Que le meilleur l’emporte (1964) / Franklin J. Schaffner

Lors de la convention d’un parti politique, les deux favoris (Henry Fonda et Cliff Robertson) s’affrontent en coulisses.

Schaffner met en scène des coulisses, très métaphoriques (placards, toilettes ou encore salle de bains, où un candidat, nu devant un de ses concurrents, négocie des voix) de la politique où tout est finalement question de morale.

Malgré son aspect théâtral (c’est une adaptation d’une pièce de Gore Vidal qui d’ailleurs signe le scénario), le film se suit comme un thriller où tous les coups sont permis.

Vraiment bien.

CAB

Conversation secrète (1974) / Francis Ford Coppola

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Harry Caul (Gene Hackman en expert en surveillance) enregistre la conversation visiblement quelconque d’un homme et d’une femme. Mais leur échange est il si anodin que ça ?

Sous le couvert d’un thriller paranoïaque, Coppola dresse le génial portrait d’un homme obsédé par son travail mais surtout enfermé dans sa solitude et sa culpabilité. Un homme qui réussit son chef d’œuvre qui entrainera inéluctablement sa chute.

La mise en scène de Coppola est extraordinaire enfermant son personnage dans le cadre, l’excluant ou le séparant des autres protagonistes et jouant constamment avec la figure du cercle (cf la géniale séquence de confession durant laquelle se répète le même mouvement de caméra).

Walter Murch effectue un travail sur le son bluffant et sublime la magnifique ritournelle au piano de David Shire.

Les acteurs sont tous parfaits et les dernières séquences dans l’appartement sont un grand moment de cinéma.

Une palme d’or méritée.

CAB

Les moissons du ciel (1978) / Terrence Malick

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Richard Gere, sa sœur (géniale Linda Manz) et sa compagne (Brooke Adams) errent de ville en ville dans une Amérique en crise jusqu’au jour où ils sont embauchés pour la récolte du fermier (Sam Shepard immense) c’est le début d’un dramatique trio amoureux.

Pour son second film, Malick signe un premier bijou et gomme les défauts de « Badlands ».

Sa mise en scène aérienne englobe ses magnifiques paysages sublimement photographiés par le duo Almendros Wexler (à l’heure magique comme le dit la légende).

Totalement ancré dans le cinéma américain des années 70 tant par sa forme que son fond, le film est d’une infinie poésie et contient des séquences inoubliables (l’incendie ou l’attaque des sauterelles).

Malick est définitivement un magicien et un poète.

CAB

Colors (1988) / Dennis Hopper

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Petit film quasi documentaire et trop didactique sur les gangs de Los Angeles et accessoirement buddy cop movie entre Sean Penn (sobre pour une fois) et Robert Duvall (parfait comme toujours).

Dès le début du film, la couleur (sic) est annoncée et le dernier plan n’en sera que plus fort.

Bon, le film est très daté et peu mis en scène. Il a plus valeur de reflet d’une époque que d’œuvre cinématographique en tant que telle.

Dennis Hopper n’a jamais été un grand metteur en scène et ça se confirme une fois de plus.

CAB

Le retour (1978) / Hal Ashby

Après une première séquence d’une lourdeur infinie, Ashby reprend les rênes de son film pour nous offrir un très beau film et une belle histoire d’amour autour de la guerre du Vietnam vue d’Amérique.

Porté par un formidable trio d’acteurs (Jane Fonda, Bruce Dern et surtout Jon Voight) ce film évite (heureusement) la plupart des clichés du film anti-guerre.

Oliver Stone l’a probablement visionné souvent avant de réaliser « Né un 4 Juillet« .

Une belle réussite.

CAB