La servante écarlate (1990) / Volker Schlöndorff

Dans un futur proche, les Etats-Unis sont sous le joug d’une dictature religieuse où les femmes fertiles deviennent des servantes (esclaves), vêtues de rouge, en charge d’assurer la pérennité de la race humaine…

27 ans avant la série éponyme, le roman de Margaret Atwood était adapté par Harold Pinter et porté sur le grand écran par Volker Schlöndorff.

Avec, en outre, un casting XXL (Faye Dunaway, Robert Duvall, Elizabeth McGovern, Natasha Richardson) on pouvait s’attendre à un excellent brûlot politique, malheureusement ce n’est pas le cas.

Le film est terriblement bancal et navigue sans cesse entre la dénonciation et le thriller et, in fine, ne traite pas vraiment son passionnant postulat de départ.

Schlöndorff ne montre son talent qu’à de trop rares occasions (tout le début du film et la séquence d’exécution).

Dommage.

CAB

Six hommes pour sauver Harry (1986) / Alan Smithee (Stuart Rosenberg)

Son frère ayant été kidnappé, avec l’ambassadeur américain, par un trafiquant de drogue en Colombie, un homme et cinq de ses amis partent pour le secourir avec l’aide d’un mercenaire (Robert Duvall).

A l’origine, c’était un projet de Samuel Fuller que reprit Stuart Rosenberg et qui s’inscrit dans la veine des films Reaganien de sauvetage d’otages au Vietnam ou dans d’autres contrées exotiques comme « Uncommon valor » , « Rambo II » ou encore « Missing in action » .

Le résultat est catastrophique et on comprend assez vite pourquoi le film est signé Alan Smithee. Le script est indigent, la mise en scène inexistante et la distribution va du médiocre (Mark Harmon) au n’importe quoi (Duvall en roue libre qui cachetonne).

On sauvera la séquence assez drôle du casting des mercenaires.

Et on retrouvera Elpidia Carrillo dans le quasi même rôle que celui qu’elle tiendra dans « Predator » .

Un gros ratage.

CAB

Le meilleur (1984) / Barry Levinson

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Un joueur de Baseball au talent incroyable (Robert Redford) tente un come-back après avoir interrompu une carrière qui s’annonçait exceptionnelle.

Levinson convoque les mythologies et réalise son meilleur film en adaptant le roman de Bernard Malamud, habile transposition de la légende de Perceval le Gallois et de l’Odyssée d’Homère dans le monde du Baseball et donc dans l’Americana (la batte de Baseball figurant Excalibur, l’équipe qui s’appelle Knights, Glenn Close en Pénélope etc …) .

Caleb Deschanel signe une photo de toute beauté et Randy Newman une de ses plus belle partition.

La distribution (Glenn Close, Robert Duvall, Kim Basinger, Barbara Hershey, Wilford Brimley …) est au diapason d’un Redford parfait (même s’il est beaucoup trop vieux pour les scènes de sa jeunesse).

Un très beau film.

CAB.

Sanglantes confessions (1981) / Ulu Grosbard

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Dans les années 40, un policier (Robert Duvall) enquête sur le meurtre du Dahlia Noir et découvre que son frère (Robert de Niro), prêtre navigant dans les hautes sphères de l’église, semble mêlé à cette affaire.

« Et si on réunissait les deux Robert les plus célèbres du cinéma américain ? ». C’est probablement ce que se sont dit les producteurs de ce film assez impersonnel et globalement très chiant.

Grosbard ne s’attache que très peu à l’enquête policière pour se focaliser sur la relation entre les deux frères. Malheureusement les personnages sont taillés à la serpe et les comportements erratiques de Duvall ne sont qu’une des failles d’un scénario faiblard.

Bof.

CAB

Aux cœurs des ténèbres – l’apocalypse d’un metteur en scène (1991) / Fax Bahr & George Hickenlooper

Un documentaire génial sur le tournage d’ « Apocalypse Now » grâce aux images tournées par Eleanor Coppola elle-même.

Comme le résume Francis Ford Coppola lui-même : «Nous étions trop nombreux, nous avions trop d’argent, trop de matériel et petit à petit, nous sommes devenus fous ».

Bahr et Hickenlooper nous plonge dans la folie de ce tournage monumental entre un Dennis Hopper complètement stone, un typhon qui détruit les décors, un Brando passant une semaine à se faire expliquer son personnage par Coppola avant de tourner la moindre scène ou encore Martin Sheen ayant une crise cardiaque sur le plateau …

En filigrane, les réalisateurs montrent qu’au milieu de cet immense bordel, Eleanor Coppola reste stoïque et en ressort comme étant le personnage le plus fort.

Remarquable.

CAB

Apocalypse Now (1979) / Francis Ford Coppola

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Pendant la guerre du Vietnam, le capitaine Willard (Martin Sheen, habité par son rôle), se voit confier la mission d’assassiner le Colonel Kurtz (Brando, prodigieux) militaire régnant sur une tribu de guerriers indigènes.

D’une inventivité visuelle folle, le film de Coppola est une plongée aux cœurs des ténèbres, une odyssée métaphorique au plus profond de l’âme humaine.

Coppola transcende ici le film de guerre et signe un pur chef d’œuvre.

Démentiel.

CAB

Network – Main basse sur la TV (1976) / Sidney Lumet

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Une chaine de télévision, qui vient de passer sous le contrôle d’un grand groupe, met à l’antenne un journaliste (Peter Finch oscarisé dans son dernier rôle) dépressif dans un rôle de nouveau prophète tandis qu’une jeune cadre aux dents très longues (Faye Dunaway oscarisée elle aussi) entame son ascension avec des concepts d’émissions révolutionnaires.

Lumet (sur un magnifique script du mythique Paddy Chayefsky) signe un chef d’œuvre prémonitoire sur la télévision d’aujourd’hui et dénonce une société où les chiffres et sondages priment sur l’humain, où même les pseudo-révolutionnaires négocient des contrats et des clauses de droit à l’image, où tout est possible pour obtenir le meilleur audimat.

La mise en scène est aussi grandiose que l’interprétation (outre Dunaway et Finch on retrouve William Holden, Robert Duvall et Ned Beatty dans une séquence d’anthologie).

Bref c’est absolument formidable.

CAB

Conversation secrète (1974) / Francis Ford Coppola

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Harry Caul (Gene Hackman en expert en surveillance) enregistre la conversation visiblement quelconque d’un homme et d’une femme. Mais leur échange est il si anodin que ça ?

Sous le couvert d’un thriller paranoïaque, Coppola dresse le génial portrait d’un homme obsédé par son travail mais surtout enfermé dans sa solitude et sa culpabilité. Un homme qui réussit son chef d’œuvre qui entrainera inéluctablement sa chute.

La mise en scène de Coppola est extraordinaire enfermant son personnage dans le cadre, l’excluant ou le séparant des autres protagonistes et jouant constamment avec la figure du cercle (cf la géniale séquence de confession durant laquelle se répète le même mouvement de caméra).

Walter Murch effectue un travail sur le son bluffant et sublime la magnifique ritournelle au piano de David Shire.

Les acteurs sont tous parfaits et les dernières séquences dans l’appartement sont un grand moment de cinéma.

Une palme d’or méritée.

CAB

Jack Reacher (2012) / Christopher McQuarrie

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Un sniper abat cinq personnes sans aucunes raisons visibles. Jack Reacher mène l’enquête.

Produit et interprété par Tom Cruise, ce thriller nerveux et remarquablement photographié par Caleb Deschanel est plutôt réussi.

Le début du film est est tonitruant (10 minutes sans dialogues durant lesquelles l’action avance à toute vitesse) et la suite ne faiblit pas même si parfois on a l’impression d’être devant un Cruise show.

Le scénario est assez malin et bascule d’un genre à un autre sans désarçonner le spectateur.

On peut regretter encore et toujours que le film soit trop long et la longue séquence avec Rober Duvall est trop artificielle pour s’intégrer dans le reste du récit.

McQuarrie derrière la caméra signe une très belle mise en scène et Werner Herzog est un remarquable méchant.

Un bonne surprise.

CAB

Le parrain, 2ème partie (1974) / Francis Ford Coppola

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Coppola réussit l’exploit de réaliser une suite (qui n’est pas une redite) aussi parfaite que le premier épisode et à lui conférer une profondeur et une ampleur incroyable.

Retracer la jeunesse de Vito Corleone (incarné par un Robert de Niro au sommet de son art) est une idée de génie et les transitions d’une époque à l’autre sont toujours très intelligentes et magnifiquement réalisées.

Le parcours de Al Pacino vers les limbes et la solitude est déchirant.

La distribution est exceptionnelle (mention à Lee Strasberg impérial).

Un film exceptionnel d’un très très grand Coppola.

CAB

Colors (1988) / Dennis Hopper

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Petit film quasi documentaire et trop didactique sur les gangs de Los Angeles et accessoirement buddy cop movie entre Sean Penn (sobre pour une fois) et Robert Duvall (parfait comme toujours).

Dès le début du film, la couleur (sic) est annoncée et le dernier plan n’en sera que plus fort.

Bon, le film est très daté et peu mis en scène. Il a plus valeur de reflet d’une époque que d’œuvre cinématographique en tant que telle.

Dennis Hopper n’a jamais été un grand metteur en scène et ça se confirme une fois de plus.

CAB

Le parrain (1972) / Francis Ford Coppola

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Un des plus grands films de tous les temps.

CAB

Open Range (2003) / Kevin Costner

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Deuxième western de Costner relatant les aventures de deux cowboys (Costner et Duvall (immense une fois de plus)) confrontés à un très méchant propriétaire terrien.

Visuellement le film est somptueux (et se permet deux jolis travelling compensés) et son gunfight final est absolument dément.

L’histoire d’amour avec Annette Bening est malheureusement un peu trop gnangnan voire superfétatoire.

Une réussite qui prouve que Costner est aussi un très bon metteur en scène.

CAB

Le bateau phare (1985) / Jerzy Skolimowski

Le bateau phare et son équipage (dont un capitaine déchu et son fils) sont pris en otages par une bande de truands.

Sous des dehors de thriller, « le bateau phare » est un film complexe qui traite notamment des rapports père, fils.

Duvall et Brandauer y sont parfaits.

CAB

Du silence et des ombres (1962) / Robert Mulligan

Un très beau film de Mulligan (produit par Pakula) sensible et émouvant.

Chronique d’une petite ville américaine avec son racisme et ses règles sociales du point de vue des enfants .

Gregory Peck est parfait.

CAB

La Poursuite impitoyable (1966) / Arthur Penn

Une plongée glaçante au cœur de l’Amérique profonde.
Robert Redford court inexorablement à sa perte afin d’assouvir les frustrations et pulsions d’une petite ville.

Brando impressionne (une fois de plus notamment dans la célèbre séquence de « tabassage » éprouvante au plus haut point) et Penn réalise une pure merveille.

CAB

Echec à l’organisation (1973) / John Flynn

Revenge movie sympathique (d’après un roman de Donald E. Westlake) dans lequel Robert Duvall s’attaque à l’organisation de Robert Ryan.

Très 70’s et pas si loin de Peckinpah (Fielding à la musique).

CAB