thriller.

On se demande même parfois s’il ne s’est pas beaucoup inspiré du génial « Parallax View » de Pakula notamment lors de la séquence de l’expérience de Milgram.

Montand, parfait, porte le film et sa quête de vérité jusqu’à à se brûler les ailes (la très longue, et belle, dernière séquence).

Très bien.

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Le professionnel (1981) / Georges Lautner

Un agent secret, évadé des geôles d’un dictateur Africain, revient en France pour se venger de ceux qui l’ont piégé.

Belmondo n’est pas que un héros invincible et le film de Lautner le prouve dès son ouverture avec son Bébel drogué et subissant divers sévices jusqu’à sa célèbre fin.

En face de lui, Hossein est génial dans un rôle de méchant impitoyable. Le côté politique du film est bienvenu (le dictateur africain combattu puis protégé par le pouvoir) et les nombreuses péripéties donnent à l’ensemble un rythme soutenu.

Dommage que Belmondo passe vraiment trop facilement au travers des mailles du filet tendu par ses poursuivants.

Les Audiard (père et fils) se font plaisir avec des répliques cultes : « Joss Beaumont, espionnage et châtaigne ! » ou encore le célébrissime « Et un couscous poulet, un » etc.

Et pour finir, le mythique thème de Morricone n’a pas été composé pour ce film mais pour « Maddalena » en 1971 et a été recyclé et réarrangé par le maestro, dix ans après sa première utilisation.

Du bon boulot.

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Peur sur la ville (1975) / Henri Verneuil

Le commissaire Letellier (Jean-Paul Belmondo) enquête sur des meurtres de femmes commis par l’affreux Minos.

Une vraie réussite au rythme haletant où Bébel course Minos sur les toits de Paris puis enchaîne une poursuite en voiture pour terminer par la fameuse séquence du métro, le tout, sans fond vert et avec de vrais cascadeurs (dont Belmondo lui-même) qui accomplissent de véritables prouesses.

Et surtout, à la différence de la plupart des polars de Delon, celui-ci a un vrai bon metteur en scène derrière la caméra et Belmondo ne fait pas (encore) son numéro.

Bref, c’est vraiment bien et il y a même Léa Massari.

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Le chat à neuf queues (1971) / Dario Argento

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Un journaliste et un aveugle (Karl Malden) s’associent pour démasquer l’auteur d’une série de meurtres dans un laboratoire pharmaceutique.

Ce second film d’Argento reprend les codes posés dans « L’oiseau au plumage de crystal » mais avec plus de moyens.

Le réalisateur se fait visiblement plaisir dans ce thriller en citant très souvent Hitchcock (et notamment en refaisant la fameuse séquence du verre de lait de « Notorious »).

On prend toujours autant de plaisir lors des scènes de meurtres (oui je suis sûrement sadique) et l’utilisation de la caméra subjective est assez réussie.

Le couple formé par l’aveugle et la fillette orpheline est très savoureux et sympathique.

Pas forcément le meilleur film de son auteur mais il se suit sans déplaisir.

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L’oiseau au plumage de cristal (1970) Dario Argento

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Un écrivain en mal d’inspiration est témoin d’une tentative d’assassinat au cours de laquelle le tueur s’échappe. Il devient la proie de ce dernier.

Pour son premier film (et premier giallo), Argento met en place son dispositif de mise en scène : une séquence fondatrice expliquant tout si on la regarde bien, un meurtrier à lames, des cadres ultra travaillés etc.

Avec Storaro à la photo il signe une très belle mise en scène (dont ce fameux plan subjectif de chute par une fenêtre) et finalement suggère beaucoup plus qu’il ne montre.

Le film se suit sans déplaisir jusqu’à sa révélation finale.

Très efficace et novateur à l’époque.

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Bulworth (1998) / Warren Beatty

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C’est l’histoire d’un sénateur démocrate dépressif (Warren Beatty) ruiné qui souscrit une assurance vie et engage un tueur à gages pour le tuer le week-end de l’élection. Se sentant enfin être un homme libre, il décide d’abandonner toute langue de bois.

C’est aussi une virulente satire du système politique américain et du politiquement correct.

Bon le film est assez outrancier et parfois très lourd. Mais Beatty a de très bonnes idées de mise en scène (la renaissance de son personnage a lieu dans une église, les discours sur les minorités etc.).

Un film intéressant mais un peu trop gros pour moi que rachète son excellente fin qui l’inscrit totalement dans le cinéma américain.

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Espion, lève-toi (1982) / Yves Boisset

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Grenier (Lino Ventura) banquier vivant à Zurich est un espion dormant qui est « réveillé » après le meurtre d’un de ses comparses. Il rencontre l’étrange Chance (Piccoli génial). Qui manipule qui et pourquoi ?

Boisset réalise un thriller aussi embrouillé qu’un roman de John le Carré.

Avec Audiard (pas Jacques, le vrai) au scénario et aux dialogues, savoureux mais ne cherchant pas à faire constamment de bons mots, Boisset tricote un thriller paranoïaque assez emblématique d’un cinéma engagé français des années 80.

C’est plutôt réussi et les deux plans séquences à la steadycam (tenue par Pierre William Glenn) sont très bien foutus.

Un bel exemple de cinéma populaire et ambitieux.

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Les moissons du ciel (1978) / Terrence Malick

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Richard Gere, sa sœur (géniale Linda Manz) et sa compagne (Brooke Adams) errent de ville en ville dans une Amérique en crise jusqu’au jour où ils sont embauchés pour la récolte du fermier (Sam Shepard immense) c’est le début d’un dramatique trio amoureux.

Pour son second film, Malick signe un premier bijou et gomme les défauts de « Badlands ».

Sa mise en scène aérienne englobe ses magnifiques paysages sublimement photographiés par le duo Almendros Wexler (à l’heure magique comme le dit la légende).

Totalement ancré dans le cinéma américain des années 70 tant par sa forme que son fond, le film est d’une infinie poésie et contient des séquences inoubliables (l’incendie ou l’attaque des sauterelles).

Malick est définitivement un magicien et un poète.

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Bugsy (extended edition) (1991) / Barry Levinson

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Ce film retrace une partie de la vie du célèbre gangster Bugsy Siegel, et plus particulièrement sa relation tumultueuse avec l’actrice Virginia Hill.

Le couple Beatty / Benning fait le job sans plus.

Ni biopic, ni film de gangster, « Bugsy » peine à trouver un véritable ton peu aidé par la mise en scène très très sobre de Levinson.

On retiendra la splendide photo de Allen Daviau et Richard C Sarafian (cinéaste culte) dans un rôle de gangster.

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Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970) / Elio Petri

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Gian Maria Volonte est un prodigieux acteur et le démontre une fois de plus dans ce très grand film politique.

Petri signe une dénonciation en règle de la société corrompue Italienne des années 70 au travers du parcours métaphorique et jusqu’au-boutiste de son « héros ».

Formellement le film est un régal et les dernières scènes absolument savoureuses.

Un très grand film.

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Les incorruptibles (1987) / Brian de Palma

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De Palma transcende un scénario « classique » grâce aux arabesques de sa mise en scène (plans séquences, cadrages et mouvements d’appareils virtuoses).

Le casting est impeccable et les morts de Malone et Wallace sont des moments bouleversants.

Une réussite.

Pour une poignée de dollars (1964) / Sergio Leone

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Joe (Eastwood) arrive dans une petite ville de l’ouest déchirée par la lutte de deux clans.

Leone adapte le « Yojimbo » de Kurosawa et donne naissance à un genre, jusque là limité à une exploitation Italienne, : le western spaghetti.

Par la même occasion il définit ce que sera le héros du cinéma d’action moderne.

Même si on peut considérer ce film comme étant mineur dans la filmographie de Leone, il faut reconnaître que ce « brouillon » surprend par son absence de compromis dans la violence.

Historique.

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PS : Monte Hellman signa pour la diffusion télévisée US un prologue avec Harry Dean Stanton et une doublure à la place de Eastwood pour donner un sens moral à l’odyssée de Joe.

Il était une fois en Amérique (1984) / Sergio Leone

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Noodles (de Niro grand) retourne sur les lieux de son enfance pour affronter les fantômes de son passé et ses regrets.

Pour son ultime réalisation, Leone signe une film-somme.

Un grand film sur l’enfance et l’amitié.

La mise en scène est totalement maitrisée avec ses transitions éblouissantes (qui nous font penser au génial « Parrain II ») et Leone s’autorise de très audacieux aller-retours entre différentes époque.

Et puis il y a aussi l’un des plus beau plan de fin de l’histoire du cinéma.
Bouleversant et monstrueusement génial.

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Holocauste 2000 (1977) / Alberto De Martino

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C’était quand même sympa l’époque où les italiens copiaient les grands sucés Hollywoodiens (« la Malédiction » dans le cas présent). Et en plus on pouvait le voir sur TF1 à 20h30 !

Un vrai nanard (sympathique) avec Kirk Douglas, un sosie de Claude François,  une super musique de Morricone et de vagues prétentions écologistes pour ce film de fin du monde.

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Wolf (1994) / Mike Nichols

La lycanthropie comme métaphore de la société avec Nicholson aux commandes ce n’était pas une mauvaise idée mais malheureusement le dernier tiers du film calamiteux balaye toutes ces bonnes intentions.

Et ces ralentis …

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Outrages (1989) / Brian de Palma

De Palma réalise « son » film sur le Vietnam qui retrace l’histoire (vraie) de l’enlèvement d’une vietnamienne par un groupe de G.I.

Une succession de séquences virtuoses (le tunnel, l’attaque dans le village, le pont …) au service de la steadycam mais aussi de son propos.

Certaines séquences sont insoutenables et Michael J.Fox trouve son meilleur rôle alors que Sean Penn cabotine (comme souvent).

Éprouvant mais réussi, un des derniers bons de Palma avec « Carlito’s Way« .

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The Thing (1982) / John Carpenter

 

Il n’y a qu’un « The Thing » et c’est celui-là.

Maitrisé de bout en bout par un Carpenter au sommet de son art.

Un film dont le final dément nous hantera encore et encore à chaque nouvelle vision.

Grandiose et en plus c’est un parfait film de Noël.

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Il était une fois dans l’ouest (1968) / Sergio Leone

Le plus beau casting d’yeux bleus au monde, le lyrisme de Leone, une incroyable science du cadre, un travail sur le son époustouflant, une musique inoubliable bref … une merveille.

Pour l’anecdote le plan final de « Il était une fois en Amérique » est déjà là dans « Il était une fois dans l’Ouest ».

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