Le choc (1982) / Robin Davis

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Un tueur à gages (Alain Delon) veut se retirer après un dernier contrat. Mais l’organisation pour laquelle il travaille n’est pas du même avis.

Delon peut s’en donner à cœur joie dans ce nanar de luxe, adapté de Manchette, aux dialogues souvent rigolos (mais est-ce volontaire ?)

Catherine Deneuve tente d’y interpréter une paysanne mariée à un Philippe Léotard alcoolique (comme dans la vraie vie, ce qui procure un certain malaise).

Davis filme avec les pieds et ose même la scène d’amour sur peaux de bêtes devant la cheminée.

On sauvera le thème musical de Philippe Sarde.

Naze.

CAB

L’homme aux yeux d’argent (1985) / Pierre Granier-Deferre

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Un homme (Alain Souchon) sort de prison et retourne dans le village où il a grandi, pour récupérer le butin qu’il a caché. Mais deux policiers (Jean-Louis Trintignant et Lambert Wilson) veulent, à tout prix, le coincer.

Ce sympathique polar rural bénéficie d’une distribution haut de gamme : Alain Souchon parfait, Jean -Louis Trintignant habillé comme un pasteur dans un rôle d’ordure, Lambert Wilson, peroxydé, qui n’hésite pas à terroriser un enfant pour obtenir une information et Tanya Lopert dans le beau (et seul) personnage féminin, essayant de donner un nouveau départ à sa vie.

Pas mal.

CAB

Que les gros salaires lèvent le doigt! (1982) / Denys Granier-Deferre

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Andre Joeuf (Jean Poiret, merveilleux), chef d’entreprise, invite ses employés à un weekend à la campagne dans sa maison. Lum (Daniel Auteuil) découvre qu’à la fin du séjour Joeuf doit licencier plusieurs de ses salariés.

D’un point de départ plutôt intéressant, Granier-Defferre ne fait malheureusement pas grand chose et le film se caractérise surtout par son dilettantisme et son scénario ultra bancal alors qu’il aurait pu être un terrible jeu de massacre.

On se contente simplement d’une belle galerie d’acteurs dont un Piccoli qui nous sert un numéro de haut vol totalement en roue libre et d’une dernière séquence qui montre ce que le film aurait du être.

Il y a quand même une réplique totalement culte : « Les femmes c’est comme les timbres, il a les neufs et les oblitérés ».

Dommage.

CAB

Music Box (1989) / Costa Gavras

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Le père d’une avocate (Jessica Lange remarquable) est accusé de crimes contre l’humanité. Sa fille décide de le défendre envers et contre tout.

Le tandem Eszterhas/ Costa Gavras avait tout de la mauvaise idée et pourtant c’est probablement le meilleur scénario de l’auteur de « Basic Instinct » .

S’inscrivant totalement dans la lignée des films politiques de Gavras, « Music Box » est un très bon cru à la mise en scène aussi épurée qu’efficace.

En bonus Philippe Sarde signe une très belle partition aux accents hongrois.

Excellent.

CAB

L’ami retrouvé (1989) / Jerry Schatzberg

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Henry Strauss (Jason Robards), vieil avocat juif New Yorkais, se rend à Stuttgart pour récupérer une partie des biens de sa famille. Ce voyage ravive les souvenirs de son adolescence en 1932 et de son amitié avec Konrad von Lohenburg.

Schatzberg et Harold Pinetr adaptent le célèbre roman de Fred Uhlman.

Avec intelligence et subtilité, Schatzberg nous plonge littéralement (et par le biais d’un long tunnel) dans les souvenirs d’un vieil homme qui a vécu la montée du nazisme et qui se trouve au seuil de sa vie.

Les inserts de bribes de flashbacks lors des séquences contemporaines sont les pièces d’un puzzle qui va se reconstruire au fur et à mesure du voyage de son héros en Allemagne.

C’est aussi un très beau film sur l’amitié entre un juif et un aristocrate allemand qui assistent à l’inexorable arrivée au pouvoir de Hitler et ce par petites touches de plus en plus présentes.

A noter le petit rôle tenu par le grand Alexandre Trauner.

Un très beau film bien trop méconnu.

CAB

Il faut tuer Birgitt Haas (1981) / Laurent Heynemann

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Athanase (Noiret, parfait) est le chef du « Hanger » une cellule d’espions chargée de missions jugées sensibles. Il doit éliminer la terroriste allemande Birgit Haas et faire passer cet assassinat pour un crime passionnel. Dans ce jeu de dupes, Bauman (Rochefort, très bien) servira de pion (à son insu).

Cette tentative de film d’espionnage à la française est plutôt une réussite dans sa description d’un homme pris dans une manipulation qui le dépasse. C’est aussi un film politique sur comment tenter d’échapper à son passé quand on fut membre des fractions armées rouges.

Dommage que le scénario ne tienne pas les promesses du début du film et qu’Heynemann s’autorise quelques facilités. Il y a néanmoins une véritable vision du réalisateur et le film bascule assez efficacement vers le drame humain.

La Bo de Philippe Sarde est vraiment très belle (à la baguette du London Symphony Orchestra en prime).

Pas mal.

CAB

Le juge Fayard dit Le Shériff (1977) / Yves Boisset

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Le juge Fayard (Dewaere très Dewaerien) enquête sur un hold up et se rend compte que les truands incriminés bénéficient de protection au plus haut niveau.

Boisset continue de s’attaquer aux puissants, ici les notables Stéphanois corrompus et membres du SAC associés à une bande de truands et de barbouzes.

Le film est assez manichéen mais diablement efficace.

La fine fleur des acteurs français (dont une génial Marcel Bozuffi en barbouze) participe au film sur lequel trône un Dewaere assez impérial et bien moins insupportable que dans « Série Noire« .

Boisset fera mieux mais dans le genre c’est plutôt pas mal.

CAB

Le locataire (1976) / Roman Polanski

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Trelkovsky (Polanski himself) emménage dans un appartement dont la précédente locataire s’est jetée par la fenêtre. Progressivement il trouve que le comportement de ses voisins est très étrange.

Polanski clôt sa trilogie de la paranoïa (« Répulsion« , « Rosemary’s baby« ) avec ce film réalisé en France.

Autant le dire tout de suite ce n’est pas une franche réussite malgré Sven Nykvist à la photo et un génial mouvement de Louma au début du film.

Constamment lourdingue, le film échoue dans presque tout ce qu’il tente, le travestissement final de Polanski en étant le grotesque aboutissement.

Sinon on croise dans le film une très belle Isabelle Adjani, une partie de la troupe du Splendid, quelques figures légendaires d’Hollywood (Shelley Winters, Melvyn Douglas), un Bernard-Pierre Donnadieu très jeune, et un assistant monteur nommé Jacques Audiard.

Un gros ratage.

CAB

7 morts sur ordonnance (1975) / Jacques Rouffio

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Les Brézé règnent sur Clermont-Ferrand mais le Docteur Pierre Losseray (Piccoli) leur fait un peu trop d’ombre tout comme le docteur Berg (Depardieu) 15 ans plus tôt…

Une fois de plus avec Rouffio, il y a un postulat de départ intéressant et une construction habile avec ses flashback sur le destin tragique de Berg.

Malheureusement il manque ce je ne sais quoi de mise en scène pour en faire un film vraiment réussi.

Vanel en patriarche machiavélique est génial et on remarque la présence de Coline Serreau actrice et d’une jeune débutante Valérie Mairesse.

Bof.

CAB

Une étrange affaire (1981) / Pierre Granier-Deferre

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Louis (Gérard Lanvin), cadre ambitieux,  travaille aux « Magasins ». Un jour Malair (Piccoli impérial) est nommé PDG et décide de le prendre sous son aile. Mais à quel prix ?

Cette adaptation (par Christopher Frank)  d’un roman de Jean-Marc Roberts est une belle réussite dans le genre du drame psychologique.

Granier-Deferre filme sans effets ses excellents comédiens (Jean-François Balmer et Jean-Pierre Kalfon en « aides de camp » de Piccoli sont formidables et Nathalie Baye parfaite en femme abandonnée) et les intrusions de plus en plus pernicieuses dans la vie de son « héros ».

Les figures paternelles planent constamment sur ce film qui parle aussi de soumission, d’ambition, d’entreprise, d’amour et où le rire est souvent (très) jaune.

Un bel exemple de cinéma français réussi et populaire.

CAB

Le sucre (1978) / Jacques Rouffio

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Courtois (Jean Carmet) retraité des impôts place toute la fortune de sa femme sur le cours du sucre en bourse sur les conseils de d’Hornécourt de la Vibraye (Depardieu). Mais tout ceci est une vaste arnaque…

Rouffio dénonce un monde de la finance corrompu où personne n’assume ses responsabilités en cas de krach et où ce sont les petits porteurs qui trinquent.

Bon c’est un film très lourd dans lequel le jeu constamment hystérique des acteurs est insupportable (la plupart du temps les répliques sont hurlées).

Il y avait un sujet intéressant en le traitant de manière plus pondérée.

La mise en scène peu inspirée de Rouffio achève de rendre ce film raté.

Dommage.

CAB

La femme flic (1980) / Yves Boisset

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L’inspecteur Corinne Levasseur (Miou-miou très bien) est mutée dans le Nord suite aux pressions d’un notable impliqué dans une de ses affaires. Cantonnée à des taches subalternes, elle finit par enquêter sur un réseau de pédophiles.

Boisset signe un nouveau film coup de poing sur une femme policière rejetée par sa hiérarchie, ses collègues et même les soit disant gentils animateurs gauchistes de la MJC locale.

Miou-miou se retrouve seule contre tous, son seul allié sera un prêtre ouvrier (Philippe Caubère !) dans une croisade vaine contre la corruption, les élites et les politiques.

Le scénario est très efficace et donne une image terrible du statut des enfants (maltraités dès le début du film puis victimes d’odieux notables pédophiles bénéficiant de hautes protections) sans jamais verser dans le pathos.

A noter les présences de Jean-Pierre Kalfon, Jean-Marc Thibault, Roland Blanche, Jean-Marc Thibault et un jeune Niels Arestrup en photographe pas très net et une jolie partition de Philippe Sarde.

Un film choc réussi.

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L.627 (1992) / Bertrand Tavernier

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La chronique d’une brigade des stups entre manque de moyens, bureaucratie absurde et planques foireuses

Tavernier grâce à une approche quasi documentaire de son sujet révolutionnait ,à l’époque, le film policier français.

Le sujet lui tenant particulièrement à cœur (son fils Niels auquel est dédié le film et qui joue le rôle d’un des policier était un ex drogué), on ressent une forte implication dans la dénonciation des conditions de travail et la forte empathie qu’il a pour ses personnages (Didier Bezace excellent et la surprise Charlotte Kady).

Malheureusement l’absence de réel scénario et la longueur du film (2h20) desservent au final un film qui aurait pu être une franche réussite.

Pas mal quand même.

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Les mois d’avril sont meurtriers (1987) / Laurent Heynemann

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Jean-Pierre Marielle (génial en flic intègre obsédé par la justice et hanté par la mort de sa fille) joue au jeu du chat et de la souris avec Gravier (Jean-Pierre Bisson un putain d’acteur) un brillant assassin.

Heynemann (ancien assistant de Tavernier) adapte le roman éponyme de Robin Cook qu’il ancre dans des banlieues délabrées qu’il filme avec une très grande élégance avec une caméra très mobile.

En 88 minutes, il signe un film passionnant, affrontement psychologique entre deux monstres magnifiquement servi par ses deux interprètes principaux.

Un excellent polar psychologique français.

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L’horloger de Saint-Paul (1974) / Bertrand Tavernier

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L’horloger de Saint Paul (Noiret) est un homme aussi ordonné que les mécanismes qu’il répare. Quand son fils est accusé de meurtre il va devoir faire sa révolution intérieure.

Tavernier adapte Simenon (et remporte le prix Louis Delluc avec son premier film) dans ce film très politique qui en dit aussi beaucoup sur les rapports père / fils.

Bon le film est tout de même un peu lent (surtout tout le début improvisé) mais ses intentions sont louables et joliment filmées par un Tavernier inspiré (la séquence dans l’avion est brillante). Le duo Rochefort Noiret est savoureux même si les dialogues de Bost et Aurenche frôlent parfois les bons mots gratuits.

Pas mal.

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Coup de torchon (1981) / Bertrand Tavernier

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1938, en AOF, Cordier (Noiret au top), policier lâche et humilié par tous va prendre sa revanche de manière éclatante.

De son casting en tout point parfait (Eddy Mitchell (ah nono !), Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Guy Marchand (poil au !), Gérard Hernandez, François Perrot) aux dialogues savoureux de Aurenche en passant par les majestueux mouvements de la steadycam de Pierre-William Glenn ou les trouvailles de Alexandre Trauner (l’éclipse), cette adaptation de Jim Thompson est une réussite.

Son « héros » se croyant investi d’une mission divine tel un nouveau Christ descendu sur terre applique de manière impitoyable leurs châtiments à ceux qui ont eu le tort de s’opposer à lui.

Jubilatoire.

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Le juge et l’assassin (1976) / Bertrand Tavernier

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En 1893, Bouvier (Galabru qui remporta un césar pour ce rôle) éconduit par sa fiancée l’abat et se loge deux balles dans la tête. Ayant survécu, il est balloté d’hôpitaux en asiles pour être finalement libéré. Commence alors son odyssée sanglante faite de meurtres et de viols. Le juge Rousseau (Noiret impeccable) cherche à le capturer grâce à des méthodes nouvelles.

Tavernier signe un film très (trop ?) dense, dénonciation du système judiciaire implacable, portrait de la fin d’une époque juste avant la commune, violente attaque anti-cléricale etc.

Les acteurs sont excellents (notamment Brialy dans le rôle d’un noble qui n’a plus vraiment sa place dans un monde qui change), les images de Pierre-William Glenn superbes et la mise en scène de Tavernier parfois très inspirée.

Bon le film est malheureusement souvent un peu démonstratif voire lourdingue et sa fin (que Tavernier estime avoir ratée) est une catastrophe digne du pire cinéma soviétique.

Pas mal mais dommage que le résultat soit aussi bancal car le sujet (et le scénario de Bost et Aurenche) était excellent.

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Le choix des armes (1981) / Alain Corneau

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Mickey (Depardieu) s’évade de prison et se cache chez Noël, un ancien truand repenti, et Nicole (Montand et Deneuve) alors que Galabru et Lanvin sont à sa poursuite.

Corneau fait le lien entre le polar classique français des années 50/60 et le réalisme social des banlieues des années 80 en faisant s’affronter anciens et nouveaux truands mais aussi vieux policiers et jeunes flics à la gâchette facile.

Depardieu en chien fou est excellent face à un Montand impérial tout comme le « couple » Galabru / Lanvin.

Le film est plastiquement magnifique grâce à la photo de Pierre-William Glenn.

Une très belle réussite.

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Fort Saganne (1984) / Alain Corneau

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Corneau réalise une grande fresque romanesque avec la fine fleur du cinéma français des années 80 (Gérard Depardieu, Philippe Noiret, Catherine Deneuve, Sophie Marceau, Florent Pagny, Robin Renucci, Michel Duchaussoy, Jean-Louis Richard, Pierre Tornade, Hippolyte Girardot).

Bon ce n’est pas du David Lean mais c’est pas mal du tout même si on peut reprocher au film de s’étirer un peu trop en longueur.

Un bel exemple de cinéma qualité France commercial mais non dénué d’ambitions.

La musique de Philippe sarde (à la tête du London Symphony Orchestra excusez du peu) est très belle.

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Le Crabe-Tambour (1977) / Pierre Schoendoerffer

Le chef d’œuvre de Schoendoerffer.

Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Perrin et Jacques Dufilho traversent avec un talent immense ce film complexe à l’écriture originale.

A cette époque, les films Français étaient ambitieux et avaient du sens.

Une grande œuvre.

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L’honneur d’un capitaine (1982) / Pierre Schoendoerffer

Film de procès sur la guerre d’Algérie à travers les 19 derniers jours d’un capitaine brillamment interprété par Jacques Perrin.

Schoendoerffer poursuit une œuvre singulière et continue d’imbriquer ses films les uns avec les autres.

Un film passionnant et dense à l’écriture très réussie.

Nicola Garcia, Georges Wilson, Claude Jade et Georges Marchal sont parfaits, Charles Denner lui est catastrophique.

Pour l’anecdote la présence de deux jeunes acteurs Christophe Malavoy et un certain Florent Pagny.

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